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Dans un vieux cinéma délabré rempli de poupées en porcelaine vétustes, une superbe et ingénue pin up, Penny Dreadful, s’installe avec ses amis Ned le zombie et son ami à quatre pattes Wolfboy afin de visionner des films d’horreur. La jeune femme a programmé trois rendez-vous « aveugles » afin de trouver l'amour de sa vie qui doit, après lui avoir donné « le » vrai baiser d’amour, supporter les métrages projetés sur l’écran. Trouvera-t-elle le candidat idéal ?



A la base, "Penny Dreadful" est une catégorie littéraire qui racontait des histoires macabres, un genre popularisé au 19ème siècle chez nos amis anglo-saxons. Ce nom est relativement connu car il y a déjà eu pas mal de courts métrages éponymes, un film de 2006 et récemment une série gothique avec Eva Green. Pour en revenir au métrage qui nous concerne, The Penny Dreadful picture show est un long-métrage omnibus constitué de trois sketchs et entrecoupé par l’histoire principale, celle de la charmante Penny Dreadful, une sorte de « gardien de la crypte sexy » qui recherche un prétendant convenable et surtout capable de supporter ses amis étranges et ses goûts cinématographiques !

Le premier court, intitulé « Slash-in-the-Box », est le plus bref des trois segments, finalement le format idéal pour donner le ton. Il est aussi le seul qui a un lien direct avec l’histoire principale. Ce qui n’est pas forcément un gage de qualité ! Effectivement, cet opus racontant l’histoire d’un jeune couple dont le mari a acquis une étrange boîte (un jouet « Jack-in-the-Box » pour être plus précis) qui semble être active la nuit, n’a rien d’incroyable. Si la fin est gore à souhait, celle-ci est à l’image de ce segment : trop brève ! Et puis il ne faut pas non plus être médium pour la deviner si vous avez suffisamment de flair ou si vous avez visionné antérieurement deux, trois classiques de l’horreur ou des anthologies horrifiques du style "Creepshow" ou bien encore "Les contes de la crypte" ! En résumé, c’est sympa, un peu sanglant, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard car les deux gros points faibles sont sa prévisibilité et surtout sa durée !



Vient ensuite « The morning after » qui est incontestablement la chronique la plus faible du lot, car elle ne fait guère plus que recycler les sempiternels clichés sur les vampires avec toutefois une esthétique différente puisque l’action se passe dans les années 60, période assez peu utilisée finalement chez nos amis à longues canines. Mais ce sera bien là l’attrait principal de ce court qui voit Alice, notre héroïne, se réveiller dans sa chambre sans trop se rappeler exactement de ce qui lui est arrivé la veille au soir, et qui sera confrontée plus tard à Charlie, son petit ami macho, au mystérieux et fascinant Clive puis à l’attirante Jess, avec laquelle elle apprendra à goûter du sang humain…

Puis arrive « The slaughter house », inspiré par "House of 1000 Corpses" et surtout "Massacre à la tronçonneuse". Situé dans les années 70, ce conte horrifique parle d’un groupe de six jeunes qui - après avoir parlé dans leur voiture des disparitions mystérieuses qui ont eu lieu récemment dans la région - ont une panne de moteur et se retrouvent coincés au beau milieu nulle part. Puis ils rencontrent Cody un redneck du cru, qui leur offre de l'aide et l'hospitalité dans sa maison, les avertissant que sa famille est très excentrique. Celle-ci est entre autres composée de Candy, une jeune nymphomane, de Brady un attardé mental paralytique et de leur mère étrange. Bientôt, nos amis sont conviés à un repas familial pour célébrer l'anniversaire de Brady, auquel doivent aussi prendre part le gars de la station d’essence locale et surtout le père de famille dont on ignore tout…

Force est de constater que ce segment est le meilleur de ce film à sketches et qu’au lieu de se perdre dans trop de clichés, il rend plutôt hommage aux chefs-d’œuvre susmentionnés tout en constituant une satire d’un genre qui s’épuise. Et puis quel casting ! La distribution ne comprend pas moins que Devanny Pinn (« 15 Til Mdnight »), Alexis Iacono (« The Black Dahlia Haunting »), Josh Hammond ("Jeepers Creepers 2"), mais surtout Sid Haig ("The devils rejects") et Jeffrey Combs (la franchise "Re animator", "Fortress", "Necronomicon" notamment), qui prend un énorme pied à jouer un arriéré en fauteuil roulant n’hésitant pas à punir ceux qui prennent trop de son gâteau !



Les blagues les plus courtes ne sont pas forcément les meilleures ! Le premier segment n’est ainsi pas le meilleur, même s’il est simple et efficace. Le second, une histoire de vampires sans grande originalité, patine longuement et mériterait un raccourcissement judicieux. Le troisième imite assez intelligemment l’univers de Rob Zombie et de Tobe Hooper avec son ambiance délirante, ses personnages hauts en couleurs mais en tentant de renverser les codes du genre avec une fin des plus sympathiques ! Le film bénéficie également d’une histoire liant le tout avec l’énergique Eliza Swenson (vue dans "Transmorphers", ça ne s’invente pas !) dans le rôle de Penny. Elle incarne une charmante hôtesse capable, par ses excentricités et ses attributs physiques, de captiver un auditoire exclusivement masculin, il faut bien se l’avouer !

Tantôt bizarre, tantôt drôle et attachante, mais surtout sensuelle, Eliza Swenson apporte au personnage une personnalité plaisante, insolite qui pourrait facilement porter un film entier mais avec un bon script ! Car c’est vrai, cette histoire avec les efforts continus de cette héroïne déjantée pour trouver un prétendant convenable, est très inégale et traîne parfois en longueur. Certes, il y a du gore, mais c’est assez répétitif, les acolytes de la belle cabotinent à mort et il y a trop d’humour noir (ou pas) qui dessert grandement le film. Un dosage plus fin ainsi qu’un scénario plus sérieux auraient porté cette entreprise modeste à un plus large niveau, mais bon il ne fallait peut-être pas en attendre davantage vu son budget restreint !



Ainsi, en termes de valeur de pur divertissement, The Penny Dreadful picture show se situe à peu près au même niveau que les récents succès que sont : "All hallows Eve", "V/H/S", et "The Theatre Bizarre", eux-mêmes assez moyens comparés à "V/H/S/2" car avant tout inégaux quant aux histoires présentées. Mais bon, plusieurs décennies y sont représentées, la maîtresse de cérémonie est suffisamment « sympathique » pour qu’on se laisse tenter à visionner ce petit film du samedi soir à voir au drive in du coin pendant que l’on tripote sa petite amie ou bien que l’on s’enfile une tonne de pop corn dans le gosier !









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