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Réalisation
Gordon Douglas

Scénariste
Ted Sherdeman

Date de sortie
1954

Genre
monstres

Tagline


Cast
James Whitmore
Edmund Gwenn
Joan Waeldon
James Arness
Onslow Stevens


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Bronislau Kaper

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5.1
(20 votes)
Nouveau Mexique. Une région désertique est le théâtre de meurtres inexpliqués et de maisons saccagées. Ayant retrouvé sur les scènes de crimes des empreintes inhabituelles et disproportionnées ainsi qu’une quantité importante d’acide formique sur les cadavres des victimes, la Police demande de l’aide à des scientifiques afin de résoudre ces énigmes. Très vite, forces de l’ordre et scientifiques vont apprendre que des fourmis géantes sévissent dans la région. Des monstres de plus de 2m issus de radiations atomiques...



Alors en pleine Guerre Froide, le Cinéma de Genre voit apparaitre dans les années 50-60 de nombreux films de monstres gigantesques et autres mutants. Les titres se succèdent et beaucoup reposent sur des thèmes similaires, la population étant alors en proie à de nombreuses interrogations au sujet de la course à l’armement ou encore des conséquences néfastes des moyens nucléaires mis à contribution lors de la seconde guerre mondiale… Cependant, certains titres de cette période sortent du lot et réussissent même le pari de faire encore parler d’eux au 21ème siècle. C’est le cas par exemple de « them ! » (traduit par « des monstres attaquent la ville » en France, un titre bien moins percutant mais ô combien plus explicite), petite série B sortie en 1954 et réalisée par Gordon Douglas.

Un succès que l’on doit principalement à sa réalisation remarquable sur plusieurs points. Partant pourtant d’une idée de base bien simple (des monstres mutants déciment la population), Gordon Douglas et le scénariste Ted Sherdeman réussissent à construire autour de ce fil conducteur une intrigue efficace, menée tambours battants par une poignée d’acteurs aux jeux très corrects.

Doté d’un rythme fort soutenu (on suit l’enquête de nos policiers et de nos scientifiques, allant de témoins en témoins, d’endroits en endroits, d’indices en indices), très peu de dialogues inutiles et de séquences dispensables étant présentes durant le long-métrage de Gordon Douglas, « them ! » n’ennuie à aucun moment et parvient même à nous tenir en haleine jusqu’à la fin de ses 90 minutes. On retiendra principalement la qualité de la mise en scène dans la première demi-heure : prenante de bout en bout, la première partie du film nous plonge directement dans une ambiance peu sereine et un climat oppressant traduisant bien là une maîtrise parfaite du suspense.
Un suspense également permis par des bruitages encore aujourd’hui remarquables pour certains (les rafales de vents, les bruits stridents que font les fourmis quand ces dernières approchent…) et des acteurs sans défaut apparent (l’interprétation de la fillette, bien que de courte durée, est tout simplement bluffante).

Alors que nous pouvions penser avoir droit à un monster movie très kitch, voire idiot, comme on pouvait en voir notamment dans les productions Corman, « them ! » s’avère au contraire être un film bien plus mature qu’une bonne partie de ses concurrents directs, de par notamment ce côté réaliste par moment permis entre autres par des propos et des raisonnements scientifiques clairement mis en avant. Certes nous sommes face à une menace peut-être exagérée (des fourmis tueuses de plus de 2m!) mais le duo de scientifiques et les policiers que nous suivons vont sérieusement étudier le comportement de ces insectes, se baser sur des faits réels et prouvés scientifiquement (certes très simplifiés dans le film et parfois réfutés aujourd’hui), afin de prendre les bonnes décisions et ne pas « foncer dans l’tas » comme on peut souvent le voir dans ce genre de production bis mettant en scène d’affreux mutants.



Par ailleurs, le film de Gordon Douglas confronte le spectateur à de nombreuses réflexions soulevées par les populations lors de ce début de Guerre Froide. Une période qui se caractérise notamment par la course aux armements et par la menace nucléaire comme dit précédemment.

Munies de lance-flammes, de bazookas et autres fruits de la technologie de l’armement, les forces armées montrent là leur toute puissance, une puissance qui d’ailleurs peut parfois avoir de lourdes conséquences non pas seulement directes mais également indirectes sur la population, en témoignent les radiations générées par les bombes atomiques que Gordon Douglas accuse dans son film d’avoir fait muter une faune au départ inoffensive en de véritables tueurs. Et ce n’est pas un acte de bravoure isolé de la part d’un soldat se sacrifiant pour sauver un enfant qui pardonnera tout le mal causé en amont par le Gouvernement et la Recherche Scientifique!

« Them ! » en rajoute d’ailleurs une couche en critiquant de façon très explicite le Gouvernement qui ne préfère pas ébruiter l’affaire par peur de panique générale (quitte à laisser de malheureux témoins de ces mutations croupir dans un asile psychiatrique) et laisser la population en proie à ses insectes mutants en attendant de trouver une solution au problème.



Mais qui dit film de monstres dit forcément effets spéciaux. Alors certes, il faut bien reconnaitre que les SFX (tout comme certaines réflexions sur les conséquences des radiations atomiques) ont pris quelques rides, nos malheureuses fourmis vues de près dévoilant des défauts esthétiques indéniables. Toutefois, pour l’époque (et il est important de se remettre dans le contexte quand on aborde des thèmes tels que les idéologies et les effets visuels), ces SFX demeurent très convenables. Par ailleurs, les bruitages, associés à nos insectes mutants et particulièrement réussis, vont rapidement prendre le pas sur les effets visuels.

Certaines scènes dans « them ! » s’avéraient même très choquantes, limites cruelles, pour l’époque : que ce soit le passage où une fourmi finit les restes d’une victime et balance la cage thoracique dans un amas d’os et de crânes ou encore cette séquence où un soldat se fait happer par les mandibules de l’un de ces insectes alors que ce dernier venait de sauver deux enfants de l’emprise de ces redoutables prédateurs.



Véritable petit classique du film de monstres des années 50, « them ! » n’accuse que très peu le poids des années. Grâce à une mise en scène remarquable mêlant suspense, dynamisme et réflexions diverses, ainsi qu’à des acteurs au fort potentiel, le film de Gordon Douglas continue de faire parler de lui en ce début de 21ème siècle, et ce même malgré des SFX un peu datés et des idéologies plus ou moins effacées aujourd’hui.
Un film à découvrir pour celles et ceux n’ayant pas encore vu cette série B de qualité.









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