RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3.3
(4 votes)
Lorsqu'une mystérieuse créature terrorise un village à la nuit tombée, le jeune Daniel rejoint une équipe de chasseurs expérimentés pour la traquer. Alors que les villageois sont attaqués les uns après les autres et transformés en bêtes enragées, Daniel commence à craindre que son impitoyable ennemi ne soit en réalité un de ses proches...



Parmi le bestiaire du cinéma fantastique, toutes les créatures n’ont pas le même succès. Si le zombie reste un classique indémodable, la tendance est actuellement au vampire, décliné à toutes les sauces depuis quelques mois. Le loup-garou évolue quant à lui, depuis plusieurs années, dans l’ombre des suceurs de sang, souvent relégué au simple rang d’ennemi à abattre quand il n’est pas purement ridiculisé sous la forme d’un type se transformant en gros chien et se balladant le reste du temps à moitié à poil. Certes, il reste quelques tentatives, plus (la trilogie "Ginger Snaps") ou moins réussies (le moyen "Wolfman" de Joe Johnston, horriblement scolaire), mais globalement, le lycanthrope n’a pas la côté. C’est donc avec une certaine surprise, mais aussi un peu d’espoir, que l’on voit arriver ce "Werewolf".



Réalisé par Louis Morneau, à qui l’on doit notamment "Hitcher 2", "Carnosaur 2" ou "Bats la nuit des chauve-souris", le film se déroule au dix-neuvième siècle, dans un petit village typique où l’unique distraction semble être de se bourrer la gueule avant d’aller aux putes. Ce cadre semble n’avoir qu’une seule utilité : renvoyer directement aux classiques du genre de la Universal ("Le Loup Garou"), qui produit d’ailleurs ce "Werewolf", ou de la Hammer ("La Nuit du loup garou"). D’ailleurs, Louis Morneau va se borner pendant presque tout le film à mettre en image les situations archétypales du genre, de la chasse dans la forêt à la paranoïa des villageois, de l’erreur sur l’identité de la créature aux explications données par les gitans, qui savent toujours tout et sont forcément des suspects tout indiqués.



Ces éléments vont surtout handicaper le film dans la mesure où le spectateur n’a pas grand chose d’autre à se mettre sous la dent. L’enquète sur l’identité du loup-garou tourne court, puisqu’on la devine bien avant les personnages. Des personnages qui auraient d’ailleurs pu être hauts en couleurs, notamment la troupe de chasseurs de lycanthropes, mais qui resteront pour la plupart en retrait. Dommage, d’autant que le film privilégie certaines figures peu passionnantes, du chef des chasseurs sans relief à son bras droit agaçant. Les scènes d’attaques manquent quant à elle clairement d’intensité, la plupart des attaques se déroulant hors-champ et le monstre restant relativement discret malgré le nombre de victimes. Dernier défaut, assez prévisible : les effets spéciaux. Si on ne s’attendait guère à des transformations semblables à celles de "Hurlements" ou "Le loup garou de Londres", on regrettera néanmoins ces effets numériques parfois très moches, qui enlèvent toute crédibilité à la créature.



Du côté des acteurs, on pourra reconnaitre Steven Bauer ("Scarface", "L’esprit de Caïn", "Mutants") et Ed Quinn ("Starship troopers 2 : héros de la fédération", "House of the dead 2"), et l’on de voir Guy Wilson, sans doute inspiré par les prestations de Taylor Lautner dans la saga "Twilight", se mettre torse nu dès que possible. Ils sont néanmoins tous bien fades en comparaison de Adam Croasdell, qui profite de l’exposition de son personnage pour en faire des tonnes. Le reste du casting souffre quant à lui du manque total d’exposition des personnages secondaires, principalement là pour servir de proies au loup-garou ou pour augmenter le nombre de suspects potentiels...

"Werewolf : la nuit du loup-garou" ne viendra donc pas redonner ses lettres de noblesses à une créature décidément maudite. Faute d’un scénario passionnant, de personnages intéressants ou de passages réussis, le film ne décolle jamais du simple hommage à ses aînés, dont il n’atteint à aucun moment la cheville.