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Lorsqu'un film a du succès, on en vient souvent à parler de son réalisateur ainsi que de ses acteurs. Or, bien d'autres personnes sont indispensables à l'élaboration d'un projet cinématographique : c'est le cas par exemple des producteurs, des scénaristes, des gens chargés de la confection de la musique du film, de l'équipe du son, mais également des spécialistes en effets spéciaux et maquillages! C'est dans ce dernier domaine que nous allons nous étendre aujourd'hui en parlant de Stan WINSTON.
Quand on parle de maquillages et d'effets spéciaux de films d'horreur, science-fiction ou fantastique, certains noms parviennent indéniablement à nos esprits : Tom SAVINI, le spécialiste du gore, Rick BAKER, un grand nom des monster movies, Dick SMITH, maître de la transformation, ou encore Stan WINSTON, reconnu pour ses designs, costumes et marionnettes à l'effigie de figures emblématiques du cinéma de genre.

Malgré un statut renommé dans le monde entier, force est de constater qu'il est extrêmement difficile de trouver un maximum d'informations sur cet américain ingénieux afin d'en faire une biographie complète. C'est donc après quelques recherches sur le net mais surtout sur des bonii de dvds que je vais essayer de faire ce qu'il y a de plus complet sur le web français concernant Stan WINSTON.

Né le 7 avril 1946 aux Etats-Unis dans une famille aisée, le jeune Stan grandit auprès d'hommes de médecine et d'avocats. Pour ses parents, il n'y a aucun doute là-dessus : le dernier de la famille suivra à son tour le chemin des professions libérales. Mais une seule chose passionne réellement l'enfant : les monstres! Une vocation pour le cinéma qui va naître lors d'un séjour à Disney land alors que le jeune Stan n'a que 12 ans. En effet, c'est dans ce grand parc féerique qu'il va tomber nez à nez sur un automate animé d'Abraham LINCOLN. Emerveillé par tant de réalisme, Stan s'imagine alors en train de donner vie à des robots devant les yeux écarquillés de tous. Cette pensée, il la gardera secrètement durant toute son adolescence jusqu'à l'entrée à l'Université où, poussé par un père et un frère avocat et des oncles chirurgiens, il se destine à suivre un parcours similaire. Mais Stan le reconnaît : il ne peut devenir médecin ou chirurgien car la vue du sang le trouble, et il ne se sent pas prêt à suivre des études difficiles en Droit. Il se résigne alors, sous la pression familiale, à entrer en école de dentisterie : une discipline qui nécessite de l'habileté manuelle, point fort du jeune homme. Cependant, deux ans plus tard, ses vieux démons refont surface et le poussent à arrêter l'école dans un seul objectif : aller à Hollywood et interpréter des rôles de monstres tels que ces grandes icônes de la Universal qu'il admire plus que tout : Boris KARLOFF, Bela LUGOSI, Lon CHANEY junior… C'est ainsi qu'il se lance dans les Beaux-Arts, au grand désarroi de ses parents qui voient alors en lui un jeune naïf trop influençable. Quelques années plus tard, Stan WINSTON sort diplômé de l'université de Virginie, section Beaux-Arts (où il apprend entre autres la sculpture et la peinture), avec option théâtre. C'est alors qu'il décide de partir pour Hollywood pour devenir acteur, son grand rêve depuis l'enfance!

Arrivé à Los Angeles, Stan ne connaît personne mais va tout de même réussir à obtenir un stage de maquilleur de 3 ans aux Disney Productions (soit 6000 heures d'apprentissage) en juillet 1969.
Suite à ce stage, Stan est embauché comme maquilleur pour un téléfilm nommé "gargoyles" en 1972. Comme tout artiste, le jeune entrepreneur se doit d'avoir son propre labo : c'est ainsi que son garage se transforma en atelier de confection, sa femme l'aidant dans les moulages. A sa grande surprise, Stan recevra un Emmy Award pour ses maquillages! Le début dune grande carrière…
Un an plus tard, l'équipe de "gargoyles" est appelée pour travailler sur un nouveau projet : un film intitulé "autobiography of miss jane pittman". Voilà certainement l'une des périodes les plus mémorables pour Stan. En effet, il va avoir la chance de rencontrer Dick SMITH, artiste réputé pour ses maquillages et plus particulièrement ses travaux sur le vieillissement et les transformations en tout genre. Une tâche délicate est proposée au jeune homme : faire vieillir Cicely TYSON de 19 à 110 ans! Mais il ne sera pas seul sur ce projet : Dick SMITH lui propose de collaborer avec son disciple Rick BAKER, celui-ci s'occupant des premiers stades de vieillissement tandis que Stan se voyant adresser tout le reste du travail. Une expérience fort enrichissante pour Stan qui se verra cette même année attribuer un deuxième Emmy Award pour son maquillage! Il est grand temps pour le jeune homme de faire les comptes : deux Emmy Awards pour les deux années de travail après l'apprentissage chez Disney, il est indéniable qu'il va connaître la gloire s'il continue dans cette branche. Ce succès soudain lui fait donc remettre à plus tard son premier objectif qui était de devenir acteur.

