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Le jeune savant Victor Frankenstein est persuadé que la science peut venir à bout de tout et même créer la vie. Il s'attèle à cette tache avec ardeur et crée à partir de morceaux de cadavres un être humain qui sera acculé par sa différence à la méchanceté.



L'adaptation du célèbre roman de Mary Shelley par Kenneth Branagh ("Henry V") est presque un cas d'école : elle montre en effet à quel point on peut trahir un roman tout en essayant de lui être fidèle. Cette version de Frankenstein est ainsi considérée comme l'une des plus proche de la lettre de l'oeuvre originale, mais va inexorablement s'en démarquer par un esprit diamétralement opposé à l'histoire sombre et cruelle de la romancière britannique.

On est ainsi très loin des "Frankenstein" et "La Fiancée de Frankenstein" de James Whale, ou de "Frankenstein s'est échappé !" et "La Revanche de Frankenstein" de Terence Fisher, qui prennent beaucoup plus de libertés avec le texte mais en conservent l'esprit. Ne cherchez pas ici la dimension dramatique entourant le monstre de Frankenstein, elle passera tout simplement à la trappe, évacué par la prestation horriblement théâtrale de Robert De Niro, malgré un maquillage très réussi.



On retrouve néanmoins de nombreux éléments communs au livre : l'introduction et la conclusion dans les glaces de l'arctique, le cadre historique et géographique, l'attachement du monstre à une famille démunie, sa volonté de trouver une compagne, et finalement sa vengeance. Mais Branagh évacue toute subtilité, multipliant les effets de réalisation ringard et insistant sur l'interprétation outrée de ses acteurs : il faut voir De Niro hurler face à la caméra, les poids serrés vers le ciel, qu'il se vengera de Frankenstein ! La progression de l'histoire est chaotique, et quand Branagh décide finalement de prendre un peu de marge par rapport au livre...c'est pour verser dans le gros bis, voire Z, qui tâche.



On a ainsi le monstre qui assassine de façon très sanglante Elisabeth, et Frankenstein qui, oubliant soudain toute retenue, choisit de la ressusciter façon puzzle. Une façon de faire définitivement exploser le grotesque de cette adaptation à côté de la plaque, ce qui ne surprend guère quand on s'aperçoit que le film est produit par Francis Ford Coppola, réalisateur de son côté d'un "Dracula" aux défauts similaires : après tout, le monstre de Frankenstein de Branagh n'est pas plus éloigné de l'original que le Van Helsing interprété par Anthony Hopkins, interprétation grandiloquente incluse...



Cette adaptation de Frankenstein est donc aussi proche du livre qu'elle en est éloignée. Malgré un casting prestigieux, où l'on retrouve notamment Robert De Niro (notre Gérard Depardieu nationalo-russe aurait refusé le rôle de la créature), Ian Holm ("Alien, le huitième passager", "From Hell") ou encore Helena Bonham Carter, le film semble surtout montrer que Kenneth Branagh et ses scénaristes (parmi lesquels Frank Darabont) ne savent absolument pas quoi faire du matériau d'origine, tentant d'abord de le transposer maladroitement avant de péter les plombs pour une dernière partie grotesque...








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