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AMITYVILLE , un dossier de Marija Nielsen & Yann Le Biez

 

 

 

Première partie : Le commencement

Le meurtre froidement calculé de toute une famille dans la soirée du 13 novembre 1974, a donné lieu à l’une des affaires criminelles les plus connues, ayant même pris des proportions paranormales dont le fondement n’a jamais pu être véritablement prouvé. Ici, nous allons d’abord vous exposer les faits de cette nuit abominable, ensuite faire une excursion du côté du monde invisible et puis terminer par une rapide présentation des films/livres que ce drame a engendrés. Notre intention n’est pas de vous convaincre de quoi que ce soit, mais plutôt de rester aussi objectifs que possible afin de vous laisser vous faire vos propres idées. Vous verrez que cette affaire suscite encore aujourd’hui de nombreuses controverses dont certaines ne verront sans doute jamais de conclusion à cause du décès de nombreux protagonistes.
Nous vous souhaitons une bonne lecture.

1. Situation géographique de la maison

La maison du drame se situe au 112, Ocean Avenue, dans un village nommé bien sûr amityville, situé en bord de mer sur Long Island dans l’état de New York. L’endroit est habituellement paisible et magnifique, la population n’excédant pas les 10 000 âmes. Les habitants sont fiers de leur lieu de vie et d’après les photos disponibles, cela n’a rien d’étonnant. Il va de soi qu’ils sont très protecteurs envers la tragédie ayant eu lieu chez eux et qu’ils regrettent de voir leur tranquillité dérangée par des touristes avides de rumeurs.

   

La douce ville d'amityville

2. Le 13 novembre 1974

Vers 18h30, la porte de Henry’s Bar s’ouvrit brusquement. Ronald DeFeo Jr entra en trombe et cria de façon hystérique : "Vous devez m’aider ! Je crois que mes parents ont été tués !". Six hommes le suivirent dans une camionnette tandis que Ronald fonçait vers la maison à toute vitesse dans sa propre voiture, ignorant leurs avertissements de ralentir. Arrivé sur les lieux, Ronald courut vers la porte d’entrée. L’un des hommes lui cria de faire attention car quelqu’un pourrait encore se trouver à l’intérieur. Le jeune homme répondit : "Ca m’est égal !".
L’intérieur de la maison était calme, le seul bruit environnant était l’aboiement du chien, Shaggy, attaché à l’extérieur parce qu’il n’était pas encore propre. Les hommes se ruèrent à l’étage vers la chambre des adultes, une odeur de mort lourde dans l’air ambiant. En allumant la lumière, ils stoppèrent net devant le massacre sur le lit reflété dans le miroir en face. Ronald DeFeo Sr gisait sur le ventre, une blessure par balle visible dans le dos. Sa femme, Louise, était partiellement recouverte d’une couverture orange, ses blessures cachées au regard.
Bobby, une connaissance de la famille, faillit s’évanouir devant le spectacle sanglant et l’un de ses amis le conduisit en bas. Les autres continuèrent leur exploration macabre, découvrant ensuite la chambre des enfants. Deux petits garçons, John