RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 4.7
(9 votes)
De retour sur Terre après avoir enfreint la règle consistant à ne pas se faire repérer par les indigènes, l'équipage de l'Enterprise fait face à la menace terroriste d'un certain John Harrison. Lors de la réunion dirigée par l'Amiral Marcus, plusieurs officiers sont blessés ou tués. Bien décidé à tenir sa vengeance, Kirk, se fait nommer pour une mission consistant à éliminer physiquement le terroriste...



De retour après avoir été à la base du relooking de la saga en 2009, J.J Abrams ("Star Trek 2009", "Super 8"), le réalisateur de la sphère des geeks, est toujours aux commandes. On est donc en terrain connu et le résultat s'avère être assez à la hauteur des attentes. Du bel ouvrage donc, mais qui reste un peu superficiel comme les techniques de réalisation d'Abrams qui se cherche un style personnel, mais cela se voit un peu trop. Pourtant tout démarre de manière spectaculaire avec une séquence pré-générique se déroulant sur la planète Nibiru et son volcan. Une véritable immersion démontrant que l'intérêt de la saga Star Trek est fortement relancé dès que l'on explore des planètes inconnues. Le nom de celle de Nibiru est un gros clin d’œil fait à la planète qui était annoncée comme devant débuter un nouvel âge en décembre 2012 ! Planète apocalyptique puisque Mr Spock se trouve en fâcheuse posture dans un volcan en éruption. Cette démonstration de prouesse pyrotechnique a certainement garanti aux détenteurs de la licence Star Wars qu'Abrams était le réalisateur de la situation.



La suite (à part le passage sur la planète Kronos), se déroule dans l'espace et sur Terre, l'occasion de passages addictifs de nouveau (l'apesanteur dans l'Enterprise, l'éjection dans l'espace, le crash sur Terre et l'une de ses mégalopoles). On peut donc là dire qu'Abrams concocte des séquences efficaces, et quoi d'autre attendre d'un Blockuster, dont c'est la finalité. Les Trekkies pur jus regretteront par contre que l'aspect philosophique soit délaissé, mais cela relève de la logique grand spectacle prise par la saga. On est quand même loin du film de Robert Wise, qui initia l'univers Star Trek. Plus prosaïque, le scénario – il faut avoir honnêteté de l'avouer –enchaîne les scènes d'action de manière régulière, tout en essayant d'y insuffler de l'émotion, car sans cela difficile pour le spectateur de s'attacher aux sorts de ses personnages. Mais comme pour «Super 8», le cinéma d'Abrams semble trop préfabriqué pour être sincère.



Pourtant, le sort de Pike (Bruce Greenwood: «Fusion», «Abîmes») permet à cette émotion d’être palpable, et même Mr Spock d'habitude vide de toute émotion arrive en quelques gestes à nous transmettre ce sentiment de tragédie dans laquelle cet épisode plus dark qu'habituellement nous plonge. L'interprétation de Zachary Quinto («American Horror Story saison 1 & 2») y est pour beaucoup, face à un Chris Pine, assez inexistant et manquant cruellement de charisme. Un reproche qui ne pourra pas être fait au méchant du film : Benedict Cumberbatch, échappé de la série «Sherlock», même si le doute sur ses motivations sera habilement amené lorsque surgira Peter Weller («Robocop» pour toujours!) avec un comportement trouble et troublant. Deux bad guys ?

Le scénario écrit à plusieurs mains – comprenant entre autres le scénariste dont la tête est mise à prix, à savoir Damon Lindelof ("Prometheus") – ne cherche pas vraiment à creuser la mythologie mais s'échine à creuser le sillon des références cinématographiques, ce qui est sympa mais montre les limites de ce revival de l'Enterprise. Car cet opus se place comme une sorte de miroir de «Star Trek 2 : la colère de Khan» auquel plusieurs clins d’œil sont envoyés (tout en étant inversés). Toujours sympa pour les fans.
On y trouve aussi des références à la culture SF: de "Robocop" à "Blade Runner", Abrams et son équipe de scénaristes connaissent leurs classiques et les y placent sans alourdir le récit de cette odyssée au bout des ténèbres.



Efficace avant tout, Star Trek Into Darkness est l'un des spectacles les plus intéressants en provenance d'Hollywood ces derniers mois. Ce qui ne l'empêche pas de rester en surface, et c'est fortement dommage car l'immersion est assez forte, grâce à une 3D bien utilisée. Mais il faudrait qu'Abrams sorte de son attitude de geek pour pondre enfin un film plus personnel car il ne fait aucun doute que le bonhomme a du talent, et c'est une matière assez rare par les temps qui courent.