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Sandro dirige une troupe de théâtre principalement composée de jeunes demoiselles et dont Julia est la vedette. Le metteur en scène trouve un vieux théâtre à l’abandon uniquement occupé par l’ancien gardien. Il décide de s’y installer avec sa troupe pour créer sa nouvelle représentation inspirée de Cyrano de Bergerac. Le vieux gardien tente en vain de les mettre en garde et de les faire quitter les lieux, proclamant que le théâtre est maudit. Sandro et sa troupe vont découvrir qu’un vampire réside dans le théâtre abandonné et que Julia serait la réincarnation de son amour d’antan…



En 1960, Renato Polselli réalise "The vampire and the ballerina", qui est considéré comme le premier film de vampire italien. L’année suivante, toujours entouré des scénaristes Ernesto Gastaldi et Giuseppe Pellegrini, il reprend à peu de choses près la même thématique (les danseuses cèdent leur place à des actrices de théâtre), place à nouveau de jolies jeunes filles dans les bras d’un méchant vampire et utilise quelques éléments du célèbre fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux et même du "Portrait de Dorian Gray" d’Oscar Wilde dans "Il mostro dell’Opéra" qui deviendra en France L’orgie des vampires. Le film ayant quelques ennuis financiers, il ne sera véritablement terminé qu’en 1964, date de sortie en Italie. Une sortie en catimini et une distribution internationale à la sauvette font que le film est très difficile à voir une fois qu’il est retiré de l’affiche. On remerciera donc l’éditeur Artus Films de l’avoir exhumé en version intégrale italienne pour qu’on puisse découvrir cette curiosité du cinéma d’épouvante des années 60.



Curieux, L’orgie des vampires l’est assurément. Déjà, ceux qui achèteront ce titre pour voir une orgie en seront pour leurs frais. On sent néanmoins que Renato Polselli est assez axé sur l’érotisme puisque son casting est majoritairement composé de bien charmantes créatures féminines qui se baladent en nuisettes ou en tenues suggestives, la caméra aimant s’attarder sur les petites culottes qu’elles dévoilent à tour de bras. De l’érotisme plus que soft (aucune nudité à l’horizon) mais bien présent, avec une scène bien appuyée où trois demoiselles laissent entendre qu’elles sont lesbiennes. De la suggestivité sans équivoque, que le réalisateur développera dans la suite de sa carrière de manière bien plus démonstrative.

D’autres séquences amèneront le film à la frontière du surréalisme et augmenteront son côté curieux. Citons par exemple la scène où l’héroïne se retrouve entourée de femmes vampires attachées à un mur au fin fond d’une crypte et qui vont successivement lui mordre le cou sous l’impulsion de leur maître qui les pousse à l’hystérie collective. Ne parlons pas de l’idée totalement folle qui consiste à faire danser les actrices en détresse jusqu’à l’épuisement afin qu’elles ne deviennent pas la proie du vampire ! C’est assez hallucinant et on ne sait plus trop si on est dans le réel ou si c’est une sorte de délire fantasmagorique. Les amateurs d’étrangeté devraient apprécier…



Autre élément on ne peut plus curieux (ou risible, c’est selon…) tient à l’attitude même du vampire de ces lieux. Alain Petit nous apprend que l’acteur n’avait que de petits rôles à son actif et que c’était pour lui l’occasion de montrer son talent en tant qu’acteur principal. D’où une propension à surjouer absolument incroyable ! Imaginez Francis Huster avec une paire de canines proéminentes qui passerait son temps à les montrer plus que de raison et à faire les gros yeux. Impayable ! On a ici très certainement le vampire le plus fier de ses quenottes qu’on a loisir d’admirer. Le rendu final n’est malheureusement pas très joyeux mais vu l’ambiance générale qui règne dans ce long métrage, ça ne dénote pas trop tout compte fait. On est quand même bien loin des réussites du cinéma gothique italien tel "Le masque du démon", "La vierge de Nuremberg" ou "l’effroyable secret du docteur Hichcock" par exemple. La faute à un scénario somme toute assez banal, pas franchement cohérent parfois et à un manque flagrant de savoir-faire de Polselli en terme d’ambiance d’épouvante. Son long métrage est bien filmé dans l’ensemble mais il manque vraiment un travail sur l’atmosphère pour faire frissonner le spectateur.



Résultat mitigé pour L’orgie des vampires en ce qui me concerne. Le charme et l’effet nostalgique de ces anciennes productions fonctionnent encore bien mais une fois l’introduction passée, il faut attendre la cinquantième minute pour voir débarquer notre vampire. Beaucoup de bla-bla et de scènes un brin inutiles viennent nous assoupir auparavant et on a vraiment hâte que le film trouve son rythme. Une fois le vampire dans la place, notre intérêt s’en trouve nettement renforcé puisqu’on assiste à toutes ces séquences bizarres citées un peu plus haut. Le réalisateur et ses scénaristes avaient-ils tout leur esprit quand ils ont couché sur le papier de telles idées ? En tout cas, si l’effet était de surprendre ou de nous faire perdre nos repères, c’est plutôt réussi à ce niveau. L’orgie des vampires n’est pas une franche réussite mais il mérite d’être découvert…








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