RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 5.2
(12 votes)
En Australie, lors d’une sortie familiale au bord d’un lac, Alice Palmer, une adolescente de 16 ans, disparaît mystérieusement. Peu de temps après l’enterrement de la jeune fille, finalement retrouvée noyée, les membres de sa famille (ses parents et son frère) commencent à remarquer qu’il se passe des choses bizarres autour d’eux et ressentent, dans leur maison, comme une présence semblant vouloir communiquer avec eux. Les proches d’Alice vont, à travers l’étude minutieuse de photos et de vidéos récupérées çà et là, en apprendre alors un peu plus sur elle et tenter de savoir ce qui lui est véritablement arrivé…



Me basant uniquement sur le titre et pensant visionner un énième film de crocodile mangeur d’homme à la "Solitaire" et autres "Black water", eux aussi australiens, quelle ne fût pas ma surprise de découvrir que j’avais eu complètement tort ! Lake Mungo ce n’est pas du tout ça ! Mais plutôt un faux documentaire venu du pays des aborigènes et relatant les évènements étranges qui ont suivi la noyade de la fille des Palmer, une famille australienne a priori sans histoire. En effet, long-métrage faisant partie des « 8 films to die for » et diffusé au « After Dark Horrorfest » celui de 2010 en l'espèce, (une collection au sein de laquelle on peut retrouver des films à micro budget sympathiques comme "Borderland" ou "Mulberry street", par exemple), Lake Mungo prend, à l’instar de "Cannibal holocaust" et de "Le projet Blair witch", la forme d’un « documenteur » (« mockumentary » dans la langue de Shakespeare). Ainsi, on suit les parents d’Alice qui, à grands renforts de preuves sur pellicules diverses récoltées par différents biais et autres séances de spiritisme avec un médium professionnel, enquêtent à leur façon sur les évènements qui précèdent la mort d’Alice. Toutefois, il semblerait également que cette dernière souhaite communiquer avec le monde des vivants car elle a peut-être un message à faire passer. Plus leurs investigations avancent, et plus les membres de la famille Palmer réalisent qu’ils en savaient finalement très peu sur la vie de la jeune fille, et tout ça, c’est ce que nous suivons à l’écran, que ce soit via des extraits vidéos mettant Alice en exergue ou bien des interviews de divers protagonistes proches de la victime.

Qu’on ne s’y trompe pas, malgré son côté film de fantômes et autres apparitions d’entités démoniaques à la "Paranormal activity", Lake Mungo va beaucoup plus loin que cela et est beaucoup plus intelligent. Ainsi, tout doucement, on est immergé dans la vie des Palmer, qui sont en train de subir une épreuve difficile. On est donc plongé dans l’ambiance d’une famille ayant perdu un être cher et qui s’organise pour combler le vide que son absence suscite, tout en essayant de comprendre le pourquoi et le comment d’un tel événement tragique. La première partie du métrage est donc sur le deuil et la difficulté d’y faire face. Puis, dans une seconde partie, on apprend davantage à connaître la jeune décédée, au-delà de la présence spectrale qui semble hanter les lieux, les films en super 8 et les mémoires de chacun. Et l’on découvre, en même temps que la famille, comment était vraiment Alice. Bref, on est dans l’intimisme et les indices s’amoncellent afin de reconstituer progressivement le portrait complet de la jeune fille. Mais c’est au moment où l’on est tenté de décrocher (la faute à la longueur de certains témoignages, le manque d’intérêt d’interviews quelconques) que grâce au frère d’Alice, le film choisit une direction radicalement différente et prend le spectateur à contrepied en le surprenant totalement.

On assiste dés lors à une enquête visant à découvrir qui était vraiment la jeune fille en dehors du cadre familial, et surtout ce qu’elle cachait à ses proches. Et c’est là la grande force du métrage, car même si on sait pertinemment que c’est un faux documentaire, on y croit, la faute à des acteurs inconnus nous permettant de nous identifier davantage aux protagonistes et à l’alternance des types de scènes à l’écran (les interviews, les extraits vidéos et l’apparition de faits surnaturels). On peut ainsi penser à ce type d’émissions racoleuses dont certaines chaînes hertziennes se sont fait le porte-drapeau à un moment donné, à l’instar des « Faites entrer l’accusé » et autres « La soirée de l’étrange », assez bien foutues finalement pour faire un peu flipper car sachant hyper bien gérer les moments de tension et balancer çà et là le détail qui tue. Eh bien ici, c’est pareil, et sa fonctionne pas mal ! J’en veux pour preuve une scène qui m’a bien fait froid dans le dos : celle de la découverte de la vidéo filmée par le téléphone d’Alice. En la visionnant, vous saurez exactement à quel moment le film m’a mis mal à l’aise voire m’a fait sursauter. Mais bon, on en a vu d’autres nous, à Horreur.com !

Lake Mungo est ainsi une tentative intéressante dans le domaine du faux documentaire. Certes, on pourrait dire qu’il manque parfois de rythme à cause de la longueur de certaines scènes, qu’il n’y a pas pléthores de scènes incroyables se déroulant sous nos yeux, mais le charme opère et on n’en ressort pas spécialement à l’aise. Tout ça grâce à une vraie immersion au sein de cette famille dont on partage la peine et surtout à cause des différents retournements de situation dont le film est truffé, qui nous surprennent véritablement aux moments on ne s’y attendait pas. Mais le pire (enfin le meilleur pour nous) est ailleurs : les images post-mortem de la jeune fille et la révélation de son traumatisme. On peut, si comme moi, on est bien rentré dans le film, en ressortir légèrement perturbé et ce n’est pas une sensation très agréable, surtout de la part d’un petit film comme ça où a priori il ne se passe pas grand-chose. Donc à voir pour tout cinéphage avide de mystères et de sensations « autres ».








Du même réalisateur :