Il faudra attendre 1981 avec sa participation à l'élaboration du film "heartbeeps" d'Allan ARKUSH pour qu'il soit cité aux Oscars pour la toute première fois de sa carrière pour les maquillages des robots. Notons par ailleurs que c'était la première année que les maquillages spéciaux étaient reconnus comme une catégorie à part entière pour les Oscars.
C'est alors que Stan WINSTON dépasse les limites des effets de maquillages en ajoutant progressivement de l'animatronique puis de la marionnetterie. 1982 est l'année où il se lance dans les créations de marionnettes avec ce monstre-chien du terrifiant "the thing" de John CARPENTER, un des effets visuels dont Stan est le plus fier encore aujourd'hui. Puis, ce sera au tour du classique "la foire des ténèbres" de Jack CLAYTON en 1983 de se voir attribuer des marionnettes assez réalistes pour l'époque. Il est incontestable que c'est dans les années 80 que tout a vraiment commencé pour Stan WINSTON!

Fort de cette notoriété grandissante, s'enchaînent alors pour Stan des propositions de plus en plus nombreuses dans le domaine du maquillage et des effets spéciaux. Il fabriquera entre autres l'homme en métal dans "the wizz" de Nipsey RUSSEL qui recruta Stan dans son équipe sous les recommandations de Dick SMITH. Un projet très important dans la carrière de l'artiste car ce sera l'occasion pour lui de rencontrer pour la première fois le réalisateur James CAMERON qui lui proposera par la suite de faire les maquillages de son prochain film : "terminator" avec l'acteur Arnold SCHWARZENEGGER! Entre temps, Stan travailla sur quelques peaufinages de "vendredi 13 chapitre 3 : meurtres en 3d" et rencontra l'homme qui deviendra son plus fidèle collaborateur : Shane MAHAN. A ce moment, Stan avait grand besoin de personnes talentueuses pour l'aider à la confection des maquillages de "terminator" et prit alors Shane dans son équipe. "terminator", qui fut nominé aux Oscars en 1984, fut réellement le film qui apporta du prestige au studio de Stan WINSTON et incita l'artiste à louer un entrepôt sur une zone industrielle pour y siéger ses studios. Une projection spéciale pour le film eut lieu quelques temps avant la sortie nationale et, subjugué par le talent de Stan et son équipe, James CAMERON lui proposa à nouveau de travailler pour lui sur son prochain projet : "aliens le retour", film qui apportera à Stan son premier Oscar ainsi qu'un BAFTA (British Academy of Film and Television Arts) en 1986.

Au fil des années, Stan WINSTON se voit proposer des projets de plus en plus conséquents et se doit alors de recruter du personnel pour son équipe. Ces artistes qu'il nomme "lifers" sont sélectionnés selon certains critères bien précis : leur talent, leur dévouement, leur loyauté et leur sens des responsabilités. S'ils remplissent ces conditions, Stan et Shane MAHAN les engagent pour 6 à 8 semaines et les emmènent ensuite sur un autre studio pour qu'ils puissent élargir correctement leur éventail de connaissances et d'acquis.

1987 sera une grande année pour Stan WINSTON. Le film "the monster squad" voit le jour et offre à l'équipe de Stan l'opportunité de revenir sur les monstres classiques du cinéma d'horreur (la momie, Dracula…). Ce long-métrage incitera par ailleurs Stan à se lancer dans la réalisation, chose qu'il entreprendra aussitôt avec "pumpkinhead" alias "le démon d'halloween" cette même année. Le film lui valut le Prix de la meilleure première œuvre au Festival du Film de Paris. Sa carrière de réalisateur s'estompera assez vite toutefois après les réalisations de "the adventures of a gnome named gnorm" et "ghosts" de Michael JACKSON…
En 1987 toujours, l'ingénieux artiste sera à nouveau à l'affiche avec Arnold SCHWARZENEGGER pour ses performances de maquilleur dans "predator" de John Mc TIERNAN : le design entier de la créature a en effet été créé par Stan et son équipe. Un costume aux détails méticuleux, mêlant adroitement l'électronique (le petit canon sur l'épaule du prédator) et le maquillage classique, qui permit à Stan d'être nominé une fois de plus aux Oscars.

En 1990, Stan participera aux effets visuels de "predator 2" de Stephen HOPKINS avec Danny GLOVERS cette fois-ci à la place d'Arnold SCHWARZENEGGER.
En 1991, un autre réalisateur vint toquer à la porte des studios de Stan WINSTON. Il s'agit de Tim BURTON. Celui-ci lui proposa d'élaborer les maquillages de Edward dans le futur film culte "edward aux mains d'argent". "C'est l'un des artistes les plus créatifs que j'aie rencontré" expliquera par la suite Stan, "J'ai dû essayer de rentrer dans son esprit pour comprendre ce qu'il voulait réellement". Une collaboration qui permit à nouveau à Stan d'être nominé aux Oscars! Cette même année, l'équipe de Stan WINSTON connut par ailleurs son tournage le plus intense : celui de "terminator 2" de James CAMERON, toujours avec Arnold à l'affiche! Cette suite culte fit un tabac dans le box-office et remporta deux Oscars (meilleurs effets visuels et meilleurs maquillages spéciaux) ainsi qu'un BAFTA (meilleurs effets visuels).

