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Un génie du mal nommé le Dr Who a créé un robot, Mecani-Kong, afin de creuser pour un élément hautement radioactif appelé "élément X". Quand il échoue, il séquestre le vrai King Kong pour faire le travail à sa place. Peu après les deux monstres s’affrontent en plein Japon.



Cinq ans après le succès de "King Kong contre Godzilla", la RKO (productrice du King Kong original) autorise la Toho (productrice de la saga Godzilla) à utiliser de nouveau le personnage du singe géant dans un nouveau film. Après avoir rejeté un premier scénario dans lequel Kong devait affronter la crevette géante Ebirah (que l’on croisait déjà dans "Godzilla, ebirah et mothra : duel dans les mers du sud"), la RKO propose à la Toho de s’inspirer d’un cartoon américain mettant le singe géant aux prises avec le Docteur Who et Mechani-Kong, une réplique mécanique du monstre . On peut comprendre que le studio japonais, friand d’histoires mettant en scène des savants fous et qui fera naître quelques années plus tard Mechagodzilla n’ait pas hésité longtemps !



Résumons donc tout cela : d’un côté, King Kong. De l’autre son double mécanique. On ne saura jamais vraiment pourquoi il a été créé à l’image du modèle, mais il est là. Et entre deux, un trio envoyé par les Nations-Unies et un méchant très méchant, le docteur Who, tout en rires diaboliques, en cape de prestidigitateur et qui n’hésite pas à abattre de sang-froid un indigène juste parce qu’il veut le mettre en garde. Bref, comme souvent à l’époque, le film mélange les genres, du bon vieux kaiju eiga lorsque les monstres s’affrontent au film d’espionnage en passant par le film d’aventures. Il n’y manque finalement qu’une menace extraterrestre.



Un bon gros n’importe quoi donc, évidemment renforcé par l’allure de Kong, qui a conservé l’apparence de singe stupide à ma fourrure miteuse que l’on avait déjà vu dans son affrontement contre Godzilla. Le gorille géant sera d’ailleurs l’exemple le plus évident du manque de moyens dont dispose le film, allant jusqu’à singer (!) Ed Wood et "La Fiancée du monstre" dans une séquence fabuleuse où, confronté à un serpent de mer géant, l’acteur sous le costume de Kong enroule lui-même le reptile autour de lui afin de donner l’illusion du combat ! On appréciera en revanche l’apparence de Mecani-Kong, qui conserve un certain charme grâce à un design d’une relative sobriété.



Un scénario qui part dans tous les sens, des effets spéciaux très moyens… Tout cela ne serait pas bien grave si le film tenait au moins une de ses promesses : celle d’un affrontement entre les deux primates. Hélas, là aussi, le film va se montrer décevant. Clairement laissé au second plan au profit de l’histoire d’espionnage (il faut avouer que le docteur Who est un sacré personnage), les deux monstres ne se battront qu’en fin de métrage. Pour patienter, nous aurons bien un combat entre Kong et le dinosaure géant Gorosaurus, dans un parallèle évident avec le célèbre affrontement contre le T-Rex du film de 1933, mais cela sera très mince, d’autant que le duel final sera lui aussi très décevant, les deux singes se contentant de se poursuivre mollement en gravissant la Tokyo Tower (oui, c’est King Kong, donc il DOIT grimper un bâtiment célèbre !).

Bref, cette Revanche de King Kong aura même du mal à passionner les fans de kaiju eiga. Il regroupe les défauts essentiels du genre à cette époque, et se révèle souvent trop mou pour être passionnant. On n’en retiendra finalement que le personnage du Docteur Who, grand méchant caricatural mais réjouissant, et un Mecani-Kong plutôt réussi… mais qui n’apparaîtra plus dans aucun kaiju eiga, tout comme Kong.