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En Espagne, un groupe de jeunes personnes découvrent un jeu nommé Mamba. Curieux face à cette antiquité, qui promet d’exaucer n’importe quel voeu du gagnant, ils décident d’y jouer. Mais ce jeu à une particularité : les joueurs ne s’affrontent pas entre eux, mais font face au jeu lui-même : ils peuvent ainsi dans l’idéal tous gagner, mais dans le pire des cas tous perdre. Ils vont rapidement découvrir que Mamba est un jeu maudit, et que les personnes qui perdent subissent un terrible sort dicté par les cartes «épitaphe».



«Tiens, un Jumanji horrifique !». Telle a été ma première réaction lorsqu’après quelques minutes, le film me révélait ses enjeux. Et effectivement, ça ressemble drôlement au film qui mettait en scène Robin Williams et la toute jeune Kirsten Dunst : un jeu maudit qui fait courir de graves périls à ses participants, en important dans le réel les événements créés par le jeu. Une trame également reprise par un "Stay alive" de sinistre mémoire. Ici, c’est par l’intermédiaire de cartes «Epitaphe» (l’équivalent des cartes Chance au Monopoly) que le sort des joueurs tombant sur une case "Open Graves" est scellé, un sort forcément funeste. Aussi, si vous tirez une carte dont le texte est «la salamandre vit entre deux mondes, à la différence du crapaud cornu ; une honnête créature surgie des mers vous attend près du talus ; vae victis», ne vous attendez pas à passer par la case départ ou à gagner 20.000 francs (oui, mon Monopoly est encore en francs) : c’est la mort qui vous attend, et elle ne sera pas belle.



La trame du film est on ne peut plus simple : tout d’abord le héros découvre le jeu, puis un groupe d’amis décide d’y jouer (car on peut être jeune et beau, s’envoyer des litres de bière et s’envoyer en l’air avec le premier venu, et pourtant choisir de se poser tranquillement autour d’un jeu de société pourri). Quelques uns perdent et quelques heures plus tard l’un d’eux est retrouvé mort. Jusque là, peu de soupçons, sauf bien sûr de la part de l’héroïne qui trouve suspecte la coïncidence entre les circonstances de la mort et le contenu de la carte. Le jeu continue jusqu’à ce que d’autres joueurs ne meurent et que les survivants se retrouvent face à l’évidence : le jeu est maudit. Et à votre avis, comment tout ceci se termine ? Eh bien, après avoir tenté en vain de détruire le jeu, les héros devront le finir pour tenter de tout faire rentrer dans l’ordre et d’obtenir enfin le fameux voeu.

Un scénario cousu de fil blanc donc, ce qui n’empêche pas le film de miser en grande priorité sur le déroulement de son histoire. Aussi, alors que je m’attendais à ce que tout ça soit prétexte à du massacre en bonne et due forme, le film n’en comporte pas tant que ça ou du moins, aucun réellement marquant. En fait, le passage le plus vicieux se retrouve dans l’introduction et pour le reste, à l’exception d’un accident de voiture, c’est assez gentillet. En fait, certains de ces passages font surtout penser à la saga des "Destination finale" par le côté «accident provoqué par une force supérieure». On notera en tout cas que les effets numériques sont complètement loupés (mon dieu, ces serpents...) alors que les maquillages restent plutôt honnêtes.



Tourné en Espagne, pays particulièrement prolifique ces dernières années au niveau de l’horreur et de l’angoisse, "Open graves", premier film en tant que réalisateur de Alvaro de Arminan, jusque là assistant réalisateur, jongle avec les références, hésitant entre l’univers vaudou, la sorcellerie pure et simple, la malédiction et l’héritage de l’Inquisition espagnole, et nous citant Poe ou encore le Necronomicon. On pense d’ailleurs fortement à l’ouvrage fictif cher à Lovecraft lorsque l’origine du jeu nous est décrite : en effet, le plateau et les pièces ont été réalisées avec la peau et le sang d’un sorcier, exécuté pendant l’Inquisition. L’occasion de nous offrir une petite introduction se déroulant pendant cette période de l’histoire espagnole, ce qui donne une petite ambiance qui me plaît toujours beaucoup (même si évidemment, on reste loin des atmosphères de Ossorio et de ses templiers).

Si le réalisateur nous est inconnu, ce n’est pas le cas des deux têtes d’affiche. On retrouve d’abord Eliza Dushku, la brune incendiaire de "Buffy contre les vampires" qui nous gratifie régulièrement d’apparitions dans les productions fantastiques : "Détour mortel", "The Alphabet killer" ou encore les séries "Angel" ou "Tru Calling". Dans le rôle d’Erica, une américaine amatrice de surf, l’actrice d’origine Albanaise (tiens, elle aurait pu jouer dans "Tirana 3D"...hum...pardon) ne brille certes pas. Mais ne me demandez pas de la critiquer, elle fait partie de ces femmes pour lesquelles mon objectivité avoisine le zéro. Même quand elle joue comme mes pieds. A ses côtés, on retrouve Mike Vogel, déjà apparu dans le remake de "Massacre à la tronçonneuse" et dans "Cloverfield", et qu’on a failli voir dans "X-Men, l’affrontement final"» (il a renoncé au rôle d’Angel au profit du premier rôle dans "Poséidon") et qui fut un moment dans la course pour obtenir le rôle titre du futur "Captain America". Il interprète ici un jeune homme plutôt réservé, aux réactions parfois étranges (il faut le voir ignorer les appels à la luxure de Dushku et préférer flirter façon collège pour le croire), parfois vraiment stupides (son voeu est peut-être le plus con qu’il lui était possible de faire). Pour le reste du casting, pas grand chose à en retenir en dehors d’acteurs principalement vus dans les séries américaines.



S’il ne réinvente rien du tout, suivant les traces d’un "Jumanji" avec une touche horrifique, "Open Graves" reste malgré tout un film sympathique, le jeu faisant régulièrement des victimes. On regrettera bien sûr une absence globale d’originalité ou de scène véritablement marquante, et il ne dépassera pas le simple statut du film «pop-corn», qui sera sans doute oublié aussi rapidement qu’il sera vu.








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