RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 2.5
(23 votes)
Abraham Lincoln jure de venger la mort de sa mère, tuée par un vampire. Peu préparé et inexpérimenté, il subit une dérouillée avant d'être tiré d'affaires par Henry Sturgess. Celui-ci va le former pour devenir un chasseur de vampires. Quelques années plus tard, il devient président des Etats-Unis, menant une nouvelle lutte : celle contre l'esclavagisme. Mais il n'en a pas fini avec les vampires…



Le mythe vampirique a été mis à toutes les sauces, et cette fois-ci, il s'agit d'un mélange politico-fantastique auquel nous convie le duo de producteurs Timur Bekmanbetov/Tim Burton. A partir d'un postulat improbable inspiré d'un roman récent, quel pouvait donc bien être le résultat ? Pas folichon, d'autant plus que la réalisation est confiée à Timur Bekmanbetov ("Night watch", "Day Watch", "Wanted") bien connu pour ses effets de style plutôt hachés. Il ne s'en prive d’ailleurs pas dans ce film, qui aligne les effets de ralentis et d’accélérations rendant certaines scènes d'action toujours aussi peu lisibles. Si la première partie (centrée autour du rôle de chasseur) comporte des séquences plutôt second degré, celle où Abraham Lincoln devient président change de ton et devient lourdement sérieuse, au point qu'on a du mal à rester captivé par un spectacle plus timoré.




Sans les traits d'humour qui sont autant de saillies plaisantes dans un long métrage « vampiro-western », Abraham Lincoln : chasseur de vampires rejoindrait le rang des purges « CGIesques » à la «Van Helsing». Ici, nous n'atteignons pas le niveau de médiocrité du film de Stephen Sommers, mais ce n'est pas folichon car en se basant sur les valeurs morales du futur Président des Etats-Unis, le film aligne les clichés à la pelle. Comme hélas de trop nombreuses productions récentes, le scénario ne fait pas dans la dentelle. L'essentiel étant d'en mettre plein les yeux. Et de ce côté-ci, une scène ou deux retiennent l'attention, notamment celle d’une course-poursuite avec des chevaux (et qui comporte des moments dantesques). Mais guère plus!




Beaucoup de passages prêtent à sourire, notamment la manière dont Lincoln (un bien peu charismatique Benjamin Walker pour le rôle titre) s'entraîne à abattre un arbre d'un seul coup avec une hache, et les répliques anti-esclavagistes et égalitaires pompeusement énoncées ne sont pas ce qu'il y a de plus convaincant. Ni l'idée de faire des sudistes, forcément, des vampires. Au point que la scène qui est censée être le climax (le train) n'est pas très passionnante. On a droit aux sempiternelles mêmes séquences d'action qui montrent un véritable manque d'imagination de l'ensemble de ce «produit» certainement à destination d'un public mangeur de pop-corn mais guère plus en termes de qualité cinématographique.

Comme si les producteurs et le réalisateur, conscients de la minceur d'un tel projet, s’étaient contentés de plaquer vaguement une histoire sur des scénettes qu'on trouverait dans d'autres univers (la Nouvelle-Orléans et son ambiance ouatée, ou encore celle avec la prostituée qui pourrait très bien sortir d'un film narrant les méfaits de Jack l'éventreur). Avec d'un côté les humains et de l'autre les Vampires, montrés ici comme les tenants d'un ordre ancien et défendant l'esclavagisme (Rufus Sewell «Dark City» est lui plutôt juste dans son rôle de méchant). Un choix narratif assez douteux, que ne parvient pas à combler les scènes de combat, évitant au maximum les gerbes de sang. On trouve bien mieux du coté des shows télé actuels concernant les mythes vampiriques que cet ersatz de film d'horreur, dont la seule ambition est d'y apporter une touche historique.



Sur le plan technique la 3D oscille entre effets jaillissants réussis et plans ratés (notamment les effets de profondeur). Le public sera-t-il au rendez-vous de ce blockbuster estival ? Face à la pauvreté programmatique tout est possible mais gageons que cet échec artistique d'un réalisateur qui adore se complaire dans l'outrance visuelle, même s'il s'est largement calmé ici, ne soit pas un succès avec son titre qui fait très série Z. Finalement une rencontre improbable entre la Grande Histoire et l'univers vampirique, qui est ici taillé à la serpe !








Du même réalisateur :

NIGHT WATCH
LUMIèRE SUR