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Suite/Reboot de "Atomic college" (Class of Nuke’em High) sorti au milieu des années 80, « Return To Nuke’em High Volume 1» se déroule dans le lycée de Tromaville, bahut américain presque comme les autres, peuplé de jeunes bimbos, de footballeurs, d'élèves débiles en pleine crise d'adolescence, d'obsédés sexuels et d'une chorale de boutonneux. La vie suit donc son cours jusqu'au jour où l'usine de tacos du coin décide d'apporter une livraison de nourriture toxique à la cantine scolaire. Malbouffe qui aura pour effet de tuer le futur inventeur du vaccin contre toutes les formes de cancer et surtout de transformer la chorale du lycée en bad boys mutants appelés les "crétins". Ces crétins vont s'attaquer à la jeune Lauren (Catherine Corcoran) en la violant buccalement avec un canard. Oui, oui, un vrai, avec des plumes, qui fait "coin-coin"... Décidée à se venger, Lauren, aidée de sa petite amie Chrissy (Asta Paredes) vont s'attaquer à ce gang qui brutalise les élèves et empêcher que continue la mutation des élèves en crétins. Voilà pour le synopsis cocasse qui en surprendra certains mais qui n'étonnera pas les habitués aux productions de la firme Troma...



Dans beaucoup de ses films depuis 40 ans, la Troma utilise l'humour potache et le gore pour dénoncer certaines pratiques de notre société (et particulièrement de la société américaine) dont le port d'arme à feu, les problèmes écologiques, la malbouffe etc... RTNHV1 n'échappe donc pas à cette règle mais le fait de fort belle manière à l'instar du cultissime "Poultrygeist" ou du film original "Atomic college". Comédie trash, le film multiplie les gags graveleux : jets de vomis, running gag de flatulences, personnages crados. C'est sûr, faut aimer le genre, ça vise en dessous de la ceinture mais ça touche sa cible et c'est souvent tordant. De plus, les effets spéciaux, malgré un budget qu'on imagine réduit, sont de bonnes qualité et vraiment ragoûtants (Bravo à Drew Bolduc et son équipe). Dégurgitassions grasses aux couleurs flashy, mutations outrancières... le film n'y va pas de main morte pour nous montrer les méfaits de ces tacos répugnants.



Niveau caractérisation des personnages, même si l'on reste souvent dans les stéréotypes, les différents persos sont tous très bons. Que ce soient les rôles principaux (Chrissy, Lauren...) ou encore les hilarants seconds rôles comme celui du proviseur du lycée ou celui du président américain sans oublier le "crétin" en fauteuil roulant qui a inspiré de nombreux gags très drôles et plus subtils.

Autre point important, le film fourmille de trouvailles et expose mille idées à la seconde. Ok, certaines sont du recyclage de films Troma déja existants (comme l'excellente scène d'introduction qui rappelle celle de "Poultrygeist") mais d'autres sont vraiment drôles et originales comme cette scène ou une des héroïnes, Lauren, se retrouve pendant de longues minutes un canard coincé au fond de la gorge à demander de l'aide à travers la ville ou encore la scène de combat entre les deux héroïnes devenues mutantes dans la base des "crétins" qui bat des records d'inventivité graphique et rappelle la folie visuelle du cinéma indépendant japonais.



Le film va à cent à l'heure et ne laisse pas une minute de répit au spectateur qui alterne moments de rire et moments de dégouts. On a beau connaître ce bon vieux Lloyd Kaufman et son équipe depuis longtemps, on a toujours le réflexe de se dire pendant le film : "Non, il vont pas oser !"... Et puis si, ils osent.

Mixant allégrement tous les éléments qui font le succès de TROMA depuis maintenant presque 40 ans, Lloyd Kaufman a su remettre au goût du jour son classique des années 80 en l'adaptant aux thèmes d'actualités de notre époque comme l'obésité, la malbouffe et l’homosexualité puisque le couple de héros mixte du film original laisse sa place à un couple de lesbiennes. Cela n'empêche, bien sûr, pas, le réalisateur de se permettre de filmer explicitement les ébats des demoiselles en y ajoutant quelques semences visqueuses et ragoutantes causées par la contamination mutante afin de toujours garder le côté trash et jusqu'au-boutiste qui caractérise le film. Petite déception, le film étant un diptyque, il se fini de façon brusque et laisse un arrière goût de « manque » une fois le générique terminé.



Bref, vous l'aurez compris, si vous aimez les films complètement dingues, extrêmes, drôles et qui n'hésitent pas à dépasser les limites, vous trouverez votre bonheur avec ce nouveau film de la Troma. Si, à l'inverse, cette débauche de folie et de "n'importe quoi" n'est pas votre tasse de thé, vous savez ce qu'il vous reste à faire ! Bref, perso, je n’ai qu’une dernière chose à dire : Vivement le volume 2 !