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Auteur
Stephen King

Editeur
Albin Michel

Date de sortie
2013

Nombre de pages
587

Langue
Français

Couleur
Non



Votre note: -
Moyenne: 5.8
(4 votes)


Depuis Shining, le petit Danny Torrance a grandi. Ses démons aussi...

L'AVIS :

C’était, à le croire, une question qui le torturait depuis longtemps : qu’est donc devenu le jeune Danny Torrance après les terribles événements ayant abouti à la destruction de l’Overlook et au décès de son père ? Trente-six ans après la publication de "Shining", qui restera comme l’un de ses plus grands succès, Stephen King lui donne une suite avec Docteur Sleep.

Le temps d’une courte introduction, King nous replonge dans l’univers de Shining, nous expliquant comment le jeune Danny, grâce à Hallorann, parvient enfin à lutter contre la femme de la chambre 217. Le style nous renvoie plus de 30 ans en arrière, et le virage n’en sera que plus violent lorsque, quelques lignes plus loin, nous retrouvons un Dan adulte, alcoolique, au fond du trou, sortant tout juste d’une nouvelle cuite et d’une aventure sans lendemain dans un appartement crasseux. L’introduction nous présente également le « Nœud vrai » (« the True Knot »), un groupe mystérieux qui ne peut survivre que grâce à la « vapeur », nécessitant d’assassiner dans d’horribles souffrances des enfants possédant le Don.

Ce que l’on remarque rapidement avec Docteur Sleep, c’est l’étrange sensation d’être à la fois très près et très loin de Shining, comme s’il y avait un gouffre étroit mais très profond entre les deux œuvres. En effet, les deux romans ont de nombreux points communs, King reprenant les thèmes de l’alcoolisme et de la dépendance (à l’énorme différence que depuis, Stephen King en est guéri), de la relation entre maître et élève (Danny, initié au Don par Hallorann, va ici accompagner la jeune Abra), tout en effectuant de très nombreux renvois à l’œuvre initiale, reprenant parfois à l’identique certains événements et développant même certains détails pour en faire des éléments clés de sa nouvelle intrigue.

En revanche, loin de l’unique décor que constituait l’Overlook bloqué par la neige, Docteur Sleep nous fait voyager, de la côte ouest à la côte est des Etats-Unis, pour enfin revenir là où tout a débuté, au beau milieu du Colorado. Mais c’est surtout dans l’ambiance que cette suite s’écarte progressivement de l’original : là où Shining était un vrai roman de terreur, instantanément effrayant, Docteur Sleep distille une ambiance plus feutrée, et s’il n’est pas véritablement terrifiant, il fait insidieusement naître un certain malaise, plus marquant peut-être encore que les scènes chocs de Shining.

On a en fait l’impression que King est conscient qu’une grande partie des lecteurs du premier roman l’a découvert à l’adolescence, et que les ficelles classiques qu’il utilisait à l’époque ne fonctionneraient plus ici. De même, en donnant le rôle principal à un adulte plutôt qu’à un enfant, avec ses nouvelles responsabilités (un peu à l’image de ce que l’on retrouvait dans "Ça", avec le parallèle entre l’enfance et l’âge adulte), l’auteur de "Misery" semble vouloir orienter son histoire dans des sphères plus matures, notamment avec le thème de l’alcoolisme bien plus développé, insistant largement sur le gouffre au fond duquel se trouve Dan Torrance, avec le thème de l’addiction avec le groupe du « Nœud Vrai » qui a régulièrement besoin de sa dose, mais aussi avec cette omniprésence de la Mort.

Comme à son habitude, Stephen King bourre son livre de références, passant par exemple allégrement de Game of Thrones à Twilight en passant par Oscar, le célèbre chat qui prévoit la mort des patients, et nous rappelle surtout quelques-uns de ses autres succès : on pensera évidemment à "Salem", à "Carrie" ou même à "Ça". Il reprend également son style d’écriture si reconnaissable, avec ces pensées insérées en italique, ces changements de typographie ou de mise en page, et cette façon de toujours nous prévenir, par une phrase discrète, de la tournure des événements futurs. Enfin, il nous livre comme toujours une joyeuse galerie de personnage, parmi lesquels les membres du « Nœud vrai », monstres aux apparences de vieux américains typiques aux noms improbables, et Abra Stone, la gamine au Don surpuissant qui se révèle peu à peu bien moins commode que l’on pouvait le craindre.

Il va hélas également reprendre une autre de ses caractéristiques principales : celle de nous livrer une fin trop convenue. En effet, après une première partie formidable, Docteur Sleep prend un visage bien moins convaincant quand, enfin, les deux groupes sont amenés à se confronter, dans cette éternelle opposition entre le Bien et le Mal.

Plus qu’une simple suite à "Shining", Docteur Sleep est une nouvelle réussite pour Stephen King. Intriguant et inquiétant, le livre est difficile à poser une fois commencé, et si la dernière partie se révèle, comme souvent chez King, bien moins réussie que tout ce qui a précédé, cette histoire de vampirisme psychique vaut largement le détour !

5/6 - Steeve Raoult

Addictif

Portrait de Lionel Jacquet

6

Une grande réussite. Depuis quelques romans, King redevient un bon auteur. Ca fait plaisir. Et puis lorsque l'on est soit même alcoolique..

LUMIèRE SUR