C'est en 1993 que Stan WINSTON se décide à travailler avec Steven SPIELBERG, après son refus de travailler sur "ET" quelques années auparavant pour des raisons d'orgueil. En effet, et Stan reconnaît qu'il a agi bêtement, Steven SPIELBERG lui avait proposé de travailler sur le design de l'extraterrestre en collaborant avec un autre artiste du nom de Carlo RAMBALDI. Mais Stan, trop fier en ce temps, refusa la proposition du réalisateur en justifiant qu'il pouvait et voulait être le seul à donner vie à la créature. "La plus grosse déception de ma carrière" déclare Stan avec regrets, "ET est devenu une grande icône du cinéma et j'aurais pu participer à son élaboration"… Mais en cette année de 1993, Steven SPIELBERG refait appel à lui pour son nouveau film : "jurassic park". L'équipe de Stan est aux anges : travailler sur ce projet dépasse toute imagination, d'autant plus que bon nombre de personnes travaillant pour Stan WINSTON sont passionnés par les dinosaures! Et le succès est à nouveau au rendez-vous : festival de maquillages, d'images de synthèses et de marionnettes, le film hisse le studio de Stan à des sommets encore jamais atteints et récupère un oscar au passage pour la confection des dinosaures mécaniques! C'est d'ailleurs par le biais de ce film que Stan WINSTON attrapera le virus de la production qu'il ne lâchera plus jusqu'à aujourd'hui. "Produire permet de mener plusieurs projets en même temps, contrairement à la réalisation, et permet de s'impliquer dans tout le processus créatif" explique-t-il, "J'adore produire et je ne produis que des films dont le genre m'intéresse : science-fiction, horreur… Sans personnage fantastique dans un film, je ne le produis pas".

Quelques temps après, Shane MAHAN permit la rencontre entre Stan et un certain Lou ARKOFF, fils de Sam ARKOFF. De cette collaboration naquit la société de production "Stan WINSTON Productions". Cette société gérait des fonds pour entreprendre les tournages de cinq films d'une durée de 18 jours appelés "Creature features" (le premier de ces films fut "le jour où la terre s'arrêta"). Ces films, qui sont à la base des sortes de remakes de classiques de l'horreur et de la science-fiction de Sam ARKOFF dans les années 50, ont été diffusés sur les chaînes câblées Cinemax et HBO.

Parmi les derniers grands films auxquels Stan WINSTON a participé dans la catégorie effets visuels, on retrouve entre autres "batman le défi" de Tim BURTON, "jurassic park, le monde perdu" et "A.I. intelligence artificielle" de Steven SPIELBERG, trois films qui ont également permis à Stan d'être nominé aux Oscars pour les 8ème, 9ème et 10ème fois de sa carrière! On notera également de grosses participations pour "pearl harbor" de Michael BAY, "jurassic park 3" de Joe JOHNSTON, ou encore "big fish" de Tim BURTON…

Puis suivirent d'autres films dont Stan fut le producteur, c'est le cas notamment de "détour mortel" de Rob SCHMIDT, un film renouant avec le thème du survival, quelques décennies après "la colline a des yeux", "la dernière maison sur la gauche" ou encore "massacre à la tronçonneuse".

Au fil des années, Stan WINSTON s'est construit un véritable empire. Son studio à Los Angeles appelé "Stan Winston Studio" apporte bon nombre d'innovations en terme de graphisme, d'effets spéciaux, de maquillages et de marionnetterie. Après avoir adopté la technologie de CGI (industries des arts graphiques par ordinateurs), Stan WINSTON s'est associé à James CAMERON pour co-fonder "Digital Domain", une entreprise spécialisée dans les recherches graphiques pour les effets spéciaux au cinéma. En 2001, il a créé une entreprise de figurines de monstres dont il imagine lui-même le design : des pièces de collection distribuées par NECA, au même titre que les désormais célèbres "Head Knockers".

Au cours de sa brillante carrière, Stan WINSTON a remporté 4 Oscars (sur 10 nominations), 3 BAFTA et 2 Emmy Awards, ainsi que de nombreuses autres récompenses au niveau mondial. Stan WINSTON compte également à son actif des clips publicitaires tels que ceux de "Toy's R Us" et des films pour la télévision comme "roots".
Il possède par ailleurs un Doctorat d'Honneur en Sciences Humaines du collège de Savannah, l'école en Art et Design la plus prestigieuse aux Etats-Unis, en guise de reconnaissance par le Comté de Los Angeles pour ses innombrables contributions à la communauté artistique américaine. On peut également voir, depuis l'an 2000, une étoile à son nom sur le célèbre Walk Of Fame à Hollywood : il est le deuxième artiste dans le monde des effets spéciaux à obtenir cette distinction! Chapeau bas…



David Maurice
LUMIèRE SUR