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Alors qu’ils partaient faire du camping dans une région encore sauvage, six amis vont réveiller une malédiction ancestrale. En effet, alors que l’une des jeunes femmes de notre petit groupe d’aventuriers prenait un bain de minuit dans un petit point d’eau au beau milieu de la forêt, cette dernière va soudainement se transformer en une bête sauvage et carnassière, comme si notre malheureuse était retournée à un état primitif. Devenue très violente et avide de chair fraîche humaine, la jeune femme va rapidement se retourner contre ses amis…



L’Australie a souvent aimé faire parler d’elle dans le domaine du cinéma de genre, en témoignent de nombreux long-métrages devenus aujourd’hui cultes. Alors que l’on retiendra principalement la saga post-nuke des « mad max » initiée en 1978 et réalisée par George Miller, « razorback » de Russel Mulcahy en 1984 ainsi que le tour de force que fut « funny games » de Michael Haneke en 1997, il est intéressant de constater que l’Australie voit naître depuis les années 90 des petites perles du cinéma horrifique et ce toutes catégories confondues.

En effet, alors que nos amis à l’autre bout du planisphère se sont illustrés par exemple dans les films animaliers (l’excellent « rogue », alias « solitaire » ou encore « eaux troubles », de Greg Mc Lean en 2007 ou également « the reef » d’Andrew Traucki en 2010), sans oublier une petite excursion dans le zombie movie (on pense notamment au déjanté « undead » des frères Spierig) ou encore le cinéma trash (le délirant « body trash » de Philip Brophy en 1993), il faut toutefois reconnaitre que depuis le vingt-et-unième siècle c’est surtout dans le domaine du survival que l’Australie se fait remarquer dans le cinéma fantastique. On ne peut s’empêcher alors de penser au phénomène « wolf creek » de Greg Mc Lean en 2005, mais aussi à l’excellente surprise que fut « the loved ones » de Sean Byrne en 2009 ou encore le sympathique mais bien court « insane » de Jamie Blanks en 2007. Et c’est dans cette lignée que nous continuons aujourd’hui avec « primale » (« primal » sans « e » pour le titre original) de Josh Reed en 2010.



Malgré des similitudes indéniables avec d’autres films de genre sortis antérieurement (l’inévitable ressemblance avec « les ruines » sans oublier quelques rapides clins d’œil à « evil dead » et « cabin fever » entre autres), « primale » demeure un survival plutôt divertissant dans son ensemble et proposant même quelques idées non dénuées d’intérêt, dans un monde où les repompages et autres remakes (souvent inutiles) sont aujourd’hui devenus légions.

Même si nous restons dans la trame classique d’un survival, on appréciera toutefois cette idée de faire régresser l’Homme d’un point de vue moral, l’éloigner de la vie civilisée pour le rapprocher bien plus d’une bête sauvage. En effet, une fois contaminé, ce dernier retourne à ses instincts de survie tels que l’on pouvait se les imaginer à l’ère des hommes préhistoriques (en référence à l’introduction du film où une sorte d’homme des cavernes peint sur une falaise un avertissement au sujet de ce mal qui rôde dans la région). Un état primitif difficilement compatible avec nos mœurs et nos habitudes de vie qui rend rapidement le contaminé différent, instable et dangereux pour les êtres humains non infectés, à l’instar d’un homme se transformant en zombie par exemple ou encore en fou sanguinaire (« crazies », « 28 jours plus tard »…). Mais, et c’est de là que découle cette originalité du scénario et que l’on perçoit bien la différence avec un simple zombie ou un malade sanguinaire, notre infecté va ici se comporter plus volontiers comme un animal sauvage, doté d’un certain sens de la méfiance (il flaire le danger, réfléchit avant d’agir). Notre infecté observe sa proie, tourne autour pour attendre le bon moment pour lui sauter dessus, et une fois cette dernière tombée entre ses griffes il la ramène dans ce que l’on pourrait assimiler à son antre, son territoire. Une idée ma fois fort originale qui donne un petit souffle de fraîcheur dans ce registre du survival qui commence à s’essouffler en termes d’innovation il faut le reconnaitre, malgré encore quelques petites perles par-ci par-là.

On appréciera également dans « primale » cette alternation entre jour et nuit. Il est en effet souvent bien plus facile de faire peur dans le noir, favoriser les frissons en faisant surgir un ennemi de la pénombre mais, tout comme d’autres réalisateurs de survival avant lui (« délivrance », « la colline a des yeux », « quien puede matar a un nino ? » ou même plus récemment « wilderness » et « les ruines »…) Josh Reed décide de tourner une grande partie de son film de jour, une difficulté supplémentaire bienvenue que s’impose en quelques sortes notre homme. Comme le disait le talentueux Narciso Ibanez Serrador après avoir réalisé le chef d’œuvre ibérique « quien puede matar a un nino ? » (alias le titre francophone honteux « les révoltés de l’an 2000 »), faire un film d’horreur en plein jour est quelque chose de très motivant, un pari parfois risqué mais pouvant s’avérer efficace si un ensemble de paramètres sont maîtrisés (ambiance générale, musique, lumière…).

Alors, certes, tout n’est pas exempt de défauts (loin de là même…) dans « primale », mais il est bon de souligner toutefois cette tentative d’amener un maximum de clarté dans un film voulu au départ angoissant et frissonnant.



Comme je le disais juste avant, le film de Josh Reed n’est malheureusement pas parfait et accumule certaines erreurs non négligeables qui vont pénaliser lourdement son long-métrage, un résultat vraiment dommage quand on voit les potentialités qui s’offraient à nous avec ces quelques bases bien ancrées.

Le rythme du film est peut-être le gros point noir de « primale ». Alors que ce dernier mettait du temps à démarrer (le trajet en voiture avec ses dialogues dénués d’intérêt, une escapade un brin longuette jusqu’au point de campement…), une fois notre jeune femme infectée le rythme va crescendo avec ses attaques, ses bagarres (à coups de morceaux de bois très violents) et ses rouages de coups au sol mais, en beau milieu de film, le rythme se stabilise et l’action devient répétitive, ennuyeuse même. Alors que le public entrait enfin dans ce survival sauvage et violent pour voir ce qu’il avait dans les tripes (il faut voir notre infectée sauter dans tous les sens pour attraper ses proies), ce manque d’originalité soudain va ternir une bonne partie du reste du film de Josh Reed. Ce dernier va alors tenter diverses nouvelles approches (infecter une seconde personne, nous plonger dans la nuit) pour nous faire frissonner mais le mal semble fait : « primale » retombe dans la banalité, le commun.

Le casting n’est également pas étranger à cette baisse de qualité du métrage à mi-chemin. En effet, dès le début, on se rend compte (que l’on soit en VF ou VOST) que nos acteurs sont bien loin d’être de grands professionnels. Mises à part peut-être les deux actrices principales (l’héroïne et la blonde infectée), le reste du casting ne vaut pas tripette… Le summum de médiocrité étant le leader du groupe : parfait crétin, un poil trop viril, ce dernier ne se rend pas compte que son amie est atteinte d’un mal non bénin (pourtant elle crache du sang, se tord de douleur et a des dents à présent surdimensionnées!), imbécile va!

Même si l’on appréciera cette petite touche d’humour distillée tout au long du film par nos acteurs (les avis divergents des deux hommes principaux, nos deux contaminés en rut…), ce n’est pas cela qui rattrapera les grossières erreurs citées ci-avant…



Niveau effets spéciaux, là aussi nous penchons entre le bien et le moins bien. Si on peut souligner le beau travail réalisé sur les effets sanglants du film (tête écrasée dans une mare de sang, morsure en gros plan, auto-éventrement avec une répugnante bestiole sortant du ventre…) ou encore le maquillage des personnes infectées, on peut déplorer par contre les effets numériques dans l’une des séquences finales ou encore les nombreux effets opérés sur les déplacements de la femme contaminée (sortes de ralentis/accélérés peu crédibles, sans oublier les sauts de cette dernière qui feraient bien du mal aux médaillés olympiques de sauts en longueur). Bref, de bonnes choses… et des moins bonnes!

Au final, loin d’être mauvais, ce « primale » accumule malheureusement certaines erreurs (rythme et casting principalement) et ce malgré des idées de base originales qui permettaient au film de Josh Reed de se différencier dans ce registre du survival.
Une semi-déception mais suffisamment de bonnes intentions pour se divertir en fin de soirée, d’autant plus que le film ne dure qu’1h20.








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