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Auteur
Peter Benchley

Editeur
J'ai lu

Date de sortie
1974

Nombre de pages
311

Langue
Français

Couleur




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Moyenne: 4
(5 votes)


L'action se passe dans une station balnéaire, quelque temps avant l'ouverture de la saison. La nuit, une femme nage, son compagnon somnole sur la plage, un grand requin rôde à proximité de la côte. Soudain, attiré par les vibrations de l'eau, le monstre glisse vers sa proie. A l'aube, on retrouvera sur la grève le corps déchiqueté de la jeune femme.
La peur s'empare des habitants de la ville. Faut-il interdire la plage ? Le maire et le chef de la police sont en désaccord : fermer la station à quelques jours du mois de juillet, c'est la faillite des commerçants, l'annulation des locations. Et puis, le requin est probablement déjà loin...

AVIS :

Intéressé par les requins depuis son enfance, Peter Benchley a l’idée d’écrire un roman consacré à ces animaux après avoir lu un article évoquant la capture d’un grand requin blanc de 2 tonnes au large de Long Island. Après un premier jet rejeté à cause d’une approche trop humoristique, Les Dents de la mer (Jaws) paraît en février 1974 et devient rapidement un best-seller, dépassant aujourd'hui les 20 millions d’exemplaires vendus dans le monde, et sera adapté par Steven Spielberg pour l’un des plus grands succès cinématographiques de l’histoire.

Exploitant un thème jusqu’alors très peu connu, Peter Benchley s’inspire d’une série d’attaques de requins dans le New Jersey en juillet 1916 : sur une période de 12 jours, quatre baigneurs sont mortellement blessés par des squales. Il imagine donc une histoire où un grand requin blanc s’attaque aux baigneurs d’une petite station balnéaire de la côte est des Etats-Unis, et aux répercussions de ces attaques sur la ville et ses habitants.

Dès le début du roman, Peter Benchley nous place dans la peau du requin, nous le présente de façon subjective et nous invite ainsi à découvrir comment il fonctionne, réagit à son environnement et se prépare à une attaque. Une idée formidable, qui ajoute une tension certaine à la première scène d’attaque puisque nous sommes parfaitement conscients du danger qui s’approche de la jeune femme. L’auteur nous proposera ce point de vue à de nombreuses reprises, ne l’abandonnant finalement que lors de la dernière partie, lors de l’affrontement avec l’Orca ou le requin apparaîtra au grand jour, levant le mystère sur son apparence et ses proportions , tandis que la tension viendra cette fois du fait qu’étant sur le bateau, nous ne saurons plus où est le requin avant de le voir réapparaître.

Si les scènes d’attaque sont ainsi très réussies, il en est de même de la description de l’impact de la présence du requin sur Amity. Dans une ville qui ne survit que grâce à sa saison estivale, la présence d’un mangeur d’hommes est une horrible publicité, et ni le journaliste local, ni le maire, ni la plupart des commerçants, ni même la mafia ne verront d’un bon œil la volonté de Brody de fermer les plages. Une très grande partie du livre nous fait ainsi suivre les obstacles dressés devant le chef de la police pour le dissuader de fermer les plages, de promesses en l’air aux menaces de renvoi, jusqu’aux menaces physiques. Le héros est ainsi décrit comme incapable de protéger ses concitoyens du monstre, devant en plus subir les conséquences des attaques qu’il n’aura pu éviter malgré lui.

En revanche, le roman sera bien moins intéressant quand il se concentrera sur la femme de Brody et son histoire avec Hooper. Terriblement ennuyeuse, elle n’apporte finalement pas grand-chose à l’intrigue, si ce n’est une vague rivalité entre Brody et l’océanographe qui ne débouchera nulle part. Un (long) passage à vide au milieu du livre, pour mieux nous faire patienter jusqu’à une dernière partie très réussie consacrée à la poursuite du monstre. L’occasion de mieux voir les dernières différences entre le roman et l’adaptation de Spielberg, l’Orca rentrant ici au port chaque soir, Quint n’évoquant à aucun moment l’USS Indianapolis et l’histoire se terminant même différemment.

Les Dents de la mer de Peter Benchley est donc un roman agréable à lire, notamment dans sa description du comportement du grand requin blanc et de cette ville vivant du tourisme. Si l’on regrettera une grosse baisse de régime et d’intérêt en milieu de lecture, le reste est assez prenant pour dévorer le livre d’une traite, notamment lors d’une dernière partie très réussie.

5/6 - Steeve Raoult