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Auteur
Stephane du Mesnildot

Editeur
Rouge profond

Date de sortie
2013

Nombre de pages
128

Langue
Français

Couleur
Oui



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(1 vote)


"Parler du cinéma, c'est toujours parler de moi, le vampire." Dès ses origines, toutes les conditions étaient réunies pour faire du cinéma l'art privilégié des vampires : une salle plongée dans la nuit éternelle, le faisceau hypnotique du projecteur et, sur l'écran, ces ombres imitant l'apparence de la vie. De façon idéale, le vampire devint la créature expérimentale du cinéma, lui permettant d'éprouver ses limites : retournant l'image en son négatif, en épuisant le noir et blanc, faisant jaillir sa couleur (le rouge, la couleur par excellence), la plongeant dans des extases psychédéliques... Le pouvoir de fascination prêté aux stars, nul mieux que le vampire ne l'incarna, peuplant un Hollywood spectral d'amants ténébreux et de séductrices d’outre-tombe. Ce livre invite à découvrir une autre histoire du cinéma. Nosferatu, Vampyr, Dracula, Les Prédateurs, The Addiction, Morse, Twixt... en sont les étapes, et Max Schreck, Nicolas de Gunzburg, Bela Lugosi, Christopher Lee, Andy Warhol, ou encore David Bowie, les héros. Plonger dans cette histoire secrète est comme regarder à travers un miroir obscur où le vampire n'en finit pas de multiplier ses reflets.

L'AVIS :

Après avoir rédigé un livre sur Jess Franco (édition Rouge Profond - 2004), un autre sur "La mort aux trousses" (édition Les cahiers du cinéma- 2008) ainsi que sur Les Fantômes du cinéma japonais (édition Rouge Profond - 2011), Stéphane du Mesnildot revient sur le devant de la scène littéraire avec Le Miroir Obscur, nouvel ouvrage paru également chez l'éditeur Rouge Profond en octobre 2013.

Le sous-titre du livre est très important pour aborder le contenu du livre. "Une histoire du cinéma des vampires" et non pas "une histoire des vampires au cinéma". La différence est importante car même si l'auteur va évidemment nous parler de l'avénement de la créature vampirique dans le septième art, il va également se montrer original en nous révélant qu'on peut trouver du vampirisme dans les techniques même du cinéma, ou bien dans le jeu des acteurs eux-mêmes. Il ne faut dès lors pas s'attendre à lire une étude classique sur le vampire au cinéma. L'auteur a des thèses à défendre sur une contamination du septième art par les aspects liés au thème même du vampirisme.

Pour nous exposer ses théories et son "histoire du cinéma des vampires", Stéphane du Mesnildot va prendre pour base 13 films qui lui semble essentiel, tout en citant dans les diverses parties de l'ouvrage d'autres titres emblématiques issus de la filmographie vampirique. "Nosferatu le Vampire", "Vampyr ou l'étrange histoire d'Allan Gray", "Dracula" (1931), "Le cauchemar de Dracula", "Bram Stoker's Dracula", "Morse", "Du sang pour Dracula", "Les prédateurs", "The Addiction" ou le récent "Twixt" par exemple seront parmi les oeuvres références de l'auteur pour étayer sa thèse.

Des idées très intéressantes seront mises en avant à travers ces films (apparition de la couleur rouge sur l'écran (le sang) qui viendra changer la donne, le jeu de Bela Lugosi qui vampirise littéralement l'écran, expérimentations cinématographiques avec les films de Kenneth Anger ou Pere Portabella, Andy Warhol vampire moderne, entrée du vampire dans le monde de la consommation grâce au film de Tony Scott "Les prédateurs" ou encore un texte très intéressant nous présentant le film "La Momie" (1932) comme une variation orientale du Dracula de Tod Browning...). Je dois néanmoins avouer que la lecture de l'ouvrage n'est pas "facile" et que je me suis parfois retrouvé un peu perdu dans ce que tente de nous faire comprendre l'auteur. Son érudition est impressionnante mais pourra nous laisser sur le carreau ou "à côté" de ses intentions. Le Miroir Obscur demande un effort de lecture et de relecture pour saisir tous les aspects dont nous parle Stéphane du Mesnildot.

Je retiendrai pour ma part ce paragraphe :
"Entité cinématographique autant que personnage, Dracula occupe à la fois l'image et le son, la synchronisation rivant la figure dans le présent du spectateur. Qu'est-ce qu'un vampire ? Une créature venant des origines du cinéma qui se tient devant nous et nous parle à travers le temps".

Le Miroir Obscur est donc un essai particulier, possédant un angle de vu assez surprenant, voir fascinant. Certaines parties peuvent nous déconnecter de sa lecture mais d'autres nous reprennent par la main pour nous emmener de l'autre côté du miroir. A noter que le livre en lui-même est un très bel objet qu'on a plaisir à tenir entre ses mains.

4/6 - Stéphane Erbisti
LUMIèRE SUR