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Des contrebandiers, menant un trafic d'animaux vivants, introduisent en Allemagne un crocodile. Mais les transactions avec leurs partenaires échouent et le dangereux animal se retrouve en liberté dans le Danube. Quelques jours plus tard, Anne, une charmante médecin légiste, découvre dans les égouts de la ville une biche tuée par le saurien. Elle se confie à Benoît, un journaliste, qui lui conseille de s'adresser à un spécialiste. Elle le trouve en la personne de Mitch, un macho incapable de s'occuper de sa fille en pleine crise d'adolescence. Malgré leurs caractères très opposés, Anne, Mitch et Benoît décident de faire équipe...



Dans la grande famille du film «horrifique» mettant en scène un animal dangereux, deux espèces se taillent la part du lion : le requin et le crocodile. Pas une année ne s’écoule sans que ces créatures ne fassent le bonheur des amateurs, dans des films souvent fauchés et qui se contentent généralement de reprendre encore et toujours les mêmes recettes avant de terminer dans les bacs à 1euro de nos magasins. Ainsi, si le «shark-movie» reste le genre le plus prolifique, le «croco-movie» a envahi nos écrans ces derniers temps, avec comme porte-drapeau récents des films comme «Solitaire», «Black Water», «Primeval» ou encore «Lake Placid 2». C’est donc dans un marché déjà bien rempli que débarque ce «Crocodile Alert» débarque, DTV allemand avec un synopsis qui ne laisse rien imaginer de très original.



Forcément, tout cela ne laisse rien envisager de bon : les séries B animalières flirtent souvent avec la nullité totale, réussissant au mieux à nous amuser devant leur médiocrité. Et pourtant, surprise : «Alerte au crocodile» va effectivement nous amuser, mais ce sera de façon totalement volontaire ! En effet, le film va s’amuser ici avec les codes du genre et appuyer très fortement sur les clichés. Au premier rang, on trouve donc le scénario, qui va reprendre les grandes lignes que l’on peut retrouver dans de nombreux films : ici, l’introduction d’une créature hostile au sein d’un environnement qui ne lui est pas familier et qui la met en contact avec une population insouciante. Un aspect qui fera par exemple penser à «Piranhas» par exemple. Le crocodile se retrouve ainsi très loin de chez lui, puisqu’il débarque dans le Danube, s’aventurant dans les eaux du fleuve autant que dans les égouts (un clin d’oeil à la légende urbaine selon laquelle des alligators vivraient dans les égouts de certaines grandes villes américaines ?).

Mais surtout, là où le film joue à fond le jeu de la caricature, c’est au niveau des personnages. Le personnage principal, Mitch, renvoie directement à «Crocodile Dundee» : la maturité décontractée, charmeur, un brin macho...Il est en conflit avec sa fille adolescente, dont il n’a pas le temps de s’occuper vraiment, trouvant néanmoins le moyen d’interférer avec sa vie amoureuse. L’actrice principale campe quant à elle un médecin légiste, Anne, réduite aux tâches les plus ingrates pour espèrer progresser dans la hiérarchie un jour. D’apparence plutôt froide, on s’apercevra rapidement qu’elle a un tempérament complètement différent. Evidemment, selon les lois de la parodie, les deux personnages se chercheront constamment pendant le film, se tournant autour, flirtant rapidement avant de s’envoyer ballader. L’art et la manière de tourner en dérision la tendance régulière qu’ont les films du genre à mettre en couple les deux héros que tout opposait pourtant au départ. A côté de ces personnages, on retrouve les méchants, évidemment bien caricaturaux et prêts à tout pour arriver à leurs fins, souvent maladroits, souvent un peu ridicules aussi. Enfin, citons le personnage de Benoit, journaliste homosexuel qui s’enverrait bien Mitch et qui réunit tous les stéréotypes de la plus folle des folles.



Autour de ces personnages, le film va surtout jouer la carte de l’humour (comment pourrait-il en être autrement). Evidemment, la relation entre Anne et Mitch est au centre, avec quelques gags récurrents (la main aux fesses) et quelques situations cocasses. On pensera notamment à la scène où Mitch doit intervenir auprès de Anne qui vient de se faire mordre par un serpent. La relation entre le père et sa fille réserve également quelques passages assez amusants. Le tout ne vole pas toujours très haut, mais tous ces gags réguliers permettent de passer un bon moment. Je regrette simplement la présence du personnage homosexuel, qui devient rapidement irritant.

Evidemment, il ne faudrait pas en oublier le crocodile. Et c’est sans doute là que vient le défaut majeur du film à mes yeux. S’il est étonnamment bien fait, aussi bien dans sa version numérique que dans sa version mécanique, il brille surtout par sa frustrante paresse. En effet, les attaques se font très rares pendant le film, les victimes se concentrant principalement dans les dernières minutes. La volonté de faire une parodie accessible à toute la famille prend ainsi le pas sur le côté horrifique et, même si le film est plutôt rythmé, on regrettera cette timidité du saurien. D’autant que les paysages sont vraiment sublimes, le Danube n’ayant vraiment rien à envier aux lacs nord-américains habituellement théâtre des péripéties crocodiliennes.



Finalement, «Alerte au crocodile !» est une bonne surprise. Alors que l’on pouvait s’attendre à un énième nanar animalier, on se retrouve avec une gentille parodie du genre, préfèrant l’humour à l’horreur. Aussi, on suivra plus les personnages que le crocodile, ce qui en décevra peut-être plus d’un notamment au vu du faible nombre d’attaques. Evidemment, le tout ne vole pas forcément très haut, mais on s’amusera régulièrement devant le film, sauf que pour une fois, c’est complètement volontaire !








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