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Essayant tant bien que mal de concilier son travail avec sa vie de famille après le décès de sa femme, l’inspecteur Breslin se voit confronté à des meurtres pour le moins barbares, qui semblent être inspirés par les "Quatre Cavaliers de l’Apocalypse" de la Bible…



Jonas Akerlund, ancien batteur du groupe de black métal culte "Bathory" à leurs débuts, n’est pas spécialement un habitué des longs-métrages puisqu’il n’a quasiment œuvré que dans la réalisation de clips-vidéo, pour des artistes comme Madonna, U2, Metallica, Prodigy, Moby ou Blink 182. C’est en 2002 qu’il s’essaie au film pour le cinéma avec "Spun", qui met en scène Mickey Rourke, Mena Suvari, Brittany Murphy ou encore John Leguizamo. Il faudra attendre 2009 et Les Cavaliers de l’apocalypse pour le retrouver aux commandes sur un long-métrage. Bien lui en a pris puisque son film est un des meilleurs thrillers des années 2000, qu’on rangera à côté de "Seven", "Saw" et du culte "Le Silence des Agneaux". Rien que ça !

Injustement ignoré lors de sa sortie dans nos salles, critiqué et attaqué par la presse, Les Cavaliers de l’apocalypse a tout de l’œuvre maudite qu’il va vite falloir réhabiliter !

Alors oui, les cinq dernières minutes (la révélation finale) ne sont carrément pas à la hauteur des 80 premières minutes. Merde alors, pourquoi avoir été aussi expéditif ? Pourquoi une motivation des meurtres aussi moralisatrice, et somme toute, pas très crédible ? Pourquoi le générique de fin démarre-t-il déjà alors qu’il aurait fallu encore 15 minutes de film ?? Pourquoi venir gâcher ce passionnant thriller de la sorte ? C’est vraiment dommage, parce que tout le film est franchement excellent et vlan, la fin vient tout foutre en l’air ! Argghh, c’est rageant quand même ! On a l’impression d’une fin bâclée, expédiée à la va-vite, avec un argument même un peu douteux sur le pourquoi des motivations du chef des cavaliers. Il faudrait demander au réalisateur et au scénariste le pourquoi du comment. Bon, maintenant, c’est vrai que ce final vite torché nous laisse sur notre faim et vient mettre un gros bémol sur notre ressenti. Malgré tout, on ne peut oublier les 80 minutes intenses qu’on vient de vivre avant cet affreux dénouement.

Parce que faut bien le reconnaître, sans ces cinq dernières minutes, le film a un énorme potentiel. Ca se suit sans aucun ennui, on est pris dans la tourmente des personnages, c’est souvent glauque, malsain, poisseux. Une vraie atmosphère de thriller tendu comme un string qui vous scotche sur votre fauteuil et dont on ne parvient pas à se défaire. La progression du métrage devient hypnotique, on ne peut décrocher nos yeux qui sont rivés sur l’écran, attendant les nouvelles découvertes macabres de l’inspecteur Breslin.

Il faut dire que les meurtres du film sont assez originaux puisqu’utilisant la technique dite de la suspension, procédé qu’on avait déjà vu dans "The Cell" de Tarsem Singh. Pour rappel, la suspension équivaut à se faire percer des parties du corps avec des sortes de gros hameçons, ces derniers étant reliés à des cordes ou des chaînes qui sont installées sur un appareil spécialisé (ou pas) et qui peuvent être tirées vers le haut, soulevant la personne "accrochée" et la faisant se décoller du sol. Une sorte de lévitation mécanique, assistée en somme. La suspension a de plus en plus d’adeptes dans le milieu du tatouage et du piercing et reste une pratique impressionnante à regarder. Une pratique qui offre donc tout son potentiel "horrifique" dans le film puisque les visions des cadavres suspendus de différentes façons font leur petit effet.

