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Auteur
Jacques Sadoul

Editeur
J'ai Lu

Date de sortie
1960

Nombre de pages
190

Langue
Français

Couleur
Non



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Depuis près de sept siècles, Joachim Lodaüs vit seul dans le manoir du domaine de R., en compagnie d'un chat noir aux yeux de soufre — qui a nom Aï-d'Moloch. Le domaine de R... où seuls quelques buissons poussent sur un sol craquelé, lunaire, où l'air semble chargé d'effluves électriques. Vers cette terre maudite, une jeune fille en vacances, Josette Rueil, se sent pourtant attirée. Par une force inconnue. Etrangement, après chaque visite, tout souvenir s'efface...
En revanche, des rêves souvent érotiques viennent obséder ses nuits, des cauchemars bientôt — où lui apparaît la terrible vérité des heures vécues au manoir. Jusqu'à l'insoutenable révélation qui va la conduire au suicide.
Aux yeux de Joachim Lodaüs cependant, cette mort terrestre n'est rien, le vrai destin de Josette commence...

L'AVIS

Né en 1934, Jacques Sadoul a toujours adoré les univers mystiques, la science-fiction et les intrigues policières. C'est en 1960, alors qu'il n'est âgé que de 25 ans, qu'il écrit "La passion selon Satan", premier volume d'un tryptique connu sous le nom de "Le domaine de R." et dont les deux volumes suivants, "Le jardin de la Licorne" et "Les Hautes Terres du Rêve" ne seront rédigés respectivement qu'en 1977 et 1979.

Avec "La passion selon Satan", Sadoul veut rendre hommage aux écrivains de SF qu'il adule et plus particulièrement à l'un d'entre-eux : H.P.Lovecraft, célèbre romancier à qui l'ouvrage est dédié. Les fans de l'auteur précité seront effectivement en territoire connu et devraient pleinement apprécié "La passion selon Satan". Le récit fait en effet la part belle à la sorcellerie, aux rituels magiques, à la pratique de la magie noire et nous invite à découvrir des univers mystérieux et inconnus, du moins pour le commun des mortels.

La grande force de ce premier roman est son style. Direct, incisif, l'histoire présentée à travers quatre parties distinctes mais complémentaires bénéficie d'une écriture agréable, précise, jamais ennuyeuse. Elle est portée par des chapitres ne comportant que quelques pages, ce qui en rend la lecture aisée.

Jacques Sadoul ne s'enlise jamais dans d'interminables descriptions et préfère miser sur l'avancement du récit, ce qui a pour effet d'emmener le lecteur avec lui.

Les quatre parties qui composent l'histoire nous présentent chacune différents personnages, qui sont autant de "pions" qu'on déplace et qui interagissent entre eux.

On trouve Josette, jeune fille sans histoire, qui se met soudainement à faire des cauchemars et qui se retrouve sans savoir comment dans le domaine de R. Elle fait la connaissance par la même occasion de Joachim Lodaüs, alchimiste et sorcier désirant devenir immortel. Le destin de la jeune fille va servir ses plans.

Dans la seconde partie, le lecteur fait la connaissance de Didier Chaptal, un ami de Josette. Désirant comprendre pourquoi la jeune fille s'est suicidée, son enquête va le mener à découvrir l'existence du "Monde des Rêves", sorte d'univers parallèle dans lequel il se liera d'amitié avec Mylène, une nymphe.

La troisième partie nous présente Marthe et Hélène, deux copines qui cherchent à découvrir quels mystères se cachent dans le domaine de R. et qui veulent en savoir plus sur le suicide de Josette et la disparition de Didier Chaptal.

La dernière partie remet en scène Joachim Lodaüs et nous explique le pourquoi des parties précédentes.

"La passion selon Satan", c'est 190 pages qui évoquent des mondes extraordinaires et qui nous plongent dans l'univers tant apprécié de Lovecraft mais ce n'est pas la seule référence que le lecteur appréciera de retrouver au fil des pages. Lewis Carroll ou Tolkien seront aussi de la partie, le récit prenant diverses bifurcations, allant du conte féerique à l'Héroïc Fantasy par exemple.

Un premier roman où Jacques Sadoul a laissé parler son imaginaire et a mis ses centres d'intérêts au coeur d'un récit intriguant et souvent fascinant.

4/6 - Stéphane Erbisti