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LE GORE AU CINEMA , un dossier de Stéphane Erbisti

 

AVERTISSEMENT : CE DOSSIER CONTIENT DES PHOTOS
DE NATURE A CHOQUER LES PLUS JEUNES LECTEURS.


Que serait le film d’horreur s’il n’y avait pas de sang ? Des films d’épouvante, misant sur une ambiance macabre et sur des gimmicks pour faire sursauter le spectateur. Mais ce même spectateur, il en veut toujours plus. Et il ne veut plus voir des morts filmés en hors champ mais bien être aux premières loges pour satisfaire sa soif d’horreur et de monstruosité. Le point référence du film gore est l’année 1963, où le réalisateur Herschell Gordon Lewis éclabousse les écrans avec "Blood feast". Si ce film est bel et bien le premier à avoir montré aux spectateurs ce que les autres se contentaient la plupart du temps de suggérer, on trouve néanmoins de nombreux éléments se rattachant au gore depuis l’invention du cinéma.

 

Bienvenue dans l’univers sanglant du film gore, où l’humour n’est jamais bien loin et où les amateurs d’émotions fortes et de soirée pop-corn puisent pour animer leurs soirées télévisuelles.

Le terme "gore" désigne dans les dictionnaires anglais "le sang coagulé, le sang répandu". Beaucoup de films sont considérés comme gore parce qu’ils contiennent des scènes sanglantes mais ne sont en fait que des films d’horreur. Personnellement, je ne classerai pas des films comme "Frayeurs" ou "L’au delà" par exemple comme des films gores, même si le sang y coule à flots. Car dans les deux exemples cités, la notion "d’humour" n’a pas sa place. Je pense que cette notion est indissociable du film gore et des films comme "Bad taste" ou "Braindead" sont les fiers représentants de ce genre, car au-delà de l’aspect vomitif et ultra sanglant, on s’y amuse beaucoup, ce qui n’est pas le cas des films de Lucio Fulci, au demeurant très serieux dans la façon d’aborder les séquences d’horreur.

On trouve néanmoins une contradiction dans mes propos avec l’arrivée de cinéastes allemands comme Olaf Ittenbach, qui réalise de purs films gores, sans vraiment nous donner de quoi rire. "Black past" ou "Premutos" font partie des films les plus sanglants de l’histoire du cinéma mais ne proposent pas cette notion d’humour. Il est pourtant clair que ce sont d’authentiques films gores, délaissant quelque peu le scénario pour se concentrer sur les scènes ultra sanglantes.

 

Bref, le cinéma gore est un peu comme toutes les sous-catégories du cinéma fantastique. Chacun peut y mettre les films qu’il désire, s’attirant les foudres ou l’approbation d’autres personnes qui ont ou non la même définition d’un film gore. Pour certains, âmes sensibles ou peu habitués à ce genre de spectacle, voir une ou deux scènes ultra sanglantes dans un film le catalogue immédiatement dans la catégorie gore. Pour d’autres, il faudra au minimum plus de 200 litres de sang dans un film pour le cataloguer comme gore. Le gore au cinéma, y’en a pour tous les goûts, et c’est ça qui est bien !

* L’avant gore cinématographique

Bien avant son apparition au cinéma, le gore était déjà présent au théâtre et c’est même en France qu’il est apparu, chose plutôt étonnante quand on voit l’inintérêt quasi-total des réalisateurs français pour ce genre de films. Le déclencheur est donc le théâtre, et en particulier celui qu’on nommait "Le Théâtre du Grand Guignol", titre qui notifiait bien que les spectacles proposés étaient destinés aux adultes et non pas aux enfants. Dans les années 1900, les pièces de théâtre présentées ici comportaient déjà leurs lots d’atrocités et les titres mettaient bien l’accent sur ce qu’on allait voir : "Le jardin des tortures", "Le laboratoire des hallucinations" ou bien encore "L’horrible expérience" faisaient la joie des amateurs de sensations fortes, le tout à grand renfort de trucages simplistes mais efficaces. Certaines personnes sensibles finissaient même par s’évanouir lors des représentations, à la grande joie de leurs auteurs. David Friedman, le producteur de "Blood feast" a d’ailleurs eu l’idée de faire un film gore après avoir assisté à une représentation au Théâtre du Grand Guignol. Celui-ci fermera ses portes en 1962, soit un an avant la sortie du film de Lewis. Une belle reprise de flambeau !

 

* Les prémices du gore au cinéma

C’est bien évidemment au français George Méliès, inventeur des effets spéciaux et du cinéma de divertissement, célèbre avec son fameux "Le voyage dans la Lune" en 1902, qu’on devra les premières scènes contenant du sang. Dans "Les incendiaires", 1906, l’exécution finale comporte la trace de sang. D.W.Griffith, réalisateur oh combien célèbre, utilisera également du sang dans son film "Intolérance", avec au programme deux décapitations et une lance perforant le ventre d’un soldat qui se recouvre de sang. Mais ces visions ne seront rien comparées au choc de la séquence d’introduction du film de Luis Bunuel, "Un chien andalou", réalisé en 1916. Sur l’écran, la Lune. Un nuage passe devant, tout comme le rasoir qui vient de trancher en gros plan l’œil d’une jeune femme, sans aucun motif. Une séquence culte, horrible, qui a su garder tout son impact, encore aujourd’hui. Je pense qu’on peut désigner cette scène comme étant la première séquence gore du cinéma.
Et puis, plus rien. Le sang disparaît des écrans. Point de débordements sanglants dans les films de la Universal, où Dracula, la Momie, le loup-garou et la créature de Frankenstein se partagent la vedette. Il faudra attendre de nombreuses années avant de revoir du liquide rouge couler sur les écrans de cinéma.

 

* Gore 2 - le retour

C’est en 1957, soit près de quarante ans plus tard, que des éléments gores vont refaire leurs apparitions. En Angleterre tout d’abord, où la Hammer Films remet au goût du jour les classiques de la Universal, mais cette fois, en couleurs. Ce sera tout d’abord "Frankenstein s’est échappé" en 1957, dans lequel Terence Fisher nous gratifie de la vision de bocaux contenant mains tranchées, cervelle ou globes oculaires. L’année suivante, les spectateurs voient enfin du sang couler le long du cou des victimes du Comte Dracula, après que celui-ci les aient mordues, dans "Le cauchemar de Dracula". C’est encore léger mais les visions sanglantes vont aller en s’accentuant. Après l’Angleterre, c’est également l’Italie qui s’adonne aux joies des séquences gores. Mario Bava fait gicler du sang lors de son introduction dans "Le masque du démon", Antonio Margheriti nous montre un visage ensanglanté dans "La vierge de Nuremberg". En France, George Franju nous livre une séquence impressionnante dans laquelle un chirurgien prélève le visage d’une patiente pour le greffer à sa fille. "Les yeux sans visage", en plus d’être un authentique chef-d’œuvre, comporte donc une séquence extrêmement gore pour l’époque (1959).

 

"Les prédateurs de la nuit", plus gore que "Les yeux sans visage" !

Mais toutes ces tentatives vont vite être reléguées aux oubliettes avec Herschell Gordon Lewis et son ami le producteur David Friedman, qui vont choquer le monde entier avec un film au titre explicite : "Blood feast", la fête sanglante !

 

* Les débordements de Monsieur Lewis

Il faut bien le reconnaître, "Blood feast" n’est pas un très bon film. Même son propre réalisateur l’avoue, c’est pour dire ! Néanmoins, pour savourer sa vision, il faut quand même tenter de se replonger en 1963, et se dire que les spectateurs n’avaient rien vu de tel depuis la naissance du cinéma. Dans son film, Lewis nous dévoile toute une série de meurtres perpétrés par le gérant d’une boutique égyptienne, qui veut célébrer sa déesse Ishtar comme il se doit, en organisant une fête sanglante. Crâne écrasé, membres découpés, langue arrachée, tout y passe, et avec un maximum de sang versé. Le film n’est pas exempt de points faibles, comme la réalisation, l’interprétation, qui confine presque à l’amateurisme. Mais comme je l’ai déjà dit, jamais auparavant on n'avait vu un tel spectacle sur grand écran, et "Blood feast" se doit d’être considéré comme le témoignage d’une époque et la première œuvre génératrice d’un nouveau genre : le cinéma gore !
Herschell Gordon Lewis, stupéfait par le succès remporté par son film, réitère l’expérience l’année suivante avec "2000 maniacs", qui apparaît moins gore mais beaucoup plus maîtrisé que "Blood feast". L’humour fait également son apparition et les situations censées être dramatiques se révèlent très amusantes pour le spectateur, un peu moins pour les personnages à l’écran. "2000 maniacs" est pour moi très représentatif du cinéma gore tel que je l’imagine. C’est un film gai, vivifiant, à l’humour noir, qui ne se prend pas au serieux et qui comporte son lot d’atrocités, même si on a vu bien pire depuis. Lewis continuera sur sa lancée sanglante avec des films comme "Color me blood red", "A taste of blood", "The gruesome twosome", "The wizard of gore" ou "The gore gore girls
" par exemple. On ne l’avait plus revu depuis 1972 mais il fera son come back en 2002 avec un nouveau film gore, "Blood feast 2". Les films de Lewis sont des petits budgets et leur côté "amateur" peut en rebuter certains, mais ils ont marqué d’une trace indélébile l’univers du film gore.
Notons que pour Herschell Gordon Lewis, un vrai film gore ne doit pas comporter d’effets spéciaux de synthèses mais bel et bien du latex, du faux sang et beaucoup d’imagination !

 

* La brèche est ouverte !

Devant le succès des effets sanglants à l’écran, d’autres réalisateurs vont se servir du gore dans leurs films afin de renforcer l’aspect réaliste de la violence. Et pas seulement des réalisateurs indépendants. En effet, des films issus des grands studios hollywoodiens vont oser montrer du sang. Ce sera le cas en 1967 dans le "Bonnie and Clyde" d’Arthur Penn, relatant la sanglante odyssée de ce couple de bandits, et qui les verra mourir dans un final apocalyptique, le corps criblé de balles d’où s’écoulera le liquide rouge auparavant absent de ce genre de film. Sam Peckinpah fera de même en 1969 dans son western devenu un classique du genre, "La horde sauvage". Evidemment, ces deux films n’ont pas grand chose en commun avec les démembrements et autres atrocités des films de Lewis. Mais ils ont fait entrer les effets gores dans le monde du cinéma "non spécialisé", dans des films qui ne sont pas à la base des films d’horreur et en ce sens, ils sont tous les deux capitaux pour comprendre l’avancée du gore au cinéma.

L’Américain George Romero va lui aussi avoir un rôle majeur dans l’avancée et la perception du cinéma gore aux yeux du public. Il réalise le culte "La nuit des morts-vivants 1968", qui, bien que filmé en noir et blanc, comporte des scènes de cannibalisme et autres visions détaillées où le sang est bien présent. Là où ce film aura un véritable impact pour le cinéma gore, c’est dans sa réalisation et dans son serieux. Nous sommes bien loin de "Blood feast" par exemple en terme de qualité. Le film de Romero possède une histoire solide, des acteurs inconnus mais qui savent jouer et donnent un vrai aspect dramatique à leurs personnages, des effets gores réalistes et beaucoup moins "grand-guignolesque" que les films de Lewis, ce qui donnera une certaine respectabilité aux effets gores, en toute mesure s’entend.

 

 

Tous ces films vont donc ouvrir une voie royale à de nombreux réalisateurs qui vont utiliser le gore pour augmenter l’impact de leurs films sur le public. Martin Scorsese l’utilise dans son chef d’œuvre "Taxi driver", Francis Ford Coppola dans "Le parrain". La violence devient crue, dure, sans concession et les effets sanglants renforcent son effet. Dorénavant, la mort dans un film n’est plus "abstraite" mais devient "réelle", elle reflète ce qui se passe vraiment dans la réalité si on se prend une balle dans le ventre ou un coup de couteau par exemple.

Mais si on y regarde de plus près, il y a très peu de vrais films gores en fait. Les effets sanglants interviennent pour servir l’histoire mais ne constituent pas une fin en soi, comme pour les films de Lewis. On ne peut décemment pas qualifier de film gore "La dernière maison sur la gauche" ou "La colline a des yeux" de Wes Craven par exemple, et encore moins le culte "Massacre à la tronconneuse" de Tobe Hooper, qui traîne cette réputation injustifiée encore de nos jours. La faute à des journalistes ne connaissant absolument pas le sujet, qui n’ont peut-être même pas vu le film mais qui se basent sur son titre outrancier. De même, "Vendredi 13" n’est pas un film gore, même s’il contient son lot de meurtres bien sanglants.

 

 

Les années 70 voient donc l’effet gore de plus en plus présent dans les films d’horreur. Le Canadien David Cronenberg l’utilise de façon à révulser le public dans "Frissons" en 1975, George Romero s’attachera les talents de Tom Savini, l’un des meilleurs spécialistes des effets gores, pour "Zombie" en 1978, l’Italien Dario Argento nous livrera une séquence bien gratinée dans son "Suspiria". L’Italie va d’ailleurs devenir l’un des pays où le gore sera le plus utilisé.

 

En 1979, Lucio Fulci veut aller plus loin que Romero et réalise "L’enfer des zombies" qui contient de grandes scènes gores, comme celles de l’écharde perforant un œil ou le déchiquetage d’une gorge à grand renfort d’hémoglobine. Fulci sera un maître dans l’art de jouer des effets gores dans ses futures réalisations, comme dans "Frayeurs" ou "L’au delà" mais encore une fois, on ne peut mettre ces films dans la catégorie "gore". Ce sont avant tout des films d’horreur utilisant le gore pour servir l’histoire et le scénario. Mais la notion de divertissement est encore absente de ces œuvres, qui ne prêtent pas vraiment à sourire. D’autres artisans du Bis rital vont s’amuser avec le gore comme Marino Girolami dans son film "La terreur des zombies" ou Andrea Bianchi dans "Burial ground" par exemple.

 

Même dans les années 80, les vrais films gores peuvent se compter sur les doigts de la main. La vague des "slashers movies" comportent de nombreuses scènes utilisant le gore, comme "Carnage" ou "Rosemary's killer" par exemple. Mais ce ne sont pas des films gores. Tom Savini se surpasse au niveau des effets sanglants dans le terrifiant et ultra glauque "Maniac" de William Lustig. En 82, Sam Raimi fait couler beaucoup de sang dans "Evil dead", tout comme Frank Henenlotter dans "Frère de sang" ou Joe d’Amato dans "Horrible". Mais toujours pas de pur film gore.

 

Par contre, il faudra retenir l’année 1985 comme étant enfin une "année gore". En effet, deux bombes du cinéma gore vont débarquer sur nos écrans. La première sera lancée par Stuart Gordon, qui nous livre un cocktail d’humour noir et d’hémoglobine avec son fameux "Re animator", adaptation éloignée d’un écrit de Lovecraft, devenant ici une parodie du mythe du savant fou, inventeur d’un sérum faisant revivre les morts d’un hôpital. On rit comme des fous, ça saigne par litres, il y a un peu d’érotisme et surtout beaucoup d’imagination (une tête coupée faisant une gâterie à la belle Barbara Crampton !), bref un must du genre, qui rentre parfaitement dans la définition du genre, ou du moins de la mienne.

 

L’autre petite bombe est due à la firme Troma, avec, et ce n’est pas moi qui le dit, "le premier film gore 100% comique", j’ai nommé l’hilarant et explosif "Toxic" et son super-héros vengeur culte, le toxic Avenger ! Un fleuron du genre, avec des scènes gores bien crades, mais filmées avec humour et entrain ! Ce sera également le cas de "Redneck zombies" en 87, autre fleuron gore de la Troma ou bien du génial "Decampitated", réalisé en 1998 par D. Matt Cunningham, une perle du comico-gore, toujours sous l’égide de Troma...

 

Cette même année 85, George Romero et Tom Savini nous concoctent également des scènes gores impressionnantes dans "Le jour des morts-vivants".

 

En 1986, deux films sortis directement en vidéo chez nous renouent également avec le gore à la Herschell Gordon Lewis. Ayant un côté très amateur, sentant le budget fauché, utilisant des acteurs plutôt mauvais, "Abomination" et "Ozone" sont des nanars pur gore, qui misent tout sur les séquences horribles et sanglantes, sans trop se soucier du reste.

 

 

Un autre produit "sang pour sang gore" verra le jour en 1987, réalisé par Jim Muro, l’incroyable "Street trash". Immoral, ordurier, le film de Muro est un peu à part dans le paysage du film gore puisque son jeune réalisateur a renoncé à utiliser du sang rouge afin de contourner la censure. Nous avons donc droit à des gerbes de sang multicolores, associées à une mise en scène impeccable et à de nombreuses trouvailles visuelles, qui font de ce film un petit ovni hors-norme, étant de plus le seul film réalisé par Jim Muro, qui deviendra un virtuose de la caméra Steadycam sur de nombreux films.

 

La France, pays qui n’a quasiment jamais porté le moindre intérêt aux films d’horreur, mis à part Jean Rollin, nous livre enfin un film gore, le sanglant "Baby blood" d’Alain Robak en 89. Une tentative qui ne sera suivie par aucun autre réalisateur, si on excepte encore une fois certains films de Rollin ainsi que les films amateurs d’Antoine Pellissier, surnommé Docteur Gore, aux titres explicites de "Maleficia" ou "Horrificia" par exemple.

En Angleterre, seul Clive Barker se livrera à quelques excès gores avec "Hellraiser".

 

Au Japon, qui avait déjà plongé dans les délices de l’utilisation du gore dans de nombreux chambara, comme dans les excellents "Baby cart" par exemple, une série désormais culte de films d’horreur va à nouveau se servir du gore pour estomaquer le spectateur. Les "Guinea Pig" vont en effet très loin dans l’horreur ultra réaliste, en particulier les deux premiers volets, "Guinea pig : devil's experiment" et "Guinea pig 2". Rarement on aura vu un spectacle aussi immonde de tortures, de démembrements et autres atrocités, filmés sans le moindre humour, de façon quasi documentaire. Les autres épisodes prendront un peu de recul avec l’apparition d’un semblant de scénario et de fantaisie. L’épisode avec la sirène restant bien écœurant également ("Guinea pig 4 : mermaid in a manhole").

  

 

 

On trouvera également du gore dans des superproductions en cette décennie 80, comme dans "Indiana Jones et le temple maudit" qui offre des dégustations de cervelles de singes et même une extraction à main nue d’un cœur humain.

Une œuvre datant de 87 ravira les amateurs de gore : "Elmer le remue meninges" de Frank Henenlotter, encore un film bien délirant et original !

Mais c’est en fait la Nouvelle-Zélande qui va nous apporter un vrai film gore, toujours en 87, avec la première réalisation de Peter Jackson, "Bad taste". Ayant nécessité quatre ans de tournage, du au manque d’argent, le film du futur réalisateur de la trilogie du "Seigneur des Anneaux", est un monument d’inventivité et de scènes vomitives, mais où l’humour n’est jamais absent. A revoir aujourd’hui, "Bad taste" a un peu mal vieilli mais il reste néanmoins un incontournable du cinéma gore.

 

Il faudra attendre 1992 pour que ce même Peter Jackson nous livre le sommet du gore, avec l’insurpassable "Braindead" et ses hectolitres de sang et de barbaque ! Enchaînant les séquences comico-gores avec un rythme d’enfer et une ingéniosité à toute épreuve, "Braindead" est l’archétype du film gore, un vrai défouloir ultra sanglant qui vous démantibulera les mâchoires de rire ! Un pur joyau.

 

 

Une autre grande surprise de ces années 90 sera le mélange détonnant de polar et de gore du culte "Une nuit en enfer". Les spectateurs ne s’attendent qu’à un polar quand au bout d’une heure de film, ils voient débarquer des vampires et autres goules qui vont faire gicler le sang de façon abondante sur l’écran. Jouissif de bout en bout, ce film est un vrai régal.

Si les studios américains utilisent l’aspect gore dans leurs films, et notamment les films de gangsters comme "Pulp fiction", "Reservoir dogs" ou "Tueurs nés" par exemple, il faut aller chercher le renouveau du film gore en Allemagne en ce début des années 90.

En effet, l’Allemagne va devenir le nouveau berceau du film gore. Du gore misant moins sur l’humour comme l’a fait Peter Jackson, mais du gore et du vrai quand même. Les chefs de file de cette nouvelle brèche faite au gore se nomment Olaf Ittenbach ou Andreas Schnaas. Le premier voue un véritable culte au film gore et ses réalisations le confirment : "Black past", "The burning moon" ou bien encore "Premutos" et ses 139 morts ! Toujours un aspect amateur dans les films cités mais des effets gores hyper bien réalisés, imaginatifs et vraiment très sanglants. Barbaque et tripaille à gogo seront également au rendez-vous des films d’Andreas Schnaas. Les "Violent shit 2", "Infantry of doom" ou autre "Anthropophagous 2000" et "Nikos the impaler" satisferont les amateurs de débordements sanglants.

 

 

D’autres tentatives de faire du vrai gore seront à noter dans les années 2000, avec des films comme "The necro files" ou "Terror toons" par exemple. Citons bien sûr le "Blood feast 2" de monsieur Lewis, qui revient en 2002 à ses premiers amours.

 

Les années 2000 marqueront également le retour du film d’horreur "sérieux" se servant du gore. "Massacre à la tronconneuse 2003" fut le premier à vouloir éliminer les traces d’humour, il sera suivi par des films durs comme "Creep" ou récemment "The descent", qui ne lésinent pas sur la quantité d’hémoglobine utilisée. Saluons également le réalisateur français Alexandre Aja, qui nous donne le meilleur film gore qu’on ait vu depuis des lustres en 2003 avec "Haute tension" et ses excès gores proprement hallucinants !

 

Les amateurs de gore devront je pense trouver leur bonheur en vidéo, car si de nombreux films d’horreur jouent avec ce sous-genre, ils n’en sont pas moins QUE des films d’horreur et non pas de vrais films gores. En 92, "Braindead" a t-il été le chant du cygne du film gore ? La réponse allemande semble suggérer que non, mais le circuit privé de la distribution de ces films ne semble pas donner grande chance au gore sur grand écran. Guettons quand même du coin de l’œil, juste au cas où…

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