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Suite au décès tragique d’une des cheerleaders vedette, le lycée est sous le choc. Quelques temps après, Maddy, la jeune geekette du bahut, décide, au grand étonnement de tous, de rejoindre l’équipe des pom pom girls. Après une intégration réussie, les choses commencent à tourner mal suite à un conflit entre les cheerleaders et les joueurs de football...



Après "May" et "The Woman", Lucky McKee est de retour et semble avoir pris un virage vers le teen movie horrifique et léger après deux films matures et corsés. A l’aide de son acolyte de toujours, Chris Sivertson, ils ont décidé de relancer un de leur projet d’adolescents au travers de cette histoire de cheerleaders revenues de l’au-delà pour se venger des mâles goujats. Même si le ton est plus léger, McKee reste fidèle à sa passion pour les femmes fortes. Ici, les filles sont moins marginales ou sauvages que dans les précédents efforts du réalisateur mais elles sont toutes aussi déterminées et hargneuses. Sous couvert de féminisme non dissimulée, le duo de réalisateur nous livre une bande efficace et fun bien que souvent trop sage. Autant dans la réalisation que dans le scénario, le film ne transcende jamais le spectateur, cela ne veut pas dire que le tout manque d’originalité, loin de là. Plutôt qu’un slasher adolescent basique, ce que l’on nous propose aussi est un mélange de série pour ados, de comédie, de sorcellerie, de créatures de l’au-delà, de cannibalisme et de meurtres. Les retournements et les surprises fusent donc tout du long porté par un casting imparfait mais efficace tant du côté féminin que masculin. S’il est noté « côté », c’est parcequ’à l’instar d’un match de foot, le film va diviser le spectateur en deux équipes. D’un côté, les cheerleaders et de l’autre les footballeurs. Même si McKee et Sivertson imposent leur parti pris et leur camp sans nous laisser de choix, ils n’oublient pas de peaufiner les rôles masculins pour autant. A ce titre, Tom Williamson est très bon en capitaine macho.



Même si la scène d’introduction, sous forme de reportage, peut paraître agaçante pour certains (qui a dit les anciens ?) avec tout ce langage « djeunz » et cette pimbêche débile irritante, sujet de la vidéo, le film capte l’attention plus intensément dès la fin brutale de ce préambule. A partir de là, le métrage va faire monter la tension entre les deux camps jusqu’à l’accident qui va tout changer. Il est d’ailleurs plutôt jubilatoire de voir revenir les filles sous le regard hagard des mecs du bahut après la nuit tragique de la vieille. Si vous ne comprenez pas tout, c’est normal, pas envie de trop vous spoiler mais sachez juste le film apporte son lot de tension et de scènes réjouissantes. Toutefois, comme dit plus haut, dans le genre, le film ne va pas aussi loin qu’il aurait pu le faire et, dans le genre, le « Détention » de Joseph Kahn est beaucoup plus jusqu’auboutiste et kiffant (ouais, moi aussi, je peux parler jeune) que le film de McKee et Sivertson.



« All Cheeleaders die » a, par contre, le mérite de ne pas être juste un gros délire débile mais permet au spectateur de percevoir le film sous deux aspects selon sa sensibilité (ou son degré d’alcool). Le film peut être apprécié comme un pop corn movie basique, fun et divertissant mais aussi comme un pavé dans la marre contre la loi du paraître, contre la superficialité et contre un certain « american way of life version teen » (ouhlà, ça fait un peu trop d’anglais pour rien là). En plus, quand le tout est fait avec du sang et des filles en petite tenue, forcément on savoure.



A l’aise du côté sombre de l’horreur (avec « May », « The Woman » et « The Lost »), le duo McKee/Sivertson prouve qu’il peut aussi être efficace dans un registre plus fun. Toutefois, leurs effets et la réalisation n’est pas aussi efficace pour ce genre de moment plus légers qu’elle ne l’est pour faire monter l’angoisse et installer une ambiance dérangeante. En jonglant avec les deux, « All Cheerleaders Die » se retrouvent souvent bancal et imparfait mais surtout fun et attachant. Quoiqu’il arrive, la passion de ces deux là pour le genre transpire tellement à l’écran qu’elle en devient forcément contagieuse.


Disponible en DVD et BR chez Wild Side Vidéo






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La greffe entre plusieurs genres prend difficilement, du moins selon moi. Lorsque l'on commence à regarder sa montre au bout de 40 minutes, ce n'est pas bon signe.