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Bill Boss, un directeur de prison aux États-Unis a beaucoup de problèmes. Son pénitencier a statistiquement la plus grande quantité d'émeutes du pays, connaît les frais médicaux les plus importants du territoire et voit son personnel changer trop souvent au goût de ses supérieurs. Mais avant tout, il est incapable d'obtenir le respect qu'il pense mériter de la part de tous ses détenus et du gouverneur de l'Etat, Monsieur Hughes. Pourtant, il n’hésite pas à se comporter en véritable despote envers certains de ses prisonniers, son médecin, le docteur Jones à qui il permet d’exercer son art, mais surtout envers sa secrétaire Daisy lui étant redevable et son fidèle bras droit, Dwight Butler, véritable souffre-douleur. C’est pourtant ce dernier qui arrive avec une idée qu’il juge brillante et inspirée de deux films de Tom Six : celle d’engendrer un millepatte géant avec ses 500 détenus afin de réduire les coûts de nourriture et de logement mais aussi afin de créer le châtiment ultime devant dissuader quiconque de se lancer dans une carrière criminelle. N’ayant rien à perdre et étant abruti par la chaleur, Boss va se laisser tenter par l’innommable…



Tom Six gagna en notoriété un beau jour de 2010 avec "The Human Centipede" narrant l’histoire du docteur Heiter, un fou furieux nazillon qui reliait ensemble les anus et les bouches de trois touristes sans méfiance pour ne former qu’un seul tube digestif. "The Human Centipede 2 (Full Sequence)" suivit en 2011 et racontait, quant à lui, l’histoire d’un gardien de parking souterrain physiquement repoussant mais fan du premier film de Six et s’en inspirant pour concevoir une chaîne de douze victimes afin de satisfaire ses désirs impurs. 2015 devait donc être l’année de "The Human Centipede III (Final Sequence)", devant (dixit Tom Six) « faire passer le second volet pour un Disney !» avec ses 500 condamnés cousus ensemble ! Sacré programme !



Autant vous le dire tout de go : si le premier opus était un chef-d’œuvre et sa suite un excellent film gore et malsain, le dernier segment est décevant ! Pourtant, le trailer laissait présager quelque chose de bien sanglant et d’explosif comme on aime. Seulement voilà, on est très loin des promesses entrevues çà et là. Il y a bien quelques moments bien répugnants certes (comme le viol par les reins, le millepatte sans patte…), mais voilà, "The Human Centipede III (Final Sequence) " est très (trop) différent des deux premiers qui avaient un côté un peu amateur en adéquation avec un concept tellement original et trash alors que là, c’est plus sobre et finalement très différent de ce à quoi nous avait habitués Tom Six. Ici, l’idée qui était originale au début sert juste de prétexte pour mettre en avant l’acteur principal, Dieter Laser, campant un directeur de prison devant trouver des solutions pour diminuer les coûts engendrés par ses détenus et qui va donc se laisser tenter par une solution radicale, celle de la chenille géante. Seulement voilà, l’acteur allemand pourtant génial en docteur nazi inquiétant dans le premier chapitre, est ici pénible à regarder tant il est fatigant et surjoue à chaque instant du film. Il en fait vraiment des tonnes et c’est insupportable au bout de trois-quarts d’heure alors qu’on attend toujours le millepatte ! Tout ce que l'on voit c'est ce psychopathe qui ne sait pas s’exprimer autrement que sans crier, qui torture ses prisonniers sans que personne ne dise rien, qui picole comme un dératé en mangeant des clitoris séchés en provenance d’Afrique ( !), qui bosse dans une atmosphère vraiment étrange avec : un médecin à sa botte, une secrétaire (jouée par Bree Olson, actrice porno à la ville) à sa merci et surtout un faire-valoir (interprété par Laurence Robert Harvey, le dégénéré du deuxième chapitre) qui essaie d’exister tant bien que mal. D’aucuns pourtant moins endurcis auraient alors détalé depuis longtemps !



Ainsi, ce n'est même plus si gore que cela car le millepatte n’a pas vraiment d'importance dans ce troisième volet, puisqu’on le voit finalement assez tardivement. On a l’impression que le réalisateur a voulu clôturer sa franchise par une dernière grosse blague de potache. Mais ce n’est pas drôle, juste difficile à visionner tant l’acteur principal cabotine à outrance, que ça manque de rythme, que ce soit trop caricatural et qu’Eric Roberts soit sous-exploité. Le pire toutefois, c’est que l’on sent que le succès du premier opus est monté à la tête de Tom Six, le réalisateur hollandais, passant son temps à se lancer des fleurs tout en faisant parler de ses métrages précédents par ses acteurs et jusqu'à apparaître lui même dans son propre rôle comme conseiller de son film ! Malheureusement, cette mise en abyme pas modeste pour deux sous ne trompe personne sur la marchandise : c’est superficiel au possible et repose sur un interprète principal semblant en totale roue libre.



En tant que fan de la série de "The Human Centipede", (le premier étant audacieux avec son idée totalement perverse et originale, le second s’apparentant à du torture porn ultra gore), on ne pourra qu’être étonné de voir que le sujet malsain et trash s’est transformé en une auto-parodie, toujours avec du gore certes, mais semblant noyée sous de l'humour au quinzième degré malvenu, dommage ! Quant à l’interprétation de Dieter Laser, c’est de la surenchère permanente, car à part beugler et se tordre dans tous les sens, il n’y a pas grand-chose de notable à retenir de ses pantomimes ! C’est d’autant plus regrettable que dans le premier il était juste formidable et plein de retenue dans son jeu. Ainsi, lorsque le générique de fin arrive, on se demande pourquoi on a visionné ce film dont les critiques négatives au niveau international sont totalement justifiées tellement on se sent floué par le projet !









Totalement raté

Portrait de Lionel Jacquet

1.02

Une auto-parodie qui tombe totalement à plat. Mais pourquoi saborder une série aussi jouissive dans ses deux premiers segments ? Six vous avez la réponse ?

LUMIèRE SUR