Outre ce procédé utilisé pour mettre en avant les meurtres, Les Cavaliers de l’apocalypse s’impose également aux spectateurs par le personnage de l’inspecteur Breslin, fort bien interprété par un Dennis Quaid ayant pris pas mal d’embonpoint, à la chevelure hirsute et à la barbe mal taillée. Il faut dire que notre homme n’a guère le temps de s’occuper de lui, et encore moins de ses deux fils, sa femme étant morte suite à un cancer. L’activité d’inspecteur lui prend tout son temps et c’est un vrai drame pour lui-même et pour ses enfants, qui n’ont guère le loisir de passer du temps avec leur père. La séquence où Breslin se prépare à emmener ses fils voir un match quand le téléphone sonne pour lui annoncer qu’un nouveau meurtre vient d’être découvert est assez émouvante et nous fait ressentir de l’empathie pour cette famille détruite, qui tente pourtant de consolider des relations houleuses, mais qui voit son chemin semé d’embûches. Le drame familial est très bien mis en avant et participe pleinement au côté sombre et désespéré de l’ambiance du film.
On appréciera également le personnage féminin joué par Ziyi Zhang. Ce petit bout de femme, très belle asiatique vue dans "Mémoire d’une Geisha", nous livre la scène la plus malsaine du film et s’avérera diabolique une fois arrêtée par la police. Ses petits sourires, son regard lors des interrogatoires font froid dans le dos. Une sorte de variation féminine d’Hannibal Lecter, froide, déterminée. On aurait d’ailleurs aimé en savoir plus sur elle car elle reste très mystérieuse et énigmatique.

L’autre point fort de ce thriller reste bien sur l’utilisation biblique des Cavaliers de l’apocalypse. Présent dans le sixième chapitre de "l’Apocalypse" de la Bible, ils sont au nombre de quatre et chacun a une monture d’une couleur qui lui est propre : le cavalier blanc, le chef, dont certain pense qu’il était soit le Christ, soit l’Antéchrist lui-même ; le cavalier rouge incarne la guerre et a comme emblème une épée. Le cavalier noir incarne quant à lui la famine, la peste et son emblème est la balance. Le dernier des cavaliers monte un cheval vert (ou pâle dans certaines traductions) et représente la Mort. Les cavaliers sont une symbolisation représentant les craintes des vivants. On les a vus dans des œuvres aussi diverses que le cinéma, la musique ou l’univers du jeu vidéo. Au cinéma, la plus flamboyante représentation vient de Vincente Minnelli dans son film "Les quatre cavaliers de l’apocalypse", réalisé en 1962. Le groupe Metallica leur a dédiés une chanson (les fans du groupe appellent d’ailleurs les quatre musiciens les Four Horsemen). Même les Simpsons les ont fait intervenir dans leur série et bon nombre de jeux vidéos les ont utilisés (World of Warcraft, Apocalypse…).

Dans le film de Jonas Arkelund, ils représentent quatre tueurs potentiels, qui vont donner bien du fil à retordre à l’inspecteur Breslin. Les différents symboles, comme l’épée ou la balance, ont été utilisés de manière fort astucieuse, permettant aux enquêteurs de faire le rapprochement entre les meurtres et cette partie de la Bible. Et de tenir en haleine le spectateur, bien désireux de mettre à jour les rouages de cette sordide histoire.

Suspense, scènes chocs, tueurs vicieux, drame familial, relation père/fils, flic désenchanté, cavaliers bibliques et fin (trop) moralisatrice sont donc les ingrédients de cet excellent thriller qu’on prendra vraiment plaisir à visionner. Les quelques défauts dont se parent le métrage (final bâclé, durée trop courte, quelques facilités au niveau du scénario) n’enlèvent rien à son efficacité, ni à sa maîtrise formelle, qui en font un thriller référence, du moins en ce qui me concerne bien sûr. Bref, ne boudez pas votre plaisir et laissez-vous emmener dans cette chevauchée sanglante, guidés par quatre cavaliers dont il vous faudra deviner qui est le cavalier blanc…








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