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Alors qu’un film d’horreur à petit budget, « Red is dead » s’apprête à être projeté lors du festival de Cannes, un mystérieux serial killer exécute des projectionnistes les uns après les autres de la même façon que l’assassin dans le film. Une véritable aubaine pour Odile Deray, l’attachée de presse, qui voit là la chance de pouvoir faire de la publicité autour de ce film qu’elle a bien du mal à vendre auprès des journalistes au vu de la médiocrité de ce dernier. Cette dernière fait alors venir sur la Croisette l’acteur principal (et très simplet) du film, Simon Jeremi, escorté par le garde du corps (dragueur et maladroit) Serge Karamazov pour donner un coup de boost complémentaire pour la publicité de « Red is dead ».



Parodie de film d’horreur et de film policier/thriller sortie en 1994, "la cité de la peur" aura marqué de nombreux esprits au milieu des années 90. Alors que Les Nuls, trio comique composé de Chantal Lauby, Alain Chabat et Dominique Farrugia (qui fut d’ailleurs un quatuor initialement avant le décès de Bruno Carette), cartonnait sur le petit écran (notamment avec des séries telles que "Objectif Nul" ou "ABCD Nuls"), voilà que nos blagueurs imaginent le scénario d’un film portant sur la promotion d’un long-métrage horrifique lors du festival de Cannes.
Réalisé par Alain Berbérian (à qui l’on doit les réalisations de certaines séries des Nuls mais également "paparazzi", "le boulet" ou encore "l’enquête corse"), "la cité de la peur" connaitra un fort succès lors de sa sortie en salles, aidé par la réputation de ses géniteurs il va sans dire.

Un succès dû principalement à cette histoire totalement loufoque née de cette complicité des trois humoristes et de leur goût immodéré pour l’humour débile (et parfois un peu lourdingue il faut l’avouer…) et le grand n’importe quoi. Du « 100% Nuls » comme aimaient le dire à l’époque les journalistes.



Bien qu’il faille reconnaître que certains passages manquent quelque peu de punch (une course-poursuite sur la Croisette qui traine un peu en longueur, une Carioca sympathique mais s’étirant peut-être un peu trop…), "la cité de la peur" conserve toutefois un rythme fort appréciable, pour qui aime les gags à la pelle façon "hot shots!", "alarme fatale", "scary movie" et autre "RRRrrrr…".
Car des gags, il y en a des tonnes ici : allant du bien foireux (le fameux pétard mouillé ou le comique de répétition bien lourd au bout d’un moment) au très bon, chacun y trouvera son bonheur! Séquences sans queue ni tête, passages parodiques ("basic instinct", "pretty woman" entre autres)… "La cité de la peur" est un vrai bon moment de rigolade à passer seul ou entre ami(e)s.

D’ailleurs, l’introduction à elle seule vaut le détour et nous met directement dans l’ambiance. On nous plonge dans le final du fameux film d’horreur « red is dead », un véritable étron cinématographique dans lequel tout semble raté : casting, histoire, action… Les clichés du film d’horreur sont d’ailleurs bien présents : le tueur qui revient à la vie, la lenteur de l’assassin pour arriver jusqu’à sa victime, la voiture qui ne démarre pas (ici c’est la clé qu’on ne trouve pas)… Tellement raté que l’on en rit à plusieurs reprises devant tant d’imperfections et de conneries. Indéniablement pour moi le meilleur passage du film d’Alain Berbérian.



Mais que serait "la cité de la peur" sans son casting et ses dialogues cultes? Nous voici face à une galerie de personnages plus décalés les uns que les autres, de véritables caricatures en chair et en os. Le flic frimeur et ringard, l’attachée de presse un peu sosotte qui croit dur comme fer que le film dont elle doit faire la promo est génial, l’acteur du film simplet et immature, le garde du corps maladroit pensant plus avec sa b*** qu’avec sa tête… Une bien belle brochette de loosers que voilà!

Et que dire de notre mystérieux assassin? Lui non plus n’est pas en reste. Que ce soit le tueur du film « red is dead » ou le véritable serial killer sévissant sur la Croisette, nous avons droit à un drôle d’énergumène se baladant avec sa faucille et son marteau, maladroit et bien fébrile.
On appréciera notamment cette ambiance dans laquelle on nous plonge avant chacun de ses meurtres : dans la peau du tueur, nous arpentons les couloirs du cinéma jusqu’à la salle du projectionniste, en frottant la faucille contre les murs (et autres grillages, radiateurs…) pour donner cette note grinçante et en donnant des coups de marteau à intervalle régulier comme pour sonner l’heure du châtiment. Et là arrive toujours la petite touche comique une fois dans la salle de projection : le coup de pied dans le chat, la conversation qu’entretient le projectionniste au téléphone à ce moment, le raté du tueur qui se prend les armes dans un tuyau etc etc…

Ajoutez à cela des conversations parfois sans queue ni tête, des dialogues de sourds, des phrases devenues cultes (le fameux « ça va couper chérie » que lance la victime au téléphone avant de se faire zigouiller par exemple) et vous obtenez là la marque de fabrique des Nuls!



Petite parodie de film d’horreur et de thriller, "la cité de la peur" est devenu pour beaucoup une œuvre culte dans le paysage cinématographique français des années 90. Une pierre de plus à l’édifice des Nuls qui nous montrent encore ici l’étendue de leur savoir-faire en la matière : du grand n’importe-quoi dont on reprendrait bien encore une petite part…








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CITE DE LA PEUR - LA

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Portrait de Lionel Jacquet

6

La parodie qui ouvre le film est savoureuse. Le reste ne plaira qu'à ceux qui aiment ce type d'humour. Ce qui est mon cas