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Chester's Mill est une petite bourgade des États-Unis où les événements exceptionnels sont rares. Mais un jour, un dôme invisible apparaît et englobe toute la ville.




L'AVIS :

« Under the dome » ou « Dôme » en français, est l’énième roman de Stephen King sorti en 2009 aux USA et en 2011 en France. Plus de 1000 pages nous narrant le quotidien et les déboires d’une petite bourgade du Maine (évidemment)-USA, prise au piège d’un Dôme géant s’abattant d’un coup, d’un seul sur la population et les coupant du monde extérieur. D’où vient-il ? Pourquoi ? Combien de temps va-t-il rester ? Et surtout comment vont se comporter les habitants enfermés à l’intérieur ; tels sont les enjeux du livre et nécessairement de la série.
Le roman est, sans aucun doute, ce que l’auteur a écrit de plus passionnant depuis une grosse quinzaine d’années (mille excuses aux Kingophiles acharnés qui pensent que tout ce qu’il écrit est forcément doré à l’or fin).
Le dôme n’est qu’un prétexte pour le romancier. Un prétexte pour isoler une petite communauté et tel un entomologiste scruter la réaction de celle-ci au travers d’un microscope. A partir de ce postulat, Stephen King fait ce qu’il sait faire de mieux, à savoir brosser une multitude de personnages dans une situation de crise où vont se développer toutes les bassesses et les petitesses de l’être humain. L’homme est un loup pour l’homme et ce sont les plus cruels, les plus roublards qui vont en profiter et imposer par la peur une forme de dictature singulière, avant que… Laissons la surprise du fin mot de l’histoire à ceux qui n’auraient pas lu le bouquin (une fin un peu abrupte et bancale, mais là n’est pas son principal intérêt).
Et la série dans tout ça ? Et bien autant le dire tout de suite, elle s’avère un tantinet décevante par rapport aux attentes suscitées, ce qui est quand même (pas toujours mais souvent) le cas pour une adaptation d’un livre de cet auteur.

Un premier épisode, expédié à la Kalachnikov et sans rigueur scénaristique, présente l’arrivée du dôme et les principaux personnages de la série. On a fait mieux comme entrée en matière mais l’on s’attend à une montée en puissance pour la suite, sauf qu’à partir de là et jusqu'au six ou septième épisode, la série s’enlise dans la banalité avec ses personnages brossés à la va vite (pauvre Linda, la chef de la police, sorte de cruche avec un flingue qui traverse la série sans avoir jamais rien compris à ce qui se passe autour d’elle) et ses rebondissements faciles (l’arrivée d’une certaine Maxine, la mort de certains personnages dont on se demande bien comment ils ont pu vivre aussi longtemps vu les circonstances).
Pourtant, et c’est probablement le point fort de la série (le seul ?), c’est en s’éloignant, d’abord progressivement, puis franchement de la trame du roman que celle-ci prend enfin son envol. Oh ! Ce n’est certes pas l’envol d’un aigle royal, mais ça se décroche au moins du perchoir dans les trois ou quatre derniers épisodes. La série devient, enfin, un peu addictive lorsque l’histoire commence à lorgner davantage vers le fantastique que ne le fait le roman.

En faisant cohabiter une forme de «survivalisme», une parabole sur notre société où le pouvoir n’est plus forcément aux mains de personnes élues et une solution au problème de l’arrivée (et donc du départ) du dôme relevant de l’univers fantastique, la série semble trouver son rythme de croisière jusqu’à une fin à suspens et ouverte donnant envie de jeter un œil à la seconde saison. Mais que ce fût long !

Pour finir, un petit mot sur la distribution où se côtoie le pire et le meilleur. Le meilleur c’est d’abord et avant tout Dean Joseph Norris (vu dans «Starship Troopers», « Total Recall» et une flopée de série récente, notamment «Breaking Bad» où il joue Henry « Hank » Schrader ) qui tient le rôle du conseiller (chez nous ce serait le Maire) de Chester’s Mills. Avec sa trogne à voter pour Georges Bush, il est parfait de bout en bout en salaud sans scrupules.

Les rôles de «Barbie» (Mike Vogel qui joue le pauvre Andy dans le remake de «Massacre à la tronçonneuse» en 2003) et de Julia (la jolie Rachelle Lefèvre que certains reconnaîtrons s’ils sont fans de Twilight…les pauvres ! ) tiennent également la route. On en dira pas autant des personnages de «Junior», de Linda ou de la «Norrie» d’une impressionnante transparence. Bref, la qualité des acteurs est à l’image de la série.
Forçant un peu le trait, ne parvenant pas vraiment à retrouver la noirceur et la profondeur psychologique du bouquin parfois efficace, mais extrêmement édulcorée par rapport au roman (bah oui, faut bien faire de l’audience), Dôme se laisse voir et si l’on s’accroche jusqu’au bout on pourra même y trouver un certain plaisir…en attendant la saison 2.


Contrairement à ce que prétend une légende urbaine, Under the dome n'est pas une sex tape avec DSK.

4/6 - Lionel Jacquet



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