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Auteur
Christophe Siebert

Editeur
Trash editions

Date de sortie
2014

Nombre de pages
150

Langue
Français

Couleur
Non



Votre note: -
Moyenne: 3.7
(6 votes)


Les confessions d’un tueur en série, qui se remémore son enfance, son adolescence, sa relation avec sa mère, ses passages à l’acte, sa vie, tout simplement…

L'AVIS :

Faut-il interner Christophe Siebert ? Est-il un danger pour la société ? Un serial-killer se cache-t-il derrière cet auteur underground ? On se doute bien que non même si la lecture de « Nuit Noire » ne manquera pas de nous faire se questionner sur sa santé mentale ! Paru en 2011, ce roman plus que trash ne se privera pas de vous retourner l’estomac et sa réédition chez Trash Editions lui apporte une seconde vie méritée, tant il a sa place dans cette littérature déviante et choquante.

Plaisant à lire, « Nuit Noire » ne l’est absolument pas. N’entendez pas par là que le roman de Christophe Siebert est mauvais ou mal écrit. Au contraire, la simplicité de l’écriture en fait une œuvre des plus accessibles à ce niveau. Sans aucun tabou, sans aucune limite, Christophe écrit de la façon la plus simple possible les confessions de son « héros ». Un style efficace car particulièrement rentre-dedans, se contentant juste de retranscrire, au plus proche de la réalité, la vie et les actes abominables du personnage principal. Non, « Nuit Noire » est déplaisant car ce voyage aux confins de la folie humaine, au plus profond de l’esprit malade et dérangé d’un tueur en série, fait froid dans le dos, dégoûte, écœure même. J’avais l’impression de lire les confessions d’Albert Fish, célèbre serial-killer des années 20, connu pour avoir testé toutes les perversions possibles, qu’elles soient sexuelles ou meurtrières. Le pire dans « Nuit Noire », c’est qu’on sait qu’un tel personnage peut exister, que n’importe lequel de nos voisins peut être le cinglé de ce roman et ça laisse un goût amer dans la bouche, parce que ce roman va loin, très loin dans la description de la psyché de son héros, qui n’est pas des plus ragoutantes.

Dire que « Nuit Noire » est un roman qui pue, qui sent du goulot, qui sent la merde, la pisse, le sperme, le sang séché et les aisselles est peut-être le plus beau compliment qu’on puisse faire à son auteur. D’ailleurs, vous verrez que les odeurs font partie intégrante de la vie du héros. Un héros qui, comme tout bon serial-killer qui se respecte (Norman Bates en force !), a eu une enfance pas facile, déclenchant très tôt une passion pour la morbidité, s’excluant de toute vie sociale et vivant sous le joug de sa « maman » avec qui il avait des relations pour le moins ambiguës, et qui sont, dans « Nuit Noire », carrément explicites. L’auteur ne nous épargne aucun détail et son livre est un catalogue d’abominations, de dépravations sexuelles, mélangeant allègrement masturbation, viol, cannibalisme, démembrement, nécrophilie, scatophilie, massacres d’animaux ou d’êtres humains, sodomie, fellation morbide, cassage de dents, d’os, tortures, barbarie, misogynie et j’en passe dans un cocktail éprouvant car raconté de façon simple, direct, comme si vous aviez ce personnage en face de vous et qu’il vous tapez la discussion. On a l’impression d’être un psychiatre ou Stéphane Bourgouin qui recueillerait les confessions d’un serial-killer dans sa cellule. Glauque.

La grande force de ce roman est que, malgré la nausée qui monte progressivement, malgré l’envie de refermer le livre pour passer à autre chose tant on se sent sale nous-mêmes, le « héros » nous vampirise et on veut le « connaître » encore plus, savoir quelles vont être ses prochaines exactions, en apprendre davantage sur son passé et sur son cheminement intérieur qui l’ont amené à devenir ce qu’il est. On se retrouve réellement en position de lecteur-voyeur, tel le passager d’une voiture qui ralentit pour mieux voir l’accident sur le bas coté de la route.

« Nuit Noire » est à déconseiller à tous les jeunes lecteurs et à réserver à un public on ne peut plus averti. C’est une lecture abjecte, peut être l’un des sommets de ce qu’on appelle la littérature « trash ». Si « Murderprod » avait déjà mis la barre très haute au niveau du malaise, « Nuit Noire » en explose les limites. On en sort lessivé, fatigué, essoré. Un grand cru de la littérature trash, dont on peut se demander s'il faut être sain d'esprit pour aller jusqu'au bout de la cent-cinquantième pages...

SITE DE L'EDITEUR : http://trasheditions.wix.com/trasheditions


5/6 - Stéphane Erbisti
LUMIèRE SUR