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En 2018, dans une Espagne renfermée sur elle même, Dante et sa jeune copine, deux amis tentent de s'infiltrer en passant outre les contrôles aux frontières. Ils se font rattraper et sont arrêtés. Un an plus tard, Dante, s'échappe, poursuivi par un Rottweiler particulièrement redoutable, avec des crocs en acier...



Brian Yuzna est un bon producteur, et l'a déjà prouvé par le passé ("Ré-Animator", "Aux portes de l'au-delà"), mais ses talents de réalisateurs ont toujours été contrastés ("Faust", "Society"). Car, chez Yuzna, les louables intentions ne se retrouvent pas dans le résultat final. Son "Rottweiler" n'échappe pas à la règle et enfonce même le clou dans la carrière du réalisateur/producteur. Projet conçu pour feue la Fantastic Factory (société pour laquelle on préférera se souvenir de "Darkness" de Balaguero, ou encore de "Dagon" de Stuart Gordon), "Rottweiler" a certainement le tort de se vouloir plus ambitieux que son pitch de base. Après tout, quoi de plus terrifiant qu'un chien féroce, qui s'en prend sauvagement aux personnes qu'il rencontre ! Les exemples passés de "Cujo" et de "Max, le meilleur ami de l'homme" montrent que des réussites dans ce sous-genre peu exploité peuvent se produire. Malheureusement, le film de Yuzna s'avère être une déception sur toute la ligne.



Fortement handicapé par un manque de moyens financiers, Yuzna accepte malgré tout le risque de réaliser un film qui a toutes les tares pour se casser la gueule: décorum futuriste inexistant et réduit à quelques décors, un acteur principal aussi charismatique qu'un crapaud attendant sa princesse, un rottweiler mécanique tellement difficile à filmer qu'on a droit à l'alternance de gros plans sur la mâchoire de la bête / plans large (tentative pathétique de camoufler les défauts), des dialogues tellement crétins que seul Van Damme serait en mesure d'accepter: "Je vais mourir..Il m'a mordu" le tout gâté par un doublage aux petits oignons, sans oublier la punchline qui tue: "Y a des fois où on gagne et des fois ou on perd". A défaut d'avoir droit à une chasse à l'homme des plus efficaces, ce long-métrage, ne va pas fatiguer nos neurones. Même, si les scénaristes se croient obligés d'agrémenter leur récit de flashbacks, qui permettent progressivement à Dante, notre bel héros, de se souvenir de son passé oublié. Jusqu'à un final des plus cocasses et qui vaut son pesant de pâté pour chiens, le film est hilarant du début à la fin, c'est déjà ça de pris.

En effet, lors d'une première partie, notre évadé, arrive à tuer ses poursuivants, dont un rottweiler (alors tout simplement canin, bien qu'un peu plus hargneux que la moyenne de ses congénères). C'est sans compter sur l'intervention d'un scorpion capable de ranimer la bête, le tout saupoudré d'un brouillard maléfique (tout ça pour les cancres du fond de la classe qui n'auraient pas suivis que le scorpion, c'est l'esprit du Mal). Et là, notre ami à quatre pattes se trouve doté d'une force imposante et d'une mâchoire en acier. Là, ça va faire mal. C'est ce qui rend la vision de ce film supportable, car cela confère une férocité aux attaques du molosse, le tout baignant dans une couleur rouge sang du meilleur aloi. Semblant s'ennuyer derrière sa caméra, Yuzna, décide de conférer à son long-métrage une tension érotique (à défaut d'un fort suspense), en faisant courir Dante (l'acteur William Miller) en tenue d'Adam. Ainsi dénudé, il nage, court, s'agrippe aux rochers, jusqu'à ce qu'une gentille dame le récupère pour mieux profiter de son corps!



Car, dans ce monde incertain, le fait de se retrouver sans papiers fait perdre sa dignité humaine. Finalement, comme aujourd'hui, la vision de notre proche futur par Yuzna et son équipe, n'est pas des plus réjouissantes. Cette approche de la société n'est pas surprenante de la part du réalisateur de "Society". Pourtant, ce décorum semble juste là pour habiller une histoire des plus simplistes. Ce n'est pas le tour par les quartiers interlopes d'une métropole espagnole qui va changer cet état de fait. On finit par se désintéresser totalement du sort des protagonistes (à l'exception d'une fillette au destin touchant), qui ont du mal pour la plupart à exister. Leur sort n'étant que de servir de dîner au chien affamé.



Avec plus de moyens ou une ambition revue à la baisse, "Rottweiler", aurait pu être une série B acceptable, mais hélas, rien ne fonctionne correctement. Les effets spéciaux (ceux fait numériquement tiennent le pompon de la laideur) ne tiennent pas la route, et ce chien qui ressemble plus à un ersatz de "Terminator" rouillé ne provoque aucunement la frayeur. L'acteur espagnol Paul Naschy, vient y promener ses guêtres pour y faire son numéro de méchant sadique et cruel, mais son rôle ressemble à celui d'un méchant de n'importe quelle production "téléfilmesque". Un gâchis pour une Fantastic Factory en bout de course, Brian Yuzna, ayant décidé de tourner une nouvelle page dans sa déjà longue carrière. Reste à espérer que ce "Rottweiler" ne soit qu'une erreur de parcours, et que Yuzna ne connaîtra pas le même déclin qu'un autre producteur célèbre, Charles Band ("Puppet master") pour ne pas le citer.