RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 2
(1 vote)
Sur une île inhabitée, des scientifiques font des expériences visant à contrôler les changements climatiques, afin de refroidir les déserts pour permettre d'ouvrir de nouvelles terres à la culture. Malheureusement, une expérience tourne mal provoquant un réchauffement extrême de l'île. Cela a pour conséquence de faire grandir les mantes prédatrices de l'île, qui découvrent bientôt un œuf gigantesque. A la surprise des scientifiques apparaît alors un bébé Godzilla, dont les cris font venir son père.



En 1967, Jun Fukuda nous adresse un curieux faire-part de naissance : godzilla est fier (fière?) de nous présenter son fils : Minilla. Evidemment, vu la ressemblance entre le rejeton et son père (partons du postulat que godzilla est un mâle, ça facilitera grandement les choses), encore que les personnages ne semblent pas s'en étonner plus que ça (ils reconnaissent immédiatement le jovial enfant), il convient de se poser la question suivante : qui est l'autre parent de godzilla ? Version "coquine": Madame godzilla aurait été une sacrée cochonne, une Marie-couche-toi-là version maousse, et le géniteur de godzilla serait donc inidentifiable (voire même multiple...). Ce qui expliquerait donc un tel écart physique. Version beaucoup plus terre à terre, où je tente de me faire l'avocat du diable : il est dit dans "Le retour de Godzilla 1955" que le godzilla n'est pas le même que celui, mort du "Godzilla" de 1954. Serait-ce donc le compagnon du premier qui apparaît dès le second film ? Enfin, troisième version, sans doute la plus plausible : la Toho n'a même pas réfléchi à cette ascendance, mais a simplement voulu faire un mini-monstre moins effrayant permettant aux enfants de s'identifier facilement.



Une identification renforcée par le fait que Minilla va être éduqué par son père, et suivre des aventures semblables à n'importe quel enfant. godzilla va ainsi apprendre à son fils à crier (un véritable défi au vu des cris aigus que pousse le rejeton), cracher le feu (pari difficile, le bébé monstre ayant tendance à cracher des ronds de lumière plutôt que le fameux rayon)... De son côté, le "Casimir lépreux" comme le nomment certains, joue au football avec un rocher, saute au dessus de la queue de godzilla (d'où l'intérêt de considérer que c'est un mâle...oui bon désolé, je fais ce que je peux, on ne ressort pas indemne de ce film hein !), et la chevauche (...), remue la sienne quand il est content, crie comme un âne, pleure comme un bébé humain, passe son temps à trébucher, essaie de se faire des amis, est un peu turbulent et doit être rappelé à l'ordre par son père, etc., etc. Mais la vie d'un monstre ne peut pas n'être que rose : à peine né, le pauvre enfant est attaqué par trois Kamacuras (les mantes géantes), qui auront tout juste le temps de l'embêter avant que deux d'entre elles ne se fassent dézinguer par godzilla, venu au secours de son fils. Un godzilla qui n'est pas en reste d'ailleurs, avec un visage clairement humanoïde, et une tendance accrue à faire des prises de catch à ses adversaires.



A côté des deux monstres vedettes du film, les humains ont une importance assez limitée. On rencontre tout de même des personnages assez croustillants, entre le journaliste gaffeur, le travailleur qui pète les plombs, la jeune fille vivant sur l'île (et le début de romance qui va avec). Les situations et les décors ne sont pas en reste, ces derniers étant particulièrement cheap, aspect plastique et couleurs criardes...La musique de Masaru Satoh concoure également à donner un aspect enfantin à l'ensemble, étant très gaie et entraînante.


Pourtant malgré tous ces défauts liés à la volonté de faire de godzilla un personnage humanisé héros des enfants, tout n'est pas à jeter. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les effets spéciaux ne sont pas mauvais, du moins en dehors du costume de Minilla (qui décidément les cumule...). Les insectes géants (Kamacuras la mante et Kumonga l'araignée) sont bien réalisés, bien incrustés dans les scènes les mêlant aux humains, et, si son costume est ridicule, il est assez bien fait. De même, parmi les éléments à sauver du naufrage, la fin est très belle avec les monstres recouverts de neige. Enfin, le film ne souffre d'aucun temps mort, et si on entre dans l'ambiance bon enfant, il est même possible, si on n'est pas trop regardant non plus, de passer un bon moment!



Néanmoins, Le fils de godzilla contribue à tirer une nouvelle fois la saga vers le bas, avec l'apparition du pire monstre jamais imaginé. On est très loin des premiers épisodes sérieux de la saga, des messages engagés et de la qualité de réalisation et d'interprétation. Un épisode qui fait donc hurler la plupart des fans du monstre, et un immense nanar qui, à partir d'un certain degré, peut devenir amusant à regarder.