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Paul et Sarah ont quitté Londres avec leur fille Hannah pour venir vivre en Colombie afin de reprendre l’entreprise familiale dirigée par le père de Sarah. Alors que ces derniers se sont installés dans une grande maison aux abords de la forêt, d’étranges phénomènes vont se produire sous leur toit. La maison semble en effet hantée par des fantômes d’enfants qui visiblement portent en eux un terrible secret…



Présenté en hors-compétition lors de la 22ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, "out of the dark" est un petit film d’épouvante mêlant fantômes et folklore local colombien réalisé par un jeune cinéaste espagnol qui signe là son premier long-métrage.

Pour un premier film, nous pouvons clairement affirmer qu’il y a encore du boulot et des étapes à franchir pour notre jeune cinéaste. Certes, bien que le film de Lluis Quilez bénéficie malgré tout de quelques qualités indéniables, ce dernier demeure plus que perfectible, les défauts étant multiples et parfois quelque peu handicapants, principalement en ce qui concerne sa narration.

Dès l’introduction, nous comprenons aisément que ce "out of the dark" va être en demi-teinte, autrement dit qu’il va nous présenter tantôt de bien bonnes petites choses (une ambiance réussie avec ses effets météorologiques convaincants et ce suspense bien mené participent à l’efficacité de cette introduction pourtant classique), tantôt des maladresses regrettables (la chute d’une terrasse en guise de final à cette séquence pré-générique nous gratifie d’un effet visuel maladroit gâchant quelque peu l’introduction et ne laissant pas forcément présager que de bonnes choses par la suite).

Une introduction en dit parfois beaucoup sur le film que nous nous apprêtons à visionner et dans le cas de "out of the dark" celle-ci en est malheureusement l’exemple même. En effet, le film de Lluis Quilez saura parfois retenir notre attention grâce à quelques séquences efficaces mais tombera également à notre grand regret dans des maladresses qui auraient pu être évitables si notre trio de scénaristes s’était donné un peu plus la peine de peaufiner le scénario.



Parfois bien longuet (certaines séquences sont très lentes et momolles reconnaissons-le) mais surtout redondant dans sa narration et prévisible dans son intrigue, "out of the dark" peine à convaincre totalement et à tenir son public en haleine.
Certes, le tournage intégralement réalisé en Colombie (avec ses marchés, ses petites rues très animées, ses décors naturels riches et variés) ainsi que l’utilisation du folklore local constituent là un bien sympathique dépaysement (l’atout principal du film de Lluis Quilez) mais il est bien dommage que tout cela soit quelque plombé par un scénario si peu convaincant.

Déjà très simpliste au départ sur le papier, l’histoire de "out of the dark" est par ailleurs plombée d’incohérences ou de maladresses (un détail dans une photo imperceptible à l’œil nu que notre héros va bien-entendu trouver en zoomant cette dernière comme un malade / le passage vu et revu de la vieille sage qui semble tout savoir sur notre affaire / une fin bâclée et bien gentillette qui frustre quelque peu le public attendant quelque chose de plus original) parfois problématiques qui nous forcent à croire que les scénaristes (au nombre de trois rappelons-le) ont tout simplement voulu nous offrir un banal film de fantômes en piochant par-ci par-là quelques petites choses ayant retenu leur attention dans d’autres films (espagnols et asiatiques de préférence) mais en oubliant quelque peu de peaufiner le scénario et de le rendre un minimum original.

De nombreux clichés font en effet planer tout au long du métrage un sentiment de déjà-vu (la baby-sitter seule dans la grande maison en pleine nuit allongée sur le sofa et écoutant de la musique pendant qu’une entité surnaturelle claque les portes, fait rouler un ballon dans les escaliers…) qui ne fait que se confirmer lors de cette scène censée visiblement être le grand moment angoissant de "out of the dark" et qui nous plonge dans la chambre de la petite Hannah en prise avec nos mystérieux fantômes (ces histoires de boogeyman dans une chambre d’enfant nous font inévitablement penser à des épisodes de Freddy ou encore à de nombreuses productions récentes comme "boogeyman la porte des cauchemars", "don’t be afraid of the dark", "mister babadook"…).

Rien de bien nouveau ici donc mis à part cet environnement dépaysant d’Amérique latine qui va également servir à nos scénaristes pour nous faire passer un message, lui aussi peu original, écologique (la pollution c’est pas bien!) et anti-capitaliste (le colonialisme est clairement critiqué dans notre film à plusieurs reprises). D’ailleurs, ce qui est bien dans "out of the dark", c’est que pour celles et ceux ayant dormi en cours de projection ou n’ayant tout simplement pas saisi l’intrigue (il ne faut pourtant pas sortir de Saint-Cyr mais bon…), cette dernière est clairement répétée (maladroitement) histoire de bien nous montrer que nous n’avons pas uniquement affaire à un simple film de fantôme mais également à une petite fable (comme on en voit tant, principalement dans les films de bestioles surdimensionnées) sur l’écologie et les conséquences néfastes que peuvent représenter les riches industriels avides de sous-sous.



Mais malgré les maladresses de ce scénario redondant, parfois lent et manquant cruellement d’originalité (ça fait beaucoup mais bon), nous pouvons souligner cette volonté de vouloir nous apporter une ambiance angoissante (les effets de pluie et d’éclairs sont bien maîtrisés, tout comme les musiques choisies dans certaines séquences mettant en scène nos fantômes ou des révélations importantes). Certes, les jump-scares auxquels nous aurons droit ne font peut-être pas tous mouche mais ont le mérite de venir un peu nous secouer par moments si on somnole la faute à ce scénario patinant qui fait plus office de petite balade que de grand-huit de l’effroi.

Le casting (international ici) est également d’honnête facture. Il n’y a en effet pas grand à reprocher aux acteurs qui nous offrent là des interprétations convenables, appréciables.

Comme déjà évoqué avant (oui moi aussi je fais un peu mon redondant!), ce qui nous enchante indéniablement dans "out of the dark" et en fait son « petit truc à lui », c’est surtout ce dépaysement dans lequel nous sommes plongés. La Colombie et ses décors naturels, son folklore local, ses modes de vie… Voilà bien un atout à mettre en avant dans le film de Lluis Quilez!



Difficile de rester positif après le visionnage de "out of the dark". Le film bénéficie certes d’une ambiance réussie (des musiques bien choisies, des effets météorologiques saisissants, des fantômes d’enfants parfois effrayants) et d’un cadre agréablement dépaysant mais les maladresses d’un scénario lent, pas assez effrayant (un final notamment pas assez poignant), peu original et à l’intrigue répétitive font malheureusement pencher la balance du mauvais côté.

Certaines mauvaises langues pourront faire un petit jeu de mots sur le titre en balançant qu’ils auraient préféré que le film ne sorte pas de l’ombre (humour humour) mais je ne serai pas si catégorique et méchant avec ce « out of the dark » (malgré mon 2/6, reflétant bien plus les lacunes du scénario que les réelles intentions de notre jeune cinéaste). Attendons plutôt le second essai de Lluis Quilez, en espérant que ce dernier s’entourera de bien meilleurs scénaristes…






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pas mal mais déjà vu


3

Relativement soft sur l'aspect horrifique, Out of the Dark est davantage un thriller teinté d'un aspect dramatique et fantastique. Son seul soucis est d'arriver après tant d'autres œuvres du même genre, ce qui rend sa vision pas désagréable, loin de là, mais il ne parvient jamais à se démarquer de ses modèles et reste en fait juste quelconque, noyé dans la masse en quelque sorte...

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