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Un père de famille en pleine dépression tue sa femme et prend la fuite avec ses deux filles, Lily et Victoria, âgées respectivement de 1 et 3 ans. Désespéré, alors que ce dernier compte mettre fin à sa vie ainsi qu’à celle de ses filles, il disparait soudainement, attrapé par une force mystérieuse, laissant ses deux enfants abandonnés dans une petite cabane au fin fond de la forêt où il s’était réfugié. Cinq ans se sont écoulés avant que l’on ne retrouve les deux jeunes filles qui seront alors recueillies par leur oncle Lucas et sa compagne Annabel. Suivies par un psychiatre, les deux sœurs qui présentent à présent un comportement sauvage et primitif doivent réapprendre à vivre en communauté. Alors que ces dernières se réadaptent à cette vie citadine et familiale si longtemps oubliée, Annabel se rend rapidement compte qu’une présence maléfique et démoniaque accompagne les deux enfants…



Nouvelle production de Guillermo Del Toro ("cronos", "mimic", "Blade 2", "Hellboy", "l’échine du diable", "le labyrinthe de Pan"…), "mama" fut la révélation de la vingtième édition du festival Fantastic’Arts. Grand vainqueur de la compétition avec pas moins de trois récompenses (le Grand Prix, le Prix du Public et enfin le Prix du Jury Jeunes), le film d’Andrés Muschietti n’a laissé que très peu d’espoir à ses concurrents.
Doté d’une bande-annonce accrocheuse et jouant quelque peu de la célébrité de l’un de ses producteurs pour attirer les foules dans les salles du festival vosgien, ce succès n’est cependant pas démérité, loin de là.

Même si l’on pourrait peut-être regretter le manque d’inventivité dans les bases scénaristiques de "mama" (une nouvelle histoire de fantôme, les motivations de ce dernier, quelques séquences vues et revues…), ce défaut est rapidement gommé par quelques touches d’originalité qui viennent agrémenter cette histoire de bien belle façon et apportent du sang neuf dans cette catégorie filmique grandissante.



Doté d’un rythme particulièrement efficace (aucun temps mort, intrigue palpitante avec des courses-poursuites dans les couloirs de la maison familiale haletantes, des apparitions fantomatiques frissonnantes…) et d’une ambiance oppressante à souhait (la cabane dans les bois délabrée et peu accueillante, le sombre placard où se cache l’esprit, une musique parfois angoissante, les cris et discussions inquiétantes des enfants quand ces derniers sont seuls dans leur chambre…), "mama" nous tient en haleine jusqu’à un dénouement final effectivement quelque peu convenu mais présentant quelques variantes qui évitent au film de tomber dans le déjà vu et ainsi lui permettent de se distinguer des autres productions du genre une fois de plus.

Car l’ambiance est bel et bien une donnée d’entrée que Guillermo Del Toro n’omet jamais dans la réalisation ou la production de l’un de ses films, que l’on ait en face de soi une histoire de fantômes, de monstres, de super-héros ou encore de drame familial. Et notre réalisateur-producteur mexicain a souvent eu cette faculté de s’entourer de personnes avec qui il sait qu’il aura un produit de qualité, notamment en ce qui concerne l’ambiance, l’atmosphère. Que nous parlions de "l’échine du diable", de "l’orphelinat", du "labyrinthe de Pan", ou plus récemment de "don’t be afraid of the dark" et de "mama", nous savons pertinemment que nous allons être plongés dans cette ambiance envoutante, prenante du début à la fin.

Une ambiance renforcée dans "mama" par cet esprit hideux capable de se mouvoir dans diverses positions, de disparaitre et apparaitre à tout moment, de se déplacer très vite et même de prendre l’apparence de l’une de ses victimes! A y repenser, cet esprit fait froid dans le dos et les quelques scènes le montrant en pleine fureur sont palpitantes et oppressantes à souhaits. Un fantôme que l’on ne voit d’ailleurs dans la première moitié du film qu’en infimes parties (un bout dans un coin de pièce, au plafond…) ou alors de manière floutée, jusqu’à finalement se dévoiler de la tête au pied et distinctement dans des scènes parfois chocs qui en feront sursauter plus d’un(e)s.



Comme bon nombre de films réalisés ou produits dernièrement par Del Toro, on s’attend souvent comme déjà dit plus haut à une ambiance particulière (inquiétante, frissonnante, glauque…Et d’autant plus palpable quand le seul homme à la maison va se retrouver hospitalisé, laissant alors sa compagne seule avec les deux enfants et cet esprit démoniaque), mais également à des décors et une photographie exemplaires (de beaux jeux de lumière notamment), une intrigue très souvent centrée sur des esprits/monstres et des enfants (de l’émotion, un drame familial), mais aussi une histoire qui tient la route sans jamais être dévoilée entièrement trop facilement (quelques réflexions lors du film ou en sortie de salle sont parfois nécessaires, quelques petits détails revenant parfois pour nous aider à comprendre au mieux le scénario).
Et là encore, nous sommes face à cette petite « liste de courses » made in Del Toro pour "mama", mis à part peut-être ce qui concerne le scénario : ce dernier s’avère cette fois-ci relativement accessible à toutes et tous et ne devraient pas trop exercer de pressions sur les méninges du spectateur Lambda en sortie de projection.

Soulignons également un casting de très bonne facture, mené tambours battants par une Jessica Chastain alors en pleine ascension, notamment grâce aux séries télé. N’oublions surtout pas de parler des deux fillettes qui jouent merveilleusement bien leurs rôles, et Dieu seul sait comme votre rédacteur est parfois intransigeant avec les jeux d’acteurs des enfants, principalement quand ces derniers sont au centre d’une intrigue angoissante (il est si facile, lors de faux pas dans l’interprétation, de faire pencher rapidement la balance).
Après une première approche très effrayante (on découvre des enfants revenus à l’état sauvage : grimaçants, sales, se tenant en hauteur comme des primates et prêts à vous bondir dessus), les deux fillettes alors en rééducation continueront de nous intriguer et de nous faire frissonner de par leurs attitudes, leur comportement (Lily, la plus jeune, avec ses petits sourires de coin, ses petits rires effrayants et pourtant si innocents), ou encore leurs mystérieux dessins.

Les adultes sont certes moins mis en valeur dans le long-métrage d’André Muschietti mais là aussi nous apprécions la justesse de leurs interprétations respectives : aucun rôle n’est sur-joué et tous tiennent la route (Lucas et Annabel apprennent à vivre en tant que parents adoptifs tandis que le psychiatre essaye de comprendre ce qui cloche autour des deux fillettes). On pourra peut-être reprocher des réactions quelque peu étranges chez certains adultes comme par exemple le fait d’aller en forêt en pleine nuit plutôt que d’attendre qu’il fasse jour (histoire bien-entendu d’apporter un petit plus à l’ambiance du film...) mais bon n’allons pas chercher la petite bêbête car "mama" ne mérite vraiment pas ce type de traitement.



Intéressant, beau esthétiquement, rythmé, bien interprété, tantôt émouvant et tantôt oppressant, il est assez difficile de trouver des défauts (en tout cas flagrants) à "mama". A l’inverse de certains Grands Prix de Fantastic’Arts parfois tombés quelque peu dans l’oubli ("la mariée aux cheveux blancs", "Thomas est amoureux", voire même plus récemment "norway of life" et "babycall"…), il est certain en tout cas que le film d’Andrés Muschietti restera dans les mémoires de beaucoup d’entre vous.








Du même réalisateur :

CA (2017)

Décevant

Portrait de Steeve Raoult

3

Pas désagréable mais terriblement frustrant, le film se contente finalement de reprendre les poncifs du cinéma d'épouvante espagnol de ces dernières années. L'absence de surprise, combinée à une ambiance gâchée par ces éternels jump-scares inutiles et un spectre loupé, risque de ne faire de Mama qu'un film d'épouvante parmi tant d'autres, dont le principal défaut est d'arriver des années trop tard...