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Auteur
Kriss Villa

Editeur
Trash editions

Date de sortie
2014

Nombre de pages
150

Langue
Français

Couleur
Non



Votre note: -
Moyenne: 5.5
(4 votes)


David Breuil fait dans le reportage sensationnel et sans limite. Les images chocs ne lui font pas peur. En 2007, il est engagé par Yseult Donadieu, qui dirige la société Digitale et qui est spécialisée dans ce style de documents vidéos malsain. Après avoir décidé de quitter cette société pour monter en grade dans le monde des médias, sa vie va basculer dans un cauchemar innommable. Sans nouvelle de son frère Noé, ses recherches pour le retrouver vont le mener dans l’univers ténébreux du snuff movie…

L'AVIS :

Christian Villa est un auteur déjà connu des amateurs de littérature choc puisqu’il avait publié dans la défunte collection « Gore » de Fleuve Noir trois romans : « Clip de sang », « L’océan cannibale » et « La mort noire ». En 2014, il fait un comeback fracassant chez Trash éditions avec « MurderProd », qui est, pour ma part, le roman le plus dérangeant des sept premiers livres sortis dans la collection « Trash ». Je ne sais pas si Christian Villa (qui a signé ce nouveau roman sous le pseudonyme de Kriss Villa) a vu le « 8MM » de Joel Schumacher ou le film culte « A Serbian Film » de Srdjan Spasojevic mais en tout cas, son « MurderProd » en est le digne successeur sur le plan littéraire !

Ignoble, glauque, nauséeux, sordide, répugnant, vomitif sont autant de termes qui peuvent s’appliquer sans aucun soucis à « MurderProd ». Cette descente aux Enfers dans l’univers des snuff movies (films généralement à caractère pornographique et dans lesquels les « acteurs » se font réellement tuer lors de l’ultime séquence) est des plus éprouvantes et même si personne n’a jamais pu prouver l’existence de ces œuvres, le pouvoir de fascination qu’exerce un tel sujet est immense. Deux options s’offrent alors à l’auteur : le traiter de manière « soft » et passionnante, à l’image du « Tesis » d’Alejandro Amenabar ou le traiter de façon brutale, sans concession, à l’image des deux films cités plus haut. « MurderProd » réussi à jouer sur les deux tableaux, se montrant passionnant tout en jouant avec une violence frontale qui va en laisser plus d’un pantois et sans voix. Pour ceux qui ont connu les années 80 et les vidéos-clubs, peut-être vous rappelez-vous du slogan qui ornait la VHS du film « Snuff » de Michael et Roberta Findlay : « le film que vous n’oserez jamais voir jusqu’au bout ». Nul doute que les lecteurs non habitués à la littérature trash et déviante n’oseront jamais aller au bout de la lecture de « MurderProd » !

S’il ya bien une couleur qui caractérise ce roman, c’est assurément le noir. Tout est sombre ici, tout est plongé dans les ténèbres. Les divers personnages qui prennent part au récit sont tous placés du côté obscur de la force, il n’y a aucun personnage positif dans ce livre, qui fait preuve d’un nihilisme assez stupéfiant et dénonce, tout comme Ruggero Deodato dans « Cannibal Holocaust », le manque de déontologie de la presse et des reporters, prêt à tout pour obtenir leur scoop, quitte à plonger corps et âme dans la fange la plus putride et nauséabonde. C’est d’ailleurs ce qui va arriver à David Breuil, l’un des protagonistes principaux de l’histoire et qui va vivement le regretter ensuite. Parmi les autres anti-héros mis en avant, le plus intéressant s’avère être le travesti Sushi, à qui il va arriver bien des mésaventures également.

Sans aucune retenue ni censure, l’auteur se laisse aller aux pires exactions, aux pires perversions dans « MurderProd ». L’aspect pornographique, très présent, ne fait pas dans la dentelle et on en a pour son argent : lesbien, hétéro, gay, SM ou en groupe, le sexe est décrit sans aucun tabou et s’attarde sur des détails anatomiques d’une réelle perversité.

Inutile de préciser que la violence est à l’avenant : viol, torture, sodomie sanglante, pénétration dans une blessure faite au scalpel (!!) et même zoophilie avec deux dogues allemands sont au programme des festivités ! L’amour tente vainement de se frayer une petite place dans cette accumulation de dépravation trash, avec la relation qui se noue entre Sushi et le frère de David Breuil. Mais dans un tel roman apocalyptique, on se doute qu’il est voué à l’échec.

Si l’aspect sexuel est un peu trop présent dans l’histoire, en devenant presque lassant parfois, il n’en reste que « MurderProd » atteint des sommets dans l’ignominie, la crasse et l’immoral. Absolument aucune trace d’humour ne vient pointer ne serait-ce qu’un poil de nez et on referme l’ouvrage avec une seule envie : aller prendre une bonne douche et se mater un épisode de « Oui-Oui » ou de « Dora l’exploratrice » pour se laver le cerveau et l’esprit ! Une simple petite pause avant de replonger dans un autre roman de la collection Trash bien sûr ! En tout cas, « MurderProd » est vraiment à réserver à un public adulte et averti ! Vous voilà au courant…


5/6 - Stéphane Erbisti
LUMIèRE SUR