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Réalisation
Noriaki Yuasa

Scénariste
Nisan Takahashi, Yonejiro Saito

Date de sortie
1965

Genre
kaiju eiga

Tagline


Cast
Eiji Funakoshi
Harumi Kiritachi
Junichiro Yamashita


Pays
Japon

Production


Musique
Tadashi Yamauchi

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.3
(3 votes)
Un avion militaire russe chargé d’armes nucléaire s’écrase au Pôle Nord. L'explosion atomique réveille Gamera, un monstre préhistorique ressemblant à une tortue qui se nourrit de chaleur et commence à attaquer les villes pour se recharger. L'armée tente désespérément de trouver une solution pour en venir à bout ...



En 1954 naissait "Godzilla", et avec lui un genre nouveau, le «kaiju eiga». Rapidement, face à l’immense succès du film, la société Toho va produire de nombreux films mettant en scène le monstre géant ou de nouvelles créatures : ainsi, aux "Rodan", "Mothra", "Baran le monstre géant" vont succèder aux "King Kong contre Godzilla" et autres "Mothra contre Godzilla". Evidemment, une telle réussite ne pouvait que tenter les studios concurrents, à commencer par la Daiei qui, en 1965, va créer son propre monstre : la tortue géante Gamera. Tout aussi prolifique que son cousin, la créature va être à l’affiche de sept films entre 1965 et 1971 (un film par an donc), avant un revival raté en 1980 et une résurrection en 1995 sous la direction de Shusuke Kaneko avec la trilogie initiée par "Gamera Gardien de l'Univers". Reprenant la recette à succès de la Toho, la Daiei va reprendre les lignes principales des films de la saga concurrente: le nucléaire, des affrontements entre le monstre et l’armée qui va rapidement être dépassée un premier film uniquement centré sur Gamera et des épisodes suivants consistant en autant de versus. Mais la Daiei va surtout donner au kaiju eiga une direction nouvelle, qui marquera également la saga Godzilla dans les années suivantes : elle désire faire de Gamera le héros des enfants, tirant peu à peu la série dans un puéril de plus en plus assumé.



Gamera est donc un monstre géant à allure de tortue préhistorique. Si l’idée d’une tortue géante pourra faire sourire le public occidental, on précisera qu’elle s’inspire sans doute de Genbu, une tortue noire de la mythologie orientale Le film nous apprend qu’il s’agissait ici d’une créature malfaisante qui vivait sur l’ancien continent de l’Atlantide avant d’être emprisonnée par les glaces, puis libérée suite au crash d’un avion contenant des armes nucléaires. Comme Godzilla, elle se déplace généralement sur ses pattes arrières et ne semble avoir d’autre objectif que de détruire des villes (on notera d’ailleurs l’effondrement d’un immeuble «Toho», clin d’oeil taquin envers la firme produisant le monstre concurrent). Toujours comme Godzilla, le monstre semble indestructible et ridiculise l’armée japonaise. Mais là où Gamera se distingue de son aîné, c’est principalement grâce à une capacité que le Big G est un des rares à ne pas posséder dans le bestiaire de la Toho : en effet, tout comme Rodan, Mothra ou Ghidorah, Gamera vole ! Une idée un peu saugrenue, d’autant que la tortue a une technique de vol bien particulière, se réfugiant dans sa carapace avant de tourner, ressemblant finalement à une soucoupe volante. Pour le reste, ses capacités sont très classiques, puisqu’elle peut entre autres aspirer le feu, dispose d’une peau très résistante, résiste à l’électricité...



Pour la première apparition de la créature, ce Gamera va suivre un scénario désespérément classique : réveillée par une explosion due à un crash, la tortue géante va tout détruire sur son passage, ridiculisant les différentes tentatives de l’armée jusqu’à ce qu’une solution, un peu extravagante, soit finalement trouvée pour se débarrasser de la créature. Bref, on pourrait pratiquement considérer le film comme un plagiat de "Godzilla" si les auteurs n’y amenaient pas un élément central qui allait caractériser toute la série, et que j’ai déjà évoqué rapidement plus haut. En effet, "Gamera, le monstre géant" va être le premier kaiju eiga à donner un rôle de premier plan à un enfant, quelques années avant le désastreux "Godzilla’s revenge". Si la présence du personnage ne nuit pas trop au sérieux de l’ensemble, il intervient assez régulièrement pour apporter une touche plus enfantine. Ainsi, le petit Toshio adore les tortues, mais sa famille ne partage pas cette passion et il doit abandonner son animal de compagnie. Aussi quand Gamera attaque son village, Toshio pense que c’est la petite créature qui est revenue, d’autant que le monstre lui sauve la vie. Dès lors, le garçon n’aura de cesse que de tenter de la retrouver, se mettant ainsi régulièrement en danger, et d’expliquer aux adultes que Gamera n’est pas une créature malfaisante.



Des adultes qui seront, comme souvent, rapidement dépassés par la progression et les capacités de la créature donc, et qui élaboreront plan sur plan pour tenter de l’arrêter, jusqu’à une idée lumineuse que je vous laisse découvrir par vous-même si vous n’avez pas vu le film. Sachez simplement qu’elle s’inscrit dans tout ce qu’il y a de plus kitsch et de saugrenu, et qu’on se demande comment les personnages, et aussi les scénaristes, ont bien pu avoir une telle idée. D’autant que la scène est rendue encore plus décalée par les designs et les effets spéciaux (le film est moins réussi à ce niveau là que "Godzilla" pourtant sorti 10 ans plus tôt). On notera quand même que ces défauts sont amoindris par le noir et blanc, "Gamera le monstre géant" étant le dernier kaiju eiga à ne pas être tournée en couleurs, qui sied parfaitement au genre, surtout quand on sait que les japonais aiment beaucoup en faire des tonnes au niveau des couleurs de leurs créatures...

Parmi les cousins de Godzilla, Gamera sera donc le plus prolifique, étant le héros d’une saga comportant à ce jour douze films. Le premier d’entre eux, "Gamera le monstre géant", s’il ne s’écarte jamais vraiment de son modèle, se laisse suivre grâce à une progression classique et un rythme plutôt bien dosé. On pourra néanmoins s’amuser de l’apparence de la créature et de certaines de ces actions, mais le film reste le plus sérieux de la saga avec "Gamera vs Barugon" et avant la trilogie des années 1990, même si la présence, pour la première fois dans le genre, d’un enfant au premier plan annonce la couleur pour la suite : Gamera sera le héros des enfants, et réussira même à entraîner Godzilla dans cette optique.