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Un groupe de mercenaires est engagé par un scientifique qui désire se rendre dans un vieux bunker allemand abandonné, perdu en Europe de l’Est. Le bunker, datant de la Seconde Guerre Mondiale, va révéler bien des surprises aux membres du commando, comme la découverte d’une salle ressemblant à un laboratoire dans laquelle se trouve une machine bien mystérieuse. Quelles expériences ont pu être commises dans ce bunker par les nazis… ?



Les nazis. Des personnages malheureusement bien réels qui ont souvent été utilisé dans les films d’horreurs, et qui se sont même vus devenir les méchants héros d’un genre à part entière dans le cinéma Bis : Le Nazisploitation. Parmi les films de série B les mettant en scène, on pourra citer sans exhaustivité des titres comme "KZ9 Camp d’extermination", "Horreurs Nazies", "SS Girl", "Holocaust Nazi" ou bien "SS camp 5" par exemple. Les méchants soldats SS sont même devenus des zombies dans les cultes "Le Lac des Morts-Vivants" ou bien "L’abîme des Morts-Vivants". Du nazi zombie made in France mesdames messieurs qui plus est ! Dans ce style, n’oublions pas de citer un classique du petit budget des années 70 avec "Le Commando des Morts-Vivants" et son scientifique nazi faisant revivre des soldats sous forme de zombies, interprété par le talentueux Peter Cushing lui-même !

Il faut dire que le personnage même du SS, tout vêtu de noir et ganté, en fait un parfait méchant de cinéma, un boogeyman charismatique et ténébreux à la fois, et il semble normal que les réalisateurs de films de terreur s’en soient servis dans leurs œuvres. Pour sa première réalisation, Steve Barker décide lui aussi d’utiliser cette figure du mal à l’état pur et mélange l’ambiance du film de guerre aux éléments fantastiques dans son film OUTPOST. Ce mélange des deux genres a fait un petit retour en force ces derniers temps puisque se sont succédé à l’écran deux autres films visuellement proches : "La Tranchée" en 1999 et "The Bunker" en 2001. Néanmoins, LA référence du film fantastique mariant nazis et surnaturel reste le superbe "La Forteresse Noire" de Michael Mann bien sur.



Tourné durant l’hiver 2007 dans la région de Glasgow, en Ecosse, Outpost est une très agréable surprise et se révèle très plaisant à regarder et vraiment fort soigné pour un premier film. Steve Barker a réuni un solide casting, a misé sur ses personnages, les a développé comme il faut sans en négliger aucun, a pris le temps de les présenter aux spectateurs avant de les faire se confronter au surnaturel et à l’horreur. Un choix judicieux et payant, puisque nous sommes pris d’entrée de jeu dans ce groupe de mercenaires et que notre intérêt pour leurs (mes)aventures grandit de façon croissante. Il faut dire que nos soldats ont tous une "gueule" et qu’ils sont parfaits dans leur rôle, en particulier leur chef, DC, interprété par l’excellent Ray Stevenson, qu’on a vu dans "Le Roi Arthur" mais surtout dans la série télévisée "Rome" où il incarne Titus. Méticuleux, observateur, autoritaire quand il le faut, DC est un parfait mercenaire, un soldat surentraîné qui ne laisse rien au hasard et sait mener une troupe malgré les obstacles. Ses compagnons d’infortune ont tous leurs petites spécificités et emportent l’adhésion auprès du spectateur, qui a l’agréable impression de regarder l’équipe de soldats d’ "Aliens le retour" ou de "Predator" perdue dans un vieux bunker allemand.

Outre la qualité du casting, l’autre gros point fort du film est le soin apporté aux décors, aux costumes, à l’ambiance. On a vraiment l’impression d’être avec le groupe de mercenaire, on ressent leurs stress, leur peurs, quand ils doivent descendre à l’intérieur du bunker, quasiment dans le noir. L’atmosphère devient vite étouffante, angoissante, claustrophobique. Le personnage du scientifique, à l’origine de cette expédition, venant renforcer l’aspect angoissant puisque nous spectateurs, savons qu’il cache un secret et que sa présence ici n’est pas fortuite, pas uniquement pour ses recherches. De fil en aiguille, des éléments nouveaux vont se dévoiler et on va en apprendre un peu plus sur les mystères que cache ce bunker maudit. Le surnaturel fait également petit à petit son apparition, puisque certaines formes spectrales portant des casques allemands apparaissent derrière nos soldats, provoquant sur nous quelques petits frissons bien agréables. La tension progresse de façon exponentielle, intelligente et Steve Barker nous emmène sans difficulté là où il veut qu’on aille.



Bon, et nos super-soldats nazis alors, quand est-ce qu’on en parle ? Ben maintenant tiens ! D’ailleurs, on a un peu de mal à savoir ce qu’ils sont vraiment : des fantômes, des morts vivants ? Ou un peu des deux ? Le fait que certains disparaissent comme ils sont apparus laisserait penser qu’on a affaire à des esprits vengeurs mais la découverte d’un survivant bien vivant, qui aura son importance par la suite (et qui nous vaudra la meilleure scène du film quand on découvrira son véritable rôle), nous redirige vers la voie des soldats immortels, sources d’expérimentations diaboliques ayant eu lieu dans ce bunker lors de la Seconde Guerre Mondiale, les nazis étant très attirés par les sciences occultes. Bref, on a parfois quelques difficultés à les situer, peut-être que les manipulations qu’ils ont subis leur ont donné certains pouvoirs paranormaux, on s’en fout un peu après tout, on nage dans l’irrationnel et on ne va pas chercher à mettre des données cartésiennes là-dedans. Toujours est-il que leurs apparitions au fond d’un bois, dans une lumière fantomatique, est du plus bel effet et qu’effectivement, le costume noir et le casque allemand, ça en jette pour des méchants de films !

Niveau violence, Outpost ne fait pas dans le démonstratif outrancier et préfère encore une fois jouer dans sur l’ambiance d’épouvante plutôt que d’étaler de la barbaque partout. On aura droit à quelques meurtres néanmoins sympathiques, avec baïonnette enfoncée dans une bouche ou crevaison d'un œil. Mais encore une fois, ne vous attendez pas à un étalage de barbaques, vous seriez déçu de ce point de vue là.



Au final, OUTPOST s'avère une production fort honnête en provenance d'Angleterre, au rythme soutenu, qui nous laisse une très bonne impression et prouve que les réalisateurs anglais comptent de plus en plus dans le domaine du cinéma fantastique et horrifique et reviennent sur le devant de la scène après la glorieuse période de la Hammer Films. Après "Dog Soldiers", "The Descent", "Wilderness" ou bien encore le récent "Eden Lake", vous pourrez ajouter dans votre collection "OUTPOST", il ne fera pas tâche, bien au contraire !








Du même réalisateur :

Ne casse pas trois pattes à un canard !


2.04

Mou du genou (il faut attendre 1h10 pour qu'il se passe vraiment quelque chose d'intéressant !), ce petit huis-clos lorgnant sur "La forteresse noire" est en plus doté d'une fin décevante. C'en est trop !