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Auteur
Stephen King

Editeur
J'ai lu

Date de sortie
1978

Nombre de pages
411

Langue
Français

Couleur




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Moyenne: 4.8
(16 votes)


Diable ! Il arrive que nos pas nous mènent en des lieux d’apparence anodine, mais qui cachent des secrets qu’il vaudrait mieux laisser engouis. Maudit soit Jerusalem’s Lot et son église impie, profanée par le Ver ! Vampires, croque-mitaines ou fils du cosmos, dieu Pan obscène ou dieu du Maïs sénile et jaloux… Ces êtres d’autres époques ou d’autres dimensions frappent sans scrupules et tuent. Mais n’est-ce pas l’ordre des choses ?

Et si les objets familiers qui accompagnent notre quotidien se mettaient à nous vouloir du mal ? Soldats de plomb, camions roulant à tombeau ouvert, bulldozers ou repasseuses… A coup sûr, le Malin est à l’œuvre ! Reste l’irrationnel à l’état pur. La bière avariée qui vous transforme en matière grise, ou ce mystérieux printemps des baies qui souffle un vent de folie sur les campus…


AVIS

Danse macabre (Night shift), à ne pas confondre avec Anatomie de l’horreur (dont le titre original est… Danse macabre), est un recueil de vingt nouvelles de Stephen King paru en 1978. Vingt nouvelles dont plusieurs nous sont aujourd’hui familières grâce (ou, le plus souvent, à cause) d’une adaptation au cinéma ou en téléfilm, de longueurs variées (une quarantaine de pages pour la plus longue, moins de dix pour la plus courte) et qui brasseront de nombreux thèmes, et même des styles parfois bien différents.

Ainsi, la première nouvelle du recueil, Celui qui garde le ver, préquelle au roman "Salem", rappelle-t-elle par exemple largement les œuvres de H.P. Lovecraft : constituée de lettres et d’extraits de journaux intimes, elle évoque des créatures indescriptibles, des humains dégénérés, une malédiction et un culte infernal dans un style assez lourd, elle fait partie de mes histoires préférées du livre, grâce à une avancée permanente du mystère et des révélations bien dosées.

Evidemment, comme pour tout recueil de ce type, chacun aura ses nouvelles préférées et détestées. J’avoue de mon côté avoir une nette préférence pour les travaux plus longs de King, qui lui permettent de mettre en place ses personnages, son univers particulier faisant généralement intervenir le fantastique de façon grandissante dans un quotidien banal. Je le trouve ainsi beaucoup moins à l’aise dans cet exercice plus court, plus rentre-dedans, où l’horreur, l’angoisse et le fantastique doivent surgir dès les premières pages.

Ainsi, je trouve que les histoires mettant en scène des objets devenus vivants (La Presseuse , adaptée par Tobe Hooper dans le triste "The Mangler", Petits soldats ou Poids lourds, dont il réalisera lui-même l’horrible adaptation avec "Maximum overdrive") sont les moins bonnes du recueil, alors qu’on le sent plus à l’aise quand il décrit une horreur plus palpable, plus réaliste, dans des histoires qui font immanquablement penser à celles qu’il écrira sous le pseudonyme de Richard Bachman.

J’ai ainsi une préférence pour Cours, Jimmy cours !, Le Printemps des baies et surtout Desintox, Inc où il manie à merveille son sens du cynisme et une vision pessimiste de l’homme. Danse macabre a néanmoins l’immense mérite de proposer de nombreux thèmes différents donc : il y en a pour tous les goûts, de la nouvelle Lovecraftienne donc aux histoires de tueurs, en passant par le fantastique pur peuplé de monstres, de croque-mitaines, d’enfants meurtriers, de vampires, de divinités, d’objets tueurs, d’animaux horribles (l’excellent Poste de nuit, qui donnera également un film plus que moyen avec "La Créature du cimetière"), jusqu’à proposer une touche de science-fiction avec Comme une passerelle et des histoires très sombres mais n’ayant rien d’horrifique (ou presque), comme Chambre 312, Le Dernier barreau de l’échelle, La Corniche ou l’intriguant L’Homme qu’il vous faut.

S’il reste agréable à lire, je trouve donc le recueil Danse macabre souvent inégal. J’ai décidément un peu de mal avec les histoires très courtes de King, dont plusieurs donneront ici naissance à des films, des téléfilms ("Les Démons du maïs", le film à sketchs "Cat’s eyes"…), ou s’articulent autour d’autres œuvres du romancier, comme Celui qui gardait le ver et Un dernier pour la route, se déroulant aux alentours de "Salem", ou Une sale grippe qui deviendra plus tard l’imposant "Le Fléau". Cela n’empêche évidemment pas certaines de ces nouvelles d’être très réussies, notamment quand il s’éloigne du fantastique et de l’horreur, réussissant par moments à nous mettre mal à l’aise ou à provoquer quelques frissons !

4/6 - Steeve Raoult
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