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Réalisation
Won Shin-Yun

Scénariste
Do Hyun-Jung

Date de sortie
2005

Genre
Fantômes, spectres

Tagline


Cast
Chae Min-Seo
Yu Sun…


Pays
Corée du Sud

Production


Musique
Kim Jun-Seong

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 2.2
(7 votes)
A la suite d’une chimiothérapie, la jeune Su-hyun perd ses cheveux et se voit offrir par sa sœur Ji-hyun une très jolie perruque. Une bien belle surprise pour Su-hyun qui retrouve alors joie et beauté. Alors qu’une nouvelle vie semble lui tendre les bras, cette dernière devient rapidement plus sombre, plus cruelle. En proie à des visions étranges et cauchemardesques, les deux sœurs voient également défiler des évènements tragiques les affectant, elles ou leur entourage proche…



Après les voitures tueuses ("Christine", "hybrid"…) ou encore les poupées sadiques ("Jeu d'enfant", "dolls" et tant d’autres…), nous avons eu droit à des menaces encore plus loufoques dans le milieu du cinéma fantastique. Du pneu tueur ("rubber") aux chaussures ("the red shoes") et à la cassette ("ring") maudites en passant entre autres par la main vivante ("la main qui tue") ou le vilain pénis ("pervert!"), nous avons à présent affaire à une perruque maléfique!

Les asiatiques aiment nous faire peur en nous bombardant de films mettant en scène des fantômes aux cheveux longs et noirs? Hé bien, cette fois-ci ce sont des cheveux qu’il faut se méfier et non de ce qu’il y a en dessous!

A l’annonce de ce genre de chose, on a bien souvent deux réactions possibles dans le public : soit on se dit que l’on va avoir droit à un film totalement déjanté où rire et bon humeur seront au rendez-vous, soit on fait preuve de pessimisme en prédisant une ânerie sans intérêt, absurde et raté du début à la fin...
Hé bien non, "the wig" n’est ni un long-métrage amusant ni une pellicule idiote sans intérêt, mais serait plus à rapprocher de ces nombreux films asiatiques mêlant spectres, drame et séquences chocs comme en font partie "ring" ou "dark water" pour ne citer qu’eux. La qualité vue à la baisse cependant…



Won Shin-Yun nous livre avec "the wig" un film plutôt convaincant, très ancré dans la culture asiatique de part la complexité de son scénario (on se surprend souvent à se remémorer des évènements passés pour comprendre l’intrigue), la lenteur de la narration ou tout simplement les sujets abordés (on parle beaucoup famille mais également tragédie dans "the wig").

Original dans son idée de départ (c’est le moins que l’on puisse dire), le film de Won Shin-Yun met cependant beaucoup de temps à démarrer. Les trente premières minutes paraîtront peut-être interminables pour certain(e)s peu habitué(e)s au cinéma asiatique mais une fois l’intrigue réellement lancée, "the wig" se suit correctement, sans véritables temps morts ou incohérences scénaristiques.

Comme dans de nombreux films asiatiques, Won Shin-Yun fait durer le suspense et nous donne par-ci par-là quelques éléments tout au long de l’histoire pour nous aider à reconstituer ce puzzle scénaristique. Par moments, comme bien souvent dans ce genre de film, on ne comprend pas tout mais tout vient à point pour qui sait attendre et un petit flash-back viendra dans la dernière demi-heure vous aider dans vos réflexions et multiples interrogations. Déstabilisant pour celles et ceux qui préfèrent les scénarios pré-mâchés (où tout nous tombe dans le bec sans se torturer les méninges), sympathique et ludique pour les autres qui aiment réfléchir et reconstituer au fur et à mesure l’intrigue du film.

Le final, divisé en deux parties, est d’ailleurs réussi et finit le film sur une touche dramatique inattendue. Contrairement à ce que beaucoup auraient pu penser aux premiers abords, "the wig" ne laisse nullement la place à l’humour, ne serait-ce même que cinq secondes (seules les apparitions soudaines de la perruque sur les pare-brises prêteront à sourire dans le film).



Niveau casting, il faut bien reconnaître que ce dernier est en demi-teinte. Alors que l’on appréciera le personnage de Su-hyun, sombre et inquiétant, celui de sa sœur Ji-hyun est bien trop discret (d’autant plus que cette dernière est muette suite à un accident de voiture, ce qui n’arrange pas les choses) et se ferait presque piquer la vedette par des seconds rôles parfois plus convaincants et intéressants.
Le scénario de « the wig » repose donc indéniablement sur le personnage intrigant de Su-hyun, un personnage aux multiples facettes, tantôt tragique, tantôt machiavélique, tantôt irrespectueux et insolent envers sa sœur aimante. Un être lunatique, contrôlé par une perruque maudite et dont on ne peut deviner les réactions possibles face à tel ou tels évènements.

Du côté des effets spéciaux, à l’inverse d’un casting en demi-teinte mais au final passable, on peut par contre ici être un peu plus titillant. En effet, bien que certains effets spéciaux soient réussis (la gorge de Ji-hyun traversée par une barre en fer ou encore les médicaments sortant du crâne de Su-hyun dans une vraie mare de sang), d’autres sont en revanche peu travaillés voire même ratés. C’est le cas notamment de nombreuses visions qu’ont les deux sœurs tout au long du film : de rapides flashs voulus choquants qui sont au final assez médiocres dans la finition et ne procurent alors aucun sursaut chez le spectateur (à la manière quasi de "ju-rei la malédiction" de Kôji Shiraishi). Une petite déception à ce niveau…



Au final, "the wig" est une assez bonne surprise dans le paysage asiatique du cinéma de genre. Loin de vouloir uniquement surfer sur la vague déferlante des films de spectres à peau blanchâtre et cheveux longs et noirs, Won Shin-Yun signe ici un long-métrage mêlant drame et fantastique avec originalité.
Bien qu’il présente quelques défauts indéniables (lenteur des trente premières minutes, effets spéciaux parfois ratés), "the wig" mérite d’être vu et apprécié à sa juste valeur. A l’école on lui aurait attribué volontiers la mention « pas mal du tout mais peut mieux faire »!






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