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Alors qu’elle a perdu son mari dans des circonstances étranges, la psychologue Abigaïl Tyler tente d’enquêter dans la petite ville de Nome en Alaska sur les témoignages de nombreux habitants qui disent vivre des événements particulièrement traumatisants durant leur sommeil...



Le pari était à la fois risqué et ambitieux : mettre en scène des histoires d’abductions, autrement dit d’enlèvement extraterrestres. Le titre original du film The Fourth Kind fait d’ailleurs explicitement référence à la classification de Hyneck sur les rencontres extraterrestres. La première concerne les observations d’ovnis de loin, la seconde les rencontres laissant des traces physiques exploitables (crop-circle par exemple), la troisième les rencontres avec les entités extraterrestres et la quatrième les enlèvements. Si le sujet des abductions est relativement inconnu en France où l’ufologie ne jouit d’aucune légitimité culturelle médiatique ou scientifique, il en est autrement outre atlantique. Le sujet y est presque banal, on compte des dizaines de milliers de personnes qui disent avoir subies ces événements traumatisants et il n’est pas étonnant de voir aux Etats-Unis des abductés parler de leurs expériences dans des talk-show. Un sujet donc purement folklorique créé par des hystériques et mythomanes en mal de reconnaissance ? Certainement pas ! Une étude attentive des faits montre qu’il y a là bien plus que des histoires que l’on pourrait balayer d’un revers de main. Le docteur John Mac, psychiatre et professeur à l’université de Harvard, est même clair à ce sujet : tous les patients qu’il a pu auditionner ne souffrent d’aucune pathologie mentale et manifestent à l’image de soldats revenant de conflits, un stress post-traumatique, c'est-à-dire des troubles qui ne peuvent être simulés ou inventés. Par ailleurs, les récits sont souvent corroborés par des éléments physiques (blessures, implants...). Croire ou non à ces histoires ? Libre à chacun de s’y intéresser, et c’est sur cette accroche que s’ouvre le film.



Des le début, le concept est donc clairement expliqué : il s’agit d’une reconstitution d’événements qui se seraient réellement passés. De véritables séquences d’archives seront ainsi superposées à des séquences tournées par des acteurs. Le but de la manoeuvre est ainsi de rendre au spectateur la version la plus fidèle et crédible des événements afin qu’il puisse juger si tout cela est vrai ou faux. Si le concept sur le papier pouvait sembler intéressant, il donne en réalité au film une double impression de "bidon" et plombe assez pompeusement le propos. De plus la lourdeur des explications risquera dès le départ de faire tomber le spectateur non seulement dans le camp des sceptiques, mais mieux, de ceux qui n’en n’ont strictement rien à faire …



Et effet, la suite des événements montre qu’il n’y a pas grand-chose à attendre du film… Après une première scène de meurtre ridicule ou le mari de Abigaïl est sauvagement assassiné pendant la nuit, on entre dans les états d’âme de la psychologue qui, perdue, essaye de trouver des explications auprès de ses propres patients qui disent subir un véritable calvaire pendant leur sommeil. A aucun moment on assiste à ce qui aurait du constituer tout l’intérêt du film, une scène d’abduction. Quoi de plus terrifiant en effet : il est 3 heure du matin, vous vous réveillez, une lumière étrange inonde votre chambre, vous êtes paralysés et d’étranges créatures se trouvent autour de vous, vous emmenant dans leur vaisseaux pour vous faire subir les pires calvaires. Au lieu de ça, il faudra se contenter de séances d’hypnoses grotesques, de témoignages particulièrement laborieux, de quelques flash-back épileptiques et d’explications complètement farfelues, c’est d’ailleurs fou ce que l’on peu apprendre sur la civilisation sumérienne...

L’accent est plutôt mis sur le psychodrame que semble vivre la psychologue et autant dire que celui-ci n’a rien de véritablement touchant ou de passionnant, on est là bien loin de l’intelligence de "Signes", mettant également en scène dans un contexte similaire un drame familial. Bref, là où le film aurait du s’arrêter longuement, il ne fait qu’effleurer le sujet et là où il aurait du se montrer un tantinet nerveux, sur l’histoire policière, la reconstitution des faits, il s’éternise…



Ainsi, si vous vous attendiez légitimement à avoir des frissons, du fantastique, du mystère, du suspense, autant dire que vous serez fortement déçus. En ce qui concerne l’interprétation, il est à noter également le manque flagrant de charisme des personnages, le pire étant sans doute ceux qui sont sensés incarner les vrais protagonistes. Tout est surjoué, on y croit à aucun moment et cela en devient vite agaçant. On peut même ressentir à certain moment une envie frénétique de secouer un bon coup notre psychologue, mais nous n’auront pas ce plaisir…

En conclusion on peut dire que le seul élément véritablement paranormal dans ce film à la fois exaspérant et horripilant est sans doute son niveau de bêtise et d’ennui. Il s’agissait pourtant d’un sujet en or, mais il faut bien constater qu’à aucun moment le film ne tient ses promesses et que toutes ces élucubrations risqueront d’aller à bout du spectateur le plus téméraire. Pour les amateurs du genre, on pourra toujours revoir le bon "Fire in the Sky" qui traite lui aussi d’enlèvements ou bien la filmographie de Spielberg et l’excellente série "Taken".



1/6 - Anonymous





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