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Une mission spatiale ramène sur Terre une étrange spore . Une gigantesque et belliqueuse créature va alors en éclore, détruisant tout sur son passage au grand dam de la population paniquée. La solution pour s'en débarrasser obligera les astronautes à retourner sur le lieu de leur terrible trouvaille...



Si vous me lisez régulièrement, ou si vous vous intéressez au kaiju eiga, vous connaissez sans doute cette créature loufoque répondant au nom de Itoka. Ou de Guilala. Ou de Girara. J’avais en effet chroniqué «Monster X strikes back : attack the G8 summit», la suite tardive de l’oeuvre qui fait l’objet de cette fiche : Itoka, le monstre des galaxies, joli titre français du film peut-être plus connu sous son nom américain : The X from outer space. Alors que le film de monstres connait un incroyable succès au Japon, la Shōchiku, la plus vieille société de production cinématographique du pays, décide de suivre le mouvement.



Si ces studios sont habitués à produire les oeuvres des plus grands réalisateurs japonais (Ozu, Mizoguchi, Akira Kurosawa, Kobayashi...), ils confient la mise en scène du film à un illustre inconnu, Kazui Nihonmatsu, dont ce sera la première et avant-dernière oeuvre, puisqu’après un «Génocide» dans lequel les insectes tentent d’exterminer l’humanité, il ne fera plus rien. Un manque total d’expérience qui, couplé à un budget que l’on devine très maigre, donnera donc l’un des kaiju eiga les plus ratés du genre. Un film assez mauvais pour que la Shōchiku abandonne toute envie de retenter l’expérience.



Evidemment, l’élément le plus remarquable de ce kaiju eiga reste sa créature, mais elle n’est finalement que l’ultime composant d’une oeuvre ridicule sur tous les points. Si l’histoire n’est pas forcément plus idiote que celle des autres films de monstres de l’époque, elle recycle néanmoins ce qu’on a déjà pu voir dans les Godzilla ou Gamera, l’humanité impuissante face au monstre trouvant finalement une solution miracle en fin de film. Les acteurs (parmi lesquels on pourra reconnaître Eiji Okada, également présent dans «Lady Snowblood», «Baby Cart : le territoires des démons», «La Légende de Zatoïchi : retour au pays natal» ou encore l’insupportable «Hiroshima mon amour») mettent quant à eux la barre un peu plus bas, mais restent quand même beaucoup plus crédibles que les effets spéciaux. C’est simple, le budget semble être passé dans l’achat de jouets pour enfants, que les techniciens ne prendront même pas la peine de maquiller. Et comme le réalisateur insiste pour filmer les maquettes et petites voitures de près, je vous laisse imaginer le résultat. Et si vous n’avez pas remarqué la pauvreté des effets spéciaux, ne vous inquiétez pas : la plupart des plans sont utilisés plusieurs fois, afin d’économiser le plus possible.



Comme si tout cela ne suffisait pas, le rythme est affreusement lent et le film est répétitif. Même quand intervient enfin Itoka, rien de bien intéressant ne se passe et, si l’on sourit parfois devant le ridicule de l’ensemble (notamment lorsque la créature folle de rage poursuit une voiture), c’est surtout l’ennui qui se fait sentir. Dommage, parce qu’avec un tel monstre, qui fait vraiment rougir de honte les pires créations des bestiaires de la Toho et de la Daiei, le potentiel délirant était vraiment présent, ce qu’on pourra vérifier 40 ans plus tard avec l'excellent «Monster X strikes back».

Itoka le monstre des galaxies a donc pour unique intérêt l’apparence improbable de sa créature. Au-delà de cet aspect, le film est tellement raté qu’il dépasse même les limites du risible pour n’offrir qu’un spectacle affligeant et franchement ennuyeux.








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