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Vous avez une haine farouche de ces remakes inutiles des grands classiques du cinéma de genre ? Voici venir le temps des remakes de films déjà dispensables. Sydney Wells est aveugle. A cinq ans, elle fut victime d'un accident qui a coûté la vie à ses parents et l'a privé de la vue. Une vingtaine d'années plus tard, la belle Sydney (qui est en fait Jessica Alba dans la vrai vie, mais chut ! Faut pas le dire…) s'apprête à subir une greffe de cornée qui devrait lui permettre de retrouver sa vision. L'opération réussit (forcément, sinon le film s'arrête au bout d'un quart d'heure). Mais (car il y a un mais, sinon ça s'appelle un film d'art et d'essai) Sydney hérite d'une paire de mirettes qui va lui permettre de voir plus que ce qu'elle aimerait. Suspense intense. Elle voit des morts ! Youpi ! Attention, ce n'est pas tout. Elle voit les esprits qui viennent récolter l'âme des vivants. Du coup, elle peut prédire qui va mourir dans les prochaines minutes. Forcément, son oculiste la prend pour une secouée. Je ne saurais résister de commencer cette critique par une citation de Woody Allen : "Hollywood ? C'est une usine où l'on fabrique dix-sept films sur une idée qui ne vaut même pas un court métrage." Dont acte.



Quand je me suis proposé de faire la critique de The Eye, l'un de mes charmants co-rédacteur que je ne citerai pas pour des raisons évidentes de confidentialité, m'a demandé s'il "s'agissait bien du film où Jessica Alba avait peur de son four." J'ai donc répondu à Gérald qu'il s'agissait là d'un résumé plus que pertinent pour cet énième remake à peu près aussi terne et dispensable que son modèle. Si ce n'est plus. En fait, tout dépend du point de vue. The EYE est légèrement supérieur à l'original des frères Pang, notamment par une clarification de la trame scénaristique et une réalisation (à peine) moins brouillon. Seulement voilà, The EYE intervient six ans plus tard, sur un sujet qui entre temps a été rebattu jusqu'à la nausée. De ce fait, le métrage des deux jeunes talents français apparaît insipide.

Oui mesdames et messieurs, après avoir torpillé tous les grands classiques du cinéma de genre, Hollywood continue d'appliquer son adage favori : "il n'y a pas de petit profit". Résultat, les remakes pleuvent et deviennent de plus en plus douteux. Maintenant la machine à rêve s'inspire de métrages de piètre qualité. Vous vous attendiez à quoi ? Que le bronze mal coulé se transforme en or en fusion ? Aucune chance que cela arrive, rassurez-vous. Si vous ne voulez perdre ni votre argent, ni votre temps, ne passez pas par la case The EYE.



Pourquoi ce remake ? Pourquoi un de plus ? Pourquoi tant de haine ?
Toute cette vague de refaisage laisse augurer le pire pour le future. Plus les remakes sont crachés au visage des cinéphiles, plus il devient évident que le spectateur est pris pour un canard sauvage. Le Comme si le leitmotiv était "de toute façon, on s'en fout du spectateur, on lui ferait avaler même de la merde." Quelque chose doit leur laisser penser qu'ils ont raison. Ah, les chiffres du box-office me font signe qu'ils ont raison.
Hé oui, tant qu'on sera là à ouvrir la bouche béatement, cette rafale de glaires cinématographiques ne cessera pas.
Des propos un peu tranchants ? Peut-être. Mais ce phénomène en cache un autre : celui de la paupérisation du talent. Certains ont de très bonnes idées et le talent pour les réaliser, sans pour autant en avoir les moyens. De l'autre côté, les nantis font fonctionner une machine poussive qui commence à dangereusement montrer ses limites.



Il ne fait aucun doute que ce film plaira à certain. Tout l'égout va dans la nature. C'est d'autant plus certain à l'écoute des cris de jouissance émis par les adolescents post pubères en rut, la peau auréolée d'acné et la bouche éjaculant des jets graisseux de pop corn à peine mastiqué. A chaque tentative des cinéastes, de nous faire bondir, les individus suscités sursautaient, répandant du maïs soufflé trois sièges alentours avant de grogner de plaisir et de faire des réflexions désobligeantes à leurs camarades.
Pendant le temps que vous passez à vos protéger des jets de pop corn toxiques qui vous sont envoyés ponctuellement, vous vous frottez les yeux. Effectivement, The Eye a le mérite de vous faire ressentir le calvaire de l'héroïne : le montage vous fusille la rétine et vous fait pleurer les yeux. A ce titre, c'est une grande réussite.
Toute plaisanterie mise à part, la première partie de The EYE est assez peu agréable pour les yeux. Pas (seulement) parce que la mise en scène est épileptique ; plutôt du fait de choix artistiques tendant à représenter le recouvrement de la vue par Sydney. Alors on se prend des changements de mise au point dans la tronche, des variations de focales pas spécialement agréables... Il y a derrière cela une sorte de plaisir sadique d'en mettre plein la vue (sic) au spectateur.



The EYE est donc un obscur clin d'œil vitreux à un public myope ou désireux de le devenir. Comment ça vous pensez que mes traits d'esprit sont les pets foireux d'une littérature journalistique amateur ? Attendez donc d'avoir lu la superbe accroche américaine de The EYE : "How can you believe your eyes when they're not yours ?" (NdR : "Comment en croire ses yeux quand ce ne sont pas les vôtre.") Étonnant, non ?
J'ajouterais : "Ni d'yeux ni maître", "l'original ou le remake, choix corné(e)lien", ou encore "en plein dans l'œil !".

Malgré cette critique et la note en résultant, si vous souhaitez voir The EYE, ne vous en privez pas. Si l'envie de voir Jessica Alba avoir les yeux vitreux sans alcool vous prend, alors sautez sur l'occasion. Il s'agit d'un produit plutôt divertissant qui, je le répète, plaira à un certain public. Pas à moi.








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