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Viago, Deacon, Vladislav et Petyr sont quatre vampires qui vivent ensemble dans un quartier de Wellington, en Nouvelle-Zélande. Désireux de vivre avec leur temps et de s’adapter à la vie moderne, nos quatre énergumènes essayent d’apprendre les nouvelles technologies et tentent désespérément de se faire des amis, tout en cachant leur véritable identité. En effet, en raison de leurs différences et notamment de cet irrépressible besoin de s’alimenter en sang humain, nos créatures de la nuit ont bien du mal à s’intégrer dans le monde d’aujourd’hui…



En Nouvelle-Zélande, les humoristes Taika Waititi et Jemaine Clement sont connus comme le loup blanc. Auteurs d’œuvres à succès tels que "boy", "flight of the Conchords" ou encore "eagle vs. shark", ces derniers se lancent dans la comédie vampirique et nous livrent "what we do in the shadows", un long-métrage nous plongeant dans le quotidien hilarant d’un groupe de vampires pas comme les autres.

Présenté dans de nombreux festivals (Sundance, Berlin, Toronto, SxSW, Gérardmer…), "what we do in the shadows" devient rapidement un phénomène, déclenchant moult fou-rires dans les salles où ce dernier est projeté. Un véritable succès qui vient indéniablement hisser ce film néo-zélandais parmi les meilleures comédies fantastiques sur les vampires (avec des films tels que "le bal des vampires" ou encore "vampire vous avez dit vampire?").



Tourné comme une émission, voire même un documentaire, avec ses interviews et ses caméras immersives, "what we do in the shadows" nous présente un groupe de quatre vampires vivant en collocation. On y apprend leur quotidien rythmé par les apprentissages de la vie moderne, les sorties en night club, les festins d’êtres humains mais également par des échecs cuisants pour s’adapter à la vie contemporaine (nos amis ont tout de même entre 183 et 8000 ans).
Un traitement sous forme de documentaire qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler un certain "spinal tap" qui nous plongeait dans la vie délirante de musiciens de hard rock ou encore "c’est arrivé près de chez vous" où l’on suivait les conseils et la vie trépidante d’un serial killer interprété par Benoît Poelvoorde. Exit les rockers et les serials killers, nous avons affaire ici aux vampires et le moins que l’on puisse dire est que nous avons là une comédie carrément mordante (jeu de mots facile mais il fallait impérativement le placer quelque part celui-là)!

Durant 1h25 environ, nous allons donc suivre le quotidien de nos quatre amis aux dents aiguisées dans ce qui semble être une émission pour le petit écran (présentation des membres du groupe puis invitation dans leur monde si particulier). Pas de réel scénario ici ou de fil conducteur particulier, nous sommes uniquement dans une phase de découvertes pour les besoin de l’émission : découvertes de leur milieu de vie et de leurs habitudes (que mangent-ils ? A quoi passent-ils leur temps ?...), le tout dans un déluge de gags s’enchaînant à une vitesse folle (on ne voit en effet pas le temps passer) et avec en fond une amusante et distrayante musique jouée à l’accordéon rappelant les Pays de l’Est bien-entendu!

Documentaire traçant la vie trépidante de nos quatre vampires oblige, "what we do in the shadows" débute donc par le commencement de la journée. On assiste donc au réveil des quatre loustics, en pleine nuit bien-sûr (le réveil sonne, une main sort du cercueil pour arrêter l’alarme : premiers rires du spectateur), pour ensuite avoir droit à une présentation délirante de chacun d’eux lors d’une sympathique réunion de colocataires où le partage des tâches ménagères est à l’ordre du jour. Car bien-entendu, hormis le linge imbibé de sang qui est envoyé au pressing à l’extérieur par une servante humaine à qui ils ont promis en échange de sa discrétion (et de diverses tâches jugées quelque peu « relou ») la vie éternelle (qu’ils ont bien du mal à lui donner…), nos vampires doivent entretenir un peu cette grande bâtisse à étage dans laquelle ils vivent. Nos créatures de la nuit doivent donc par exemple passer l’aspirateur (pratique, quand on vole, pour aspirer les poussières au plafond), ou encore s’occuper des piles de vaisselles ensanglantées qui s’accumulent dans l’évier de la cuisine (cela fait plusieurs années que Deacon doit faire la vaisselle mais rien n’y fait…). Oui, "what we do in the shadows" est un peu le « confessions intimes » des vampires!



C’est certain : des passages deviendront vite cultes dans le film de Taika Waititi et Jemaine Clement. Outre cet épisode de la réunion des colocataires et de l’énonciation des tâches ménagères, c’est le cas notamment de cette séquence où l’on voit nos quatre vampires sortir en night club (ces derniers, habillés de façon très spéciale, se font parfois refouler à l’entrée mais, quand ils parviennent à entrer, nos quatre amis jubilent et ne cessent de fixer, en se léchant les babines, les cous des personnes dansant à proximité d’eux), le bal masqué avec tous les monstres peuplant Wellington (zombies, sorcières, vampires…) ou encore cette confrontation dans la rue avec des loups-garous. On retiendra aussi surtout ce passage hilarant où Viago nous explique comment, après avoir dragué une jeune demoiselle (mandoline, beaux regards…), il s’abreuve de son sang (un rite particulier durant lequel Viago pose du papier journal au sol pour ne pas salir le parquet avec le sang, puis met sa petite serviette autour du cou, le tout devant le regard plus qu’étonné de sa future victime qui ne semble pas très bien comprendre ce qui va se passer ensuite…).

Souvent hilarant, très débile, parfois sanglant (mince, j’ai croqué dans l’artère, c’est le geyser!), mais se refusant de tomber dans la trop grosse facilité ou la redondance qui deviendraient rapidement rasoir, on appréciera également ces nombreux clins d’œil au mythe du vampire. En effet, nos deux compères scénaristes connaissent leur sujet à fond et tout y passe : se jouer de l’absence de reflet dans le miroir, regarder un lever de soleil sur Youtube sans risque de se faire brûler, une utilisation particulière de l’argent pourtant si nocif pour les vampires, se faire inviter dans une discothèque pour pouvoir y entrer (hé oui, le vampire ne peut entrer dans une maison que si il y a été invité!)…

Mais que deviendraient tous ces gags sans ce casting désopilant? En effet, avec le jeune Viago quelque peu maladroit et naïf, le fêtard et « je m’en foutiste » Deacon, le rabat-joie et ancien tortionnaire Vladislav (au fort accent des Pays de l’Est soit dit en passant) et l’ancêtre Petyr qui semble le moins sociable, nous avons là une belle brochette de guignols prêts à en découdre avec la vie contemporaine!
A ces derniers viennent s’ajouter d’une part Stu, l’être humain qu’ils semblent avoir adopté et qui les initie aux nouvelles technologies notamment (quelle poilade de les voir utiliser Internet, envoyer des sms… sans oublier que c’est un super laissez-passer pour les night clubs ce Stu!), et d’autre part une victime loupée qui s’est aujourd’hui transformée en vampire et qui leur mène la vie dure (un vrai boulet qui ne cesse de les faire repérer, leur amène par maladresse un chasseur de vampires à la baraque…).



Faisant l’effet d’une véritable bombe dans le milieu pourtant très populaire des comédies fantastiques, "what we do in the shadows" parvient sans mal à se frayer un beau chemin pour arriver parmi les toutes meilleures comédies de vampires. Souvent hilarant, très malin, parfois bien saignant et surtout jamais ennuyeux, ce film néo-zélandais est d’ores et déjà un film culte de par ses gags à la pelle, sa galerie de personnages décalés et son ambiance fortement estampillée « Pays de l’Est »!








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Trop bien !


5.04

Voici "C'est arrivé près de chez vous" chez les vampires avec le même humour noir donnant de sacrés gags. Il n'en faut pas plus pour se dire que ces Néo-Zélandais, ils assurent grave et pas qu'en rugby !