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Réalisation
Derek Ford

Scénariste
Derek Ford

Date de sortie
1989

Genre
Insolite

Tagline


Cast
Peter Gordeno
Jeremy Mark
Tiga Adams
Sally Ann Balaam


Pays
Etats-Unis, Canada

Production


Musique
/

Effets spéciaux



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Le célèbre producteur de disques Bono Zoro, également passionné de technologie, vit dans un superbe appartement entièrement modernisé et géré par un ordinateur. Ce dernier, baptisé S.E.X.Y., commande absolument tout : ouverture des portes, écoulement de l'eau dans la douche, diffusion de la musique, allumage de la télévision entre autres. Bono Zoro, véritable coureur de jupons professionnel, passe son temps à inviter chez lui de jolies jeunes filles afin de filmer ses ébats sur vidéo. Sa vie va radicalement changer quand S.E.X.Y. va se mettre à ressentir de vraies émotions amoureuses envers Bono et va se décider à éliminer toutes les concurrentes féminines...



Un ordinateur qui tombe amoureux de son propriétaire ! Une idée de scénario qui nous rappellera le très sympathique "Electric Dreams", réalisé en 1984 par Steve Barron. Mais les ordinateurs n'ont pas attendu 1984 pour se rebeller : on se souvient tous de HAL 9000 de "2001 l'Odyssée de l'espace" en 1968, ou de "Colossus", un super système régissant toutes les armes de défenses des Etats-Unis, et qui découvre qu’il existe un système semblable en URSS, baptisé "Guardian". Les deux systèmes se mettent en relation et agissent d’eux-mêmes, envoyant chacun des missiles sur des villes des deux pays dans le film "The Forbidden Project" en 1970. Un scénario qui rappelle aussi "Wargames" en 1983. En 77, c’est un nouvel ordinateur rebelle qui va être au centre du film "Génération Proteus" de Donald Cammell. Peut-être le plus célèbre d'entre tous, le programme informatique du film "Tron", qui marquera toute une génération de cinéphiles et de gamers. Et je ne vous ferai pas l'affront de vous parler des programmes rebelles dans les sagas "Terminator" ou "Matrix" bien sûr. Bref, les ordinateurs décidant eux-mêmes de leurs agissements ou devenant de véritables tueurs ne constituent pas un sujet inédit au cinéma. En 1989, le réalisateur Derek Ford et le producteur Dick Randall décident de s’y mettre aussi avec "Attack of the Killer Computer". Un titre de film plutôt sympa mais qui, suite à l’acquisition d’une chanson pop qui sera utilisée durant l’introduction, deviendra donc "The Urge to Kill", à cause de son refrain « I’ve got the urge to smash, smack, break and crack…it’s unbearable, I must fight back… I’ve got the urge to kill » !



Le nom de Derek Ford ne vous est peut-être inconnu. Normal, le monsieur a une petite filmographie dans le cinéma Bis dont certains titres sont assez connus. On citera en priorité son horrible "Blood Tracks" co-réalisé avec Mats Helge ou "The Girl from starship Venus" par exemple. Le producteur Dick Randall, spécialiste de la sexploitation anglaise, n’est pas en reste puisqu’il a produit des perles du cinéma Bis indépendant comme "Le sadique à la tronçonneuse", "Le château de l’horreur", "Don’t Open till Christmas", "Supersonic Man" ou "Le jour des fous" par exemple. Un as des petits budgets vite filmés, vite distribués, vite rentabilisés ! L’association de ces deux personnalités dans "The Urge to Kill" n’enfantera pas, et on s’en douté, un chef-d’œuvre. Du moins dans la catégorie des « bons films ». Parce que dans la catégorie « nanar cinq étoiles », "The Urge to Kill" est un sacré concurrent ! Réputé invisible et perdu depuis des années avant que ne circule une copie délavée et usée chez les petits revendeurs underground, "The Urge to Kill" s’offre une seconde jeunesse grâce à l’éditeur Uncut Movies qui le sort en DVD dans une très belle copie. L’éditeur nous avait déjà régalés d’un OVNI cinématographique avec "BoardingHouse". On peut assurément proclamer que le film de Derek Ford lui est, si ce n’est supérieur, au moins égal au niveau du délire et de la fascination hallucinante qu’il exerce sur le spectateur, ahuri de voir un tel spectacle !



Entendons-nous bien : "The Urge to Kill" n’est pas un “bon” film dans le sens noble du terme. C’est une petite production fauchée, bricolée avec des bouts de ficelles, possédant un casting plutôt mauvais et bénéficiant d’une mise en scène assez archaïque. Néanmoins, son aspect ultra kitsch fleurant bon les 80’s à plein tube, associé à ce côté « film nonsensique sorti d’un autre univers », lui donne une patine assez incroyable et le résultat est tout simplement « hors norme ». Les amateurs de nanar sympathique ne tarderont pas à ériger "The Urge to Kill" comme une perle de leur collection et ce, grâce à plusieurs éléments. La chanson qui donna son titre au film tout d’abord. Son casting féminin ensuite, entièrement composée d’illustres inconnues aux charmes mammaires non négligeables et n’hésitant pas à nous les dévoiler à tour de bras, ce qui semblait être la principale préoccupation du réalisateur et du producteur ! Le film de Derek Ford sera pour la quasi majorité d’entre-elles leur unique incursion devant une caméra, du moins de ce qu’on en connaît. On retiendra particulièrement l’actrice qui interprète Mélanie, Sally Anne Balaam, qui connut une belle carrière en modèle de charme, étant même surnommée « la nouvelle Samantha Fox » en raison de son joli visage et de sa poitrine surdimensionnée !



Autre élément devant lequel les fans de productions « autres » n’hésiteront pas à s’extasier, les quelques séquences jouant avec le gore, peu nombreuses certes, mais diablement amusantes et parfois même assez réussies, à l’image de ce corps entièrement brûlé par l’eau bouillante de la douche. Si l’ensemble des effets spéciaux est bien « cheap », la séquence dans laquelle l’ordinateur S.E.X.Y. tue une malheureuse en l’étouffant avec des câbles et des nappes informatiques reste une scène culte du film tout comme le meurtre avec une brosse à dent électrique ! Idem pour les apparitions d’une femme nue dont le corps est entièrement recouvert de peinture verte brillante et portant une drôle de perruque lui donnant un aspect très « Science-Fiction », et qui est censée représenter S.EX.Y. lui-même ! Avec ces apparitions, on nage dans le délire total et on écarquille les yeux devant notre écran pour être sûr de bien voir ce qu’on est en train de regarder ! Impossible de ne pas mentionner l’acteur interprétant Bono Zoro, Peter Gordeno, un célèbre ancien musicien et producteur, revenu sur le devant de la scène en 1998 pour avoir été dans les tournées du groupe Dépêche Mode derrière les claviers ! Bref, "The urge to Kill" est un véritable capharnaüm « ovniesque » sur pellicule, un spectacle de tous les excès, où se mélangent filles nues, ordinateur jaloux, meurtres et musique 80’s.


Disponible en DVD chez Uncut Movies






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