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Auteur
Stephen King

Editeur
J'ai Lu

Date de sortie
1974

Nombre de pages
253

Langue
Français

Couleur
Non



Votre note: -
Moyenne: 5.2
(15 votes)


"Dépêche A.P. 27 mai 1979. 23 h 46. Un sinistre d'une ampleur tragique frappe la ville de Chamberlain, Maine. Des centaines de morts... "
Une mère puritaine obsédée par le diable et le péché ; des camarades de classe dont elle est le souffre-douleur : Carrie est profondément malheureuse, laide, toujours perdante.
Mais à seize ans resurgit en elle le souvenir d'un " don " étrange qui avait marqué fugitivement son enfance : de par sa seule volonté elle pouvait déplacer les objets à distance. Et ce pouvoir réapparaît aujourd'hui, plus impétueux, plus impatient...
Une surprise bouleverse soudain la vie de Carrie : lorsqu'elle est invitée au bal de l'école par Tommy Ross, le boy-friend d'une de ses ennemies, n'est-ce pas un piège plus cruel encore que les autres ?

L'AVIS

1974. Un certain Stephen King voit enfin un éditeur accepter de publier un de ses romans. Ce sera donc CARRIE qui marquera l'entrée fracassante de Stephen King dans le monde de la littérature fantastique et d'épouvante. La suite, tout le monde la connaît, inutile d'y revenir.

Avec Carrie, Stephen King pose la base de ce qui fera son succès : une histoire dans laquelle des événements fantastiques ou surnaturels vont intervenir dans la réalité. Les personnages chez Stephen King sont des gens normaux qui vont voir leur réalité basculé dans un univers terrifiant. Ici, ce sont les habitants d'une petite ville du Maine qui vont devoir affronter le "don" d'une jeune fille, Carrie White.

Carrie White possède un don de télékinésie. Elle peut déplacer des objets, provoquer des accidents, faire pleuvoir des pierres ou arrêter les battements d'un coeur humain rien qu'en y pensant fortement. Un "don" qui intervient quand la jeune fille est en proie à de violentes émotions. Et des émotions, Carrie en ressent souvent. Souffre-douleur de ses camarades de classe qui passent leur temps à la railler ou à se moquer d'elle, Carrie doit également vivre sous le joug de sa mère, une fervante croyante en Dieu, intolérante et ne laissant aucune liberté à sa fille.

Stephen King s'attache à son personnage et parvient à nous faire ressentir une profonde empathie pour Carrie. La séquence d'introduction est à ce titre assez magistrale car elle nous plonge d'entrée de jeu dans la triste vie de Carrie et nous fait ressentir son profond désarroi : alors qu'elle a ses règles pour la première fois, Carrie est totalement paniquée, sa mère ne lui ayant jamais expliqué quoi que ce soit à ce sujet. Terrorisée et hurlante sous la douche commune, Carrie devient la cible de ses camarades qui, au lieu de l'aider, lui lance au visage tampons et serviettes hygiéniques, le tout sous des rires moqueurs et sadiques.

Mais pire que ses camarades, c'est bien Margaret White, sa mère, qui nous apparaît comme le réel danger. Totalement obnubilé par la religion, Margaret White est une extrêmiste, une fanatique pure et dure qui contraint sa fille à la prière, n'hésitant pas à l'enfermer dans un placard pour lui faire expier ses péchés. Petit à petit, on comprend que l'enfance de Carrie n'a pas du être bien rose dans un tel environnement de folie. Stephen King s'en prend directement à la religion et ne fait pas de cadeau à ce sujet.

Stephen King nous raconte donc la vie de son héroïne de façon simple, prenante, et joue avec les émotions. Il entrecoupe son récit principal de témoignage d'anciennes camarades d'école de Carrie, de compte-rendu scientifiques sur la télékinésie, de rapport de police sur la tragédie survenue lors du bal de fin d'années et dont Carrie semble être la principale suspecte. Ces "intermèdes" qui viennent rompre le cours du récit sont assez oiginaux et permette de souffler un peu avant de replonger dans la vie tragique de Carrie White.

Une lueur d'espoir apparaît quand Sue Snell prend conscience de la gravité des brimades causées à Carrie et propose à son petit ami, Tommy Ross, d'inviter Carrie au bal de fin d'années afin de faire passer à la jeune fille un vrai beau moment. Tommy, d'abors réticent accepte et va découvrir en Carrie une fille épatante, touchante. Malheureusemet, cette acalmie va vite se terminer quand deux élèves font venir gâcher la fête. Cette partie se déroulant durant le bal de fin d'études est assurément la meilleure partie du roman et on n'arrive pas à quitter le livre des yeux, tournant page après page afin de découvrir ce qui s'est réellement passé durant ce bal. Doté d'un rythme plus que prenant, cette seconde partie du livre est vraiment électrisante, bouleversante et s'avère rédigée avec une véritable maestria. Ceux qui ont déjà lu le roman ou vu le classique de Brian de Palma savent de quoi je parle, je laisse la surprise aux autres.

Pour un premier roman publié, Stephen King frappe un grand coup et laisse augurer du meilleur pour la suite. Une très belle histoire, du fantastique intelligent et passionnant. Un portrait d'adolescente soigné et qui ne pourra qu'émouvoir le lecteur.



5/6 - Stéphane Erbisti
LUMIèRE SUR