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Ash est un grand utilisateur des réseaux sociaux, un peu trop selon sa petite amie Martha. Après sa mort dans un accident de voiture, Martha apprend par une de ses amies qu'il est possible de rester en contact avec un défunt ;


Une jeune femme se réveille avec un mal de crâne épouvantable ; elle décide donc de sortir de chez elle en pyjama, probablement à la recherche d'une pharmacie. Elle n'a pour seuls souvenirs que des flashs cryptés, et se retrouve épiée par les autres habitants de son quartier, mystérieusement hypnotisés et agissant comme des caméras humaines smartphone à la main, tandis que d'autres se montrent plus menaçants ;


Jamie Salter est un comédien raté qui prête sa voix et anime Waldo, un ours bleu de dessin animé, qui interviewe des politiciens et différents personnages publics.




Après une formidable première saison, ponctuée par un troisième épisode (The Entire History of you) absolument parfait, il aura fallu attendre plus d’un an pour voir débarquer la seconde saison de Black Mirror. Trois nouveaux épisodes toujours indépendants les uns des autres, dont le ton va encore une fois changer à chaque fois, pour des résultats très différents…et cette fois assez inégaux. En fait, on aura l’impression que le soufflé retombe d’épisode en épisode, malgré quelques moments très forts.



Pourtant, cette seconde saison commence très fort, avec Be Right Back, un superbe épisode consacré à la perte d’un être cher : Ash est un grand utilisateur des réseaux sociaux, un peu trop selon sa petite amie Martha. Après sa mort dans un accident de voiture, Martha apprend par une de ses amies qu'il est possible de rester en contact avec un défunt. Là encore, on observe la dérive des réseaux sociaux, qui conservent absolument chaque élément, même après la mort. Charlie Brooker va ainsi pousser le vice de plus en plus loin, avec un programme récupérant les données virtuelles de Ash pour en livrer une copie presque parfaite, d’abord sous la simple forme de messages instantanés reprenant sa manière de s’exprimer, puis en scannant sa voix et enfin en proposant de recréer un double artificiel. Tout droit sorti de "L’Invasion des profanateurs de sépulture" ce double trop parfait crée un véritable malaise à mesure que ses défauts apparaissent : il n’éprouve pas le besoin de dormir ni de se nourrir, ne respire pas, ne désobéit pas. Il n’est finalement qu’une enveloppe vide, un cadavre ambulant. L’occasion de rappeler que non, Facebook et autres Twitter ne nous apprennent pas tout sur une personne, d’insister sur le danger que peuvent représenter ces inconnus, mais aussi de livrer un épisode très émouvant, aussi touchant que dérangeant, grâce à un duo d’acteurs (Hayley Atwell, vue dans "Captain America : first avenger", et Domhnall Gleeson, vu dans "Dredd" et dans "Harry Potter et les reliques de la mort") formidables.



White Bear, le second épisode, est déjà beaucoup plus classique : une jeune femme se réveille avec un mal de crâne épouvantable ; elle décide donc de sortir de chez elle en pyjama, probablement à la recherche d'une pharmacie. Elle n'a pour seuls souvenirs que des flashs cryptés, et se retrouve épiée par les autres habitants de son quartier, mystérieusement hypnotisés et agissant comme des caméras humaines smartphone à la main, tandis que d'autres se montrent plus menaçants...Plus orienté action que le reste de la série, il se limite un bon moment à une chasse à l’homme assez banale, avant de nous surprendre vers la fin avec une révélation que je n’avais pas vu venir, et qui remet tout en cause. En quelques minutes, l’épisode change radicalement de ton, et nous assène un véritable choc dont il est difficile de parler dans trop en révéler. Une conclusion qui sauve à elle seule un épisode qui sans cela aurait été assez décevant.



Enfin, le dernier épisode, The Waldo Moment (dans lequel Jamie Salter est un comédien raté qui prête sa voix et anime Waldo, un ours bleu de dessin animé, qui interviewe des politiciens et différents personnages publics) va quant à lui s’attaquer à la politique et à ses mécanismes grippés. Dénonçant le show que sont devenus les débats politiques, l’absence de fond de leurs interventions et l’opportunisme de certains candidats, il va également mettre le doigt sur l’absence d’intérêt des citoyens pour la politique, se contentant de bêtement voter pour le candidat le plus populaire, fut-il un ours de dessin animé. Plus encore que pour l’épisode précédent, on se retrouve donc en terrain assez classique, sans que rien ne vienne cette fois bouleverser la donne. Le discours est très classique, ne met jamais mal à l’aise et ne fait aucunement réfléchir, au point de se demander ce que cet épisode vient faire dans la série.

Un raté qui contrasté un peu avec la qualité de la saison une, et qui contribue à faire de cette saison deux un ensemble un peu plus bancal et surtout bien moins pertinent. Dommage, car avec un premier épisode très réussi et quelques fulgurances perturbantes dans le second, on restait bien au-dessus de ce que l’on peut voir dans la plupart des séries actuelles…



5/6 - Steeve Raoult



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