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Alors que son père est sur le point de mourir, William Bloom décide de se rapprocher de lui afin de connaitre cet homme qui lui a raconté tant de contes plus ou moins fantastiques durant son enfance. Débordant d’imagination, Edward Bloom va revenir sur l’histoire de sa vie, un véritable voyage dans des lieux atypiques où personnages extravagants et magie se côtoient en permanence.



Quelqu’un ne connait-il pas encore le talentueux cinéaste américain Tim Burton? Visionnaire de génie, ce dernier possède une filmographie des plus intéressantes à ce jour : d’univers macabres et noirs (« Batman », « sleepy hollow », « les noces funèbres », « Sweeney Todd », « Dark shadows ») aux mondes merveilleux et enchanteurs (« big fish », « Charlie et la chocolaterie », « Alice au pays des merveilles »), ponctués tantôt de loufoqueries et bizarreries en tous genres (« Beetlejuice », « Mars attacks! », « la planète des singes ») tantôt de poésie (« Edward aux mains d’argent », « big fish »), il semble impossible de ne pas trouver dans la carrière de ce prodige un film qui vous ait marqué.

Alors qu’il a réalisé quelques années auparavant les films cultes que sont « Batman », sa suite « Batman, le défi » et « Edward aux mains d’argent » ainsi que des long-métrages ayant marqué les esprits de nombreux d’entre nous (« Beetlejuice », « sleepy hollow », voire « Mars attacks! » pour certains, même si ce dernier est souvent considéré comme le vilain canard de la filmographie burtonienne), notre réalisateur américain décide de se replonger dans une histoire mêlant fantastique, merveilleux et poésie, à la manière d’un « Edward aux mains d’argent » sorti 13 ans plus tôt.



Projet de Steven Spielberg que ce dernier abandonnera au profit du film « arrête-moi si tu peux », « big fish » tombera finalement dans les mains de Tim Burton. Un film complexe, tant sur le point de vue émotionnel (un lien père-fils des plus émouvants, l’accompagnement d’un homme plein de vivacité, de bonté et d’humour dans un ultime voyage) que sur l’aspect fantastique de l’histoire (faire la distinction entre rêve et réalité, fiction et vérité, dans les histoires ô combien extravagantes d’Edward Bloom), dont notre réalisateur de génie réussit à s’accaparer les ficelles pour nous livrer ce qui est aujourd’hui l’un de ses long-métrages les plus réussis.

« L’histoire de la vie d’un homme ordinaire comme s’il s’agissait d’un mythe » : voilà une phrase prononcée par le romancier Daniel Wallace, auteur du livre dont s’inspire le film « big fish » (« Big Fish, a story of mythic proportions »), qui décrit parfaitement le long-métrage de Tim Burton.



Réussissant à créer un équilibre entre le merveilleux, l’humour et le magique d’un côté et la poésie et l’émotion de l’autre avec comme seuls véritables liens entre ces deux entités opposées les valeurs de la famille et l’amour, « big fish » nous plonge dans une aventure humaine et fantastique à la fois dans laquelle le spectateur passera par tous les sentiments. Tantôt amusé (des discussions d’enfants sur des sujets irrationnels aux histoires décalées d’un père débordant d’imagination, tant de choses prêtent à sourire), tantôt contemplatif (les jeux du cirque et ses personnages extravagants), tantôt surpris (les passages soudains d’un univers à un autre totalement opposé : d’une forêt lugubre, froide et menaçante à l’accueillante, festive et colorée ville de Spectre, il n’y a pourtant que quelques pas à faire…), tantôt attristé et ému (difficile de rester de marbre devant ce final larmoyant et ces relations père-fils), « big fish » réussit à nous transporter dans ce voyage fantastique aux multiples péripéties avec ce qui pourrait être comme devise « vis ta vie sans aucune limite ».

Des monstres en tous genres (loup-garou, géants, siamoises, sorcière…), des décors enchanteurs (la ville de Spectre, le vaste champ de jonquilles, le cirque…) et des personnages attachants (qu’ils soient réels ou fictifs) : un ensemble d’éléments qui finalement s’assemblent au fur et à mesure que nous avançons dans cette histoire, telles les pièces d’un puzzle, pour nous donner un final somptueux et ô combien émouvant!



Alors que certains regretteront sa quasi absence aux Oscars 2004 (nous ne comptons pour « big fish » qu’une nomination pour la meilleure musique, composée par Danny Elfman, grand ami de Tim Burton pour lequel il a travaillé sur « Batman » et sa suite, « Beetlejuice », « Edward aux mains d’argent », « Mars attacks! », « sleepy hollow », « la planète des singes », « Charlie et la chocolaterie », « dark shadows »…), « big fish » n’en demeure pourtant pas moins l’un des films les plus réussis de son géniteur. Drôle, émouvant, inventif et surprenant, ce voyage fantastique dans l’univers d’un père de famille débordant d’imagination vous enchantera, petits comme grands.

EN SAVOIR PLUS : “Big fish” marque la troisième collaboration entre Tim Burton et Danny DeVito (après « Batman, le défi », et « Mars attacks! ») ainsi que la seconde collaboration avec sa femme Helena Bonham Carter, rencontrée quelques années avant sur le tournage de « la planète des singes ».