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Suite d'une pépite culte d'un réalisateur non moins culte, "BASKET CASE 2" commence directement à la fin du précédent. On retrouve à nouveau Duane, qui, après le meurtre de sa petite amie, par son siamois maléfique et cinglé, se bat contre lui. Lors de la bagarre, les deux se projettent accidentellement par la fenêtre et s'écrasent contre le sol. Ils sont conduits aux urgences par la police suite à leurs précédents agissements meurtriers. Toutefois, ils ne tardent pas à s'enfuir de l'hôpital et sont recueillis par grand-mère Ruth qui a transformé son imposant manoir en « havre de paix » pour les monstres comme Bélial. Mais une journaliste va venir troubler cette harmonie...



Quasiment dix ans après l'original ("Frere de sang"), Frank Henenlotter sort une suite à sa petite série B, qui est entrée malgré elle dans l'histoire. Pour beaucoup, Basket Case, premier du nom, reste une œuvre tarée dotée d'une incroyable envie de faire du ciné. En outre, c'est une fiction qui se frotte à des sujets sensibles tels que l'intolérance et la peur de l'autre. Culte ce film l'est assurément pour son aura perverse et sordide teintée d’excès gore répugnants. Sans oublier que ce film reste un document incroyable sur la faune des quartiers de la 42e rue à Manhattan (formidable panorama de personnages en marge d'une certaine société).
Basket Case a marqué les esprits et a réussi un truc fou: celui de faire de la fiction gore liée à un vrai discours politique et surtout social.

La suite allait-elle être à la hauteur ?



La réponse est nuancée car le numéro deux est complètement différent. Le ton est ici résolument moins porté sur le sordide et nous avons plus le droit à une version totalement burlesque du chef d’œuvre de Tod Browning "Freaks". Très souvent drôle et accessible à plus large public, le film demeure beaucoup moins subversif tout en restant intéressant à suivre.

Physiquement, "Frere de sang 2" se trouve très loin devant le premier. En effet, le film n'est pas avare en générosité et propose un incroyable défilé de monstres débordant d'originalité et de folie. Il bénéficie de la plus belle galerie de créatures qu'il m’ait été donné de voir réalisé par le génial Gabe Bartalos ("Ecorché vif").



La réalisation s’avère plus professionnelle et plus inspirée. Le casting, quant à lui, n'est pas forcément homogène sur le plan qualitatif mais cela n’empêche pas de suivre les aventures de Duane et de son frère. De plus, derrière le scénario de Basket Case 2 se cache un hommage avoué au "Cabal" de Clive Barker où le pitch est à peu près le même et où les monstres sont « humains » et gentils.

Bref, malgré quelques scories, ce film reste vraiment agréable à savourer même si le ton résolument plus accessible pourra en décourager certains.



Henenlotter présentait dans le premier une population de camés, de putes et gens à part dans le but d'humaniser des marginaux. Mais le second s'oriente plus sur les liens humains qui se créer au sein d'une communauté monstrueuse. L'exploration de la marge et du lien entre normal et anormal sera le filigrane de toute la filmographie de Frank Henenlotter : une véritable leçon d'amour et d'humanité.

Et n'hésitez pas à découvrir d'autres pépites de ce réalisateur incroyable en rendant visite à "Elmer le remue méninges" (1987), ou encore à la frappadingue "Frankenhooker" (1990). Et si l'envie vous prend toujours d'aller plus loin dans le délire, jetez-vous sur "Sex Addict" (2008), son dernier effort.









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