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Une petite fille s'en va vivre avec son père et la nouvelle petite amie de celui-ci dans une demeure ancienne. Or, la vieille bâtisse renferme des secrets et d'étranges créatures qui ne vivent que dans le noir...



Mettre le nom d'un auteur majeur du cinéma est tellement monnaie courante que l'on n'est guère surpris du procédé, qui est ici aussi à l’œuvre. Car cautionné par la mention Guillermo Del Toro ("Mimic", "Blade 2", "L'échine du diable", "Le labyrinthe de Pan"), qui est quand même co-scénariste, le film n'est pas entièrement de son fait même si on reconnaît son univers jouant sur les terreurs de l'enfance, et dont il a su faire preuve par le passé avec une grande finesse pour le restituer. Ce qui n'est pas une chose aisée. Le monde des adultes étant souvent en opposition avec celui de l'enfance, ce qui provoque une forte incompréhension pour appréhender un âge que trop d'adultes occultent dès que possible.



C'est donc en remakant(!) un téléfilm de 1973 un tantinet oublié et que l'on connaît sous nos cieux sous le nom francisé de «Les créatures de l'ombre» que l’équipe de Del Toro opère. Pour cette énième version, dont personne ne s'est soucié de traduire le titre, un effort est fait niveau casting. Pour jouer les deux adultes garants de la sécurité de Sally, on fait appel à Guy Pearce ("Vorace", "La machine à explorer le temps 2002", "Prometheus") et à Katie Holmes ("Comportements troublants", "Mrs Tingle", "Intuitions", "Batman Begins"). Certes, pas des acteurs vraiment bankables mais des têtes d'affiche plutôt attirantes. Alors, par quel nouveau mystère, ce film n'a pas réussi à trouver le chemin des salles obscures françaises ? Car le score obtenu au box-office américain, sans être mirifique a permis au métrage de rentrer dans ses frais.


Et au vu du résultat, Don't be afraid of a dark n'est pas du tout catastrophique. Il est même empreint d'une atmosphère gothique, que la vieille demeure contribue à accentuer. La découverte de ses secrets et de ses recoins nous plonge dans un monde inconnu et mystérieux qui a déjà frappé un ancien propriétaire des lieux, montré dans l'introduction. Ainsi, nous voilà de plain-pied dans l'optique d'une menace sous-jacente. L'arrivée de la petite Sally nous dévoile une famille éclatée, ce qui ne manquera pas d'avoir son importance pour expliquer le fait qu'elle ne se sente pas proche de sa belle-mère et qu'au moment où le danger va s'approcher d'elle, elle se trouvera un temps bien esseulée.

On pourra toujours trouver les péripéties bien convenues ou encore le jeu d'acteurs pas à la hauteur (notamment la toujours aussi mauvaise Katie Holmes), mais peut-être que l'une des plus grandes fautes de goût se trouve dans le fait de dévoiler bien trop les créatures, là où la terreur de l'obscurité aurait été plus efficiente. Un peu trop bruyantes, elles se révèlent très angoissantes dans le murmure de l'obscurité. Les attaques fort rares sont même réussies et sans être un monument de terreur, le film est suffisamment bien chiadé pour lui conférer cette patine de film éternellement désuet, loin des modes de shakycam ou de documenteurs si chers à l'Hollywood post 2000.



Pas déplaisant du tout pour un direct to vidéo, il s’illustre avec un certain savoir-faire, mais ne va pas jusqu'au bout d'une démarche artistique intéressante et suffisamment créatrice pour qu'on vibre. Non, le film n'a ni la force émotionnelle de «L'orphelinat», ni la poésie de «Le labyrinthe de Pan». Il y a suffisamment d'autres qualités, pour toucher néanmoins les amateurs du genre, comme la relation finalement pas si simple entre Sally et Katy.









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DON'T BE AFRAID OF THE DARK