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Durant la guerre civile, Abraham Lincoln apprend qu'une menace pèse sur l'avenir des États-Unis : une armée de morts-vivants sudistes erre sur la surface du continent. En passant derrière les lignes ennemies, le Président se donne pour mission de détruire les zombies...



Décidément, en cette année 2012, ce brave Abraham Lincoln est sur tous les fronts. Car avant d’affronter des vampires dans le bien nommé "Abraham Lincoln : chasseur de vampires" ou d’emprunter les traits de Daniel Day-Lewis pour Steven Spielberg, le seizième président des Etats-Unis est passé chez nos amis de The Asylum pour sauver le monde d’une invasion de zombies. Car évidemment, le concept du film de Timur Bekmambetov ne pouvait laisser indifférent le studio roi du détournement de blockbuster, qui va nous offrir une nouvelle interprétation de la vie de Lincoln et de certains événements historiques.



Oubliez donc tout ce que vous savez : si sa mère est bien morte quand Abraham était encore enfant, il l’a en fait lui-même décapitée d’un coup de faux parce qu’elle était devenue un zombie. Son père avait quant à lui choisi de se suicider quelques minutes auparavant. Et le discours de Gettysburg, vous pensiez qu’il faisait suite à la bataille du même nom ? Grossière erreur, il a été prononcé après une lutte acharnée entre un groupe d’hommes de l’Union et une armée de zombies. Et je préfère ne pas vous parler de l’assassinat de Lincoln...

Car le film réalisé par Richard Schenkman va s’amuser à reprendre des détails historiques et des personnages ayant réellement existé, et va surtout aller au bout de son délire. Ainsi, aux côtés d’Abe Lincoln, on va retrouver John Wilkes Booth (le futur assassin du président), Pat Garrett (l’homme qui abattra Billy the Kid), le tout jeune Theodore Roosevelt ou encore le général confédéré Stonewall Jackson en fin de vie, amputé d’un bras et souffrant d’une pneumonie, tous réunis dans le Fort Pulaski, l’un des sites de bataille de la Guerre de Sécession. Tout ceci donne un côté assez jouissif à l’entreprise, d’autant que les personnages n’hésitent pas à décapiter les morts-vivants.



Hélas, tout n’est évidemment pas rose, et le film est rempli de nombreux défauts qui finissent par le rendre pénible à suivre. Les acteurs, cachés derrières leurs fausses moustaches, sont ainsi particulièrement mauvais, à l’exception peut-être de Bill Oberst Jr. dans le rôle titre (un acteur qu’on l’on connait notamment pour avoir interprété le stalker dans l’application facebook Take this lollipop). Les effets spéciaux sont régulièrement ratés et les zombies vraiment très laids, mais tout ceci n’est rien en comparaison d’un scénario faisant la part belle au répétitif et aux incohérences.

Tenez, alors que les personnages veulent anéantir toute présence zombie, ils prennent bien soin, lors de leurs premières sorties, d’épargner la plupart d’entre eux. Pourquoi ? Sans doute parce que, comme il fait nuit, les morts-vivants dorment (ils ne seront pas beaucoup plus actifs le jour) et sont donc inoffensifs. Le soldat de l’Union est vraiment fair-play. Tellement fair-play que, lorsqu’il traverse une voie ferrée pour échapper aux monstres, il décide en voyant un train arriver de...courir sur les rails, et donc de mourir. Le film est surtout horriblement répétitif, ne proposant que deux types de scènes : les discussions explicatives lourdes et les scènes d’action à l’extérieur. Croyez-le ou non, mais voir des acteurs médiocres massacrer à l’outil de ferme du zombie en costume d’époque sur une énième utilisation de When Johnny comes marching home, ça finit par lasser ! On n’échappera évidemment pas aux éternelles ficelles du film de zombies, du sacrifice héroïque à l’allié infecté, mais on remarquera que les hommes du président Lincoln ont au moins compris qu’il fallait tirer dans la tête, et les bougres visent sacrément bien.



Ainsi, l’affrontement entre Abraham Lincoln et des zombies ne va guère plus loin que le sourire entendu à la lecture du titre. Si l’on s’amusera du côté décalé de cette uchronie délirante et des détournements historiques qu’elle comporte, on s’ennuiera rapidement devant un film mou et répétitif, tiré vers le bas par ses acteurs et son scénario. Comme souvent chez The Asylum...








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