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Veuve, Sarah vit seule dans son pavillon, attendant l’arrivée très prochaine d’un heureux évènement. Encore une nuit à passer avant de donner naissance à son bébé. Mais c’est sans compter sur la visite mystérieuse d’une dame, toute de noir vêtue, prête à tout pour lui arracher l’enfant qu’elle porte en elle…



Alors que le cinéma d’horreur français est en pleine renaissance depuis l’arrivée de "haute tension" d’Alexandre Aja, deux jeunes réalisateurs décident également de se lancer dans l’aventure et donnent naissance à l’un des plus gros films coup de poing français du cinéma de genre lors de cette première décennie.
Boostés par des titres références du cinéma horrifique qu’ils ont en tête depuis plusieurs années (et sur lesquels nous reviendrons plus tard), Julien Maury et Alexandre Bustillo vont nous livrer en 2007 "à l’intérieur", un film mêlant thriller horrifique et fantastique, très sanglant et teinté d’une ultra-violence à toute épreuve.

Partant sur des allures de thriller horrifique, pour ensuite aller côtoyer les films de tueurs fous et autres giallos/slashers et enfin verser dans le fantastique, "à l’intérieur" réussit à nous tenir en haleine du début à la fin. Un rythme soutenu permis notamment par un casting de très bonne facture, des rebondissements et des scènes d’action en pagaille ainsi qu’une tension bien présente tout au long du film.
En moins d’1h20, nos deux jeunes réalisateurs nous plongent dans un cadre des plus inhospitaliers distillant des passages très rudes, oscillant entre scènes très sanglantes et ultra-violence. Radical, violent, malsain : tant de mots pour qualifier cette petite perle du cinéma de genre francophone dont on retiendra plus particulièrement le qualificatif « intense ». Intense pour les frissons qu’il génère, pour les peurs qu’il suscite, pour les gerbes de sang qu’il distille, pour les confrontations très physiques auxquelles nous assistons et pour ce côté immoral qu’il propage.



Amoureux des slashers et plus particulièrement d’"halloween" de John Carpenter, Julien Maury et Alexandre Bustillo souhaitaient au départ partir dans ce genre très en vogue dans les années 80 et relancé dans les années 90 par "scream" de Wes Craven. Mais c’est sans compter sur un tas d’autres références au cinéma de genre qui les feront basculer vers un pot pourri fort bien assemblé et orchestré. En effet, avec comme références des titres comme "halloween" (pour le côté huis-clos et tueur fou mystérieux), "calvaire" et "maléfique" (pour cette perception du fantastique ancré dans le réel), "haute tension" (pour les bases communes de départ et l’hémoglobine versée) ou encore "les innocents", "ténèbres" et "mort un dimanche de pluie", les producteurs étaient en droit de s’attendre à un résultat explosif. Et ils l’ont eu!

"A l’intérieur", c’est aussi un duo d’actrices d’exception. A commencer par une Béatrice Dalle (dont nos deux jeunes réalisateurs étaient loin d’imaginer la participation au projet) époustouflante dans ce rôle de tueuse violente, sadique et sanguinaire mais également envahie par un chagrin et une tristesse moteurs de cette volonté qu’elle a de s’accaparer l’enfant de notre jeune héroïne. Une performance d’actrice remarquée par nos réalisateurs qui constatent que le personnage que Béatrice Dalle incarne est bien plus poignant que celui du scénario original! Et n’oublions pas Alysson Paradis, dans le rôle de Sarah, véritable proie hystérique, tellement ancrée dans son personnage que cette dernière ne parvenait parfois plus à canaliser ses émotions sur le plateau diront plus tard certains membres de l’équipe.
Ajoutons à ce duo féminin de bons seconds rôles (dont l’actrice Nathalie Roussel mais aussi Nicolas Duvauchelle qui avait déjà été confronté à Béatrice Dalle dans "trouble every day" soit dit en passant), ces derniers apparaissant au compte-gouttes dans le film, rajoutant ainsi un peu de piment (et d’hémoglobine sur le carrelage) à l’histoire, chaque personnage s’avérant être une potentielle menace pour notre tueuse sanguinaire.



Concernant les effets spéciaux et autres maquillages, là-aussi nous ne pouvons que féliciter l’équipe du film. Julien Maury et Alexandre Bustillo l’avaient annoncé d’emblée : afin de ne pas tomber dans un thriller horrifique commun et peu mémorable, il faut marquer les esprits et se différencier avec ces aspects sanglants et ultra-violents. Et chose promise chose due : "à l’intérieur" fait mal, très mal. Coups de couteau et de ciseaux (à des endroits particulièrement sensibles), head shoot, énucléation… Tout y passe pour finir par une scène difficilement soutenable dont je n’en dirai pas plus (bah oui, je vous laisse découvrir le film).
De même, les maquillages demeurent de très bonne facture (visage brûlé, cicatrices et plaies sanglantes…), certains ayant demandé plusieurs heures de confection (4h30 par exemple pour le visage brûlé de Béatrice Dalle).

C’est radical : ça charcute sec et ça trisse dans tous les sens mais sans pour autant verser dans le grand-guignolesque, le réalisme étant l’une des marques de fabrique des effets spéciaux du film (mis à part un élément purement fantastique et jubilatoire incrusté dans la toute dernière partie du film). Tantôt faits-mains, tantôt numérisés, les effets sanglants sont de très bonne qualité et témoignent de cette volonté des producteurs d’embaucher des professionnels au son, à la musique (et quelle musique de fin!), au décor et aux effets spéciaux afin que ces derniers puissent appuyer nos jeunes réalisateurs encore peu expérimentés dans ce domaine.



Au final, rares sont les défauts que l’on pourra trouver au film de Julien Maury et Alexandre Bustillo (mis à part peut-être cette sorte de zombie intervenant en dernière partie de film). "A l’intérieur" est un véritable film coup de poing au rythme haletant et au casting de très bonne facture. Radical, intense, ultra-violent et particulièrement sanglant, voilà bien un petit film que nous ne sommes pas prêts d’oublier!








Tape au fond, y a un bouchon

Portrait de Lionel Jacquet

4.02

De "belles" séquences intenses et gores et une séquence finale à montrer à toutes les futures mamans. Dommage que le scénario ne soit qu'un prétexte et que certains acteurs fassent franchement amateurs dans leurs prestations.