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Auteur
James Herbert

Editeur
Pocket

Date de sortie
1974

Nombre de pages
187

Langue
Anglais

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Moyenne: 5
(3 votes)


Ils avaient appris à vivre dans l’ombre, furtivement, à sortir surtout la nuit et à craindre les hommes. Et soudain, ils commencèrent à réaliser leur force et à prendre goût à la chair humaine.
A leurs dents tranchantes comme des rasoirs, à leur nombre venait s’ajouter une arme supplémentaire : l’horreur et le dégoût qu’inspirait leur multitude grouillante.
Bientôt, on découvrit les restes ensanglantés des premières victimes.

AVIS :

Premier livre de James Herbert ("Fog"), "Les Rats" est un roman d'horreur catastrophe mettant en scène, comme son nom le laisse supposer, une invasion de rats mutants au cœur de Londres. Un thème d'invasion animale assez classique, que l'auteur britannique va développer de façon efficace, à défaut d'inventer la poudre.

Ce premier roman de la trilogie (suivront "Le Repère des rats" et "Le Domaine des rats", puis un roman graphique, "The City") va en effet suivre scrupuleusement les éléments classiques du genre, avec des premières attaques marginales, qui n'alarment personne (sauf peut-être le héros, que rien ne destinait à tenir ce rôle), avant des carnages de plus grande ampleur et des tentatives plus ou moins efficaces de lutter contre la menace, et enfin une dernière confrontation au cœur même de l'horreur. De même, l'origine de ces rats, plus gros, plus intelligents et plus féroces ne réservera aucune surprise.

Cela n'empêchera pourtant pas le roman d'Herbert de fonctionner parfaitement, grâce à un rythme très soutenu et des séquences d'attaques particulièrement réussies. Aussi à l'aise pour les descriptions très détaillées des mises à mort des personnages que dans la montée du suspense (l'attaque de l'école est superbe), il nous tient en haleine et nous fait frissonner de peur et de dégoût face à une menace finalement assez crédible.

Il ajoute enfin à cet aspect horrifique une certaine dimension sociale : l'invasion des rats n'est finalement pas tant le résultat de l'imprudence d'un scientifique que de l'apathie des politiques, laissant les rats proliférer dans des zones à l'abandon, jamais nettoyées ni reconstruites, et se rejetant constamment la faute en promettant de faire mieux que leurs adversaires. Là encore, cette critique – certes assez basique – fait mouche, et on n'a aucun mal à y croire.

Les Rats montre donc tout le talent de James Herbert dans le domaine horrifique, grâce à un étonnant sens du suspense et de l'horreur viscérale. Une vraie réussite malgré une histoire très classique, proche de ces films d'invasion animales ou extraterrestres des années 50, pour un auteur qui sera pourtant longtemps déprécié, avant d'être réhabilité en partie grâce aux éloges de Stephen King dans son Anatomie de l'horreur.

5/6 - Steeve Raoult
LUMIèRE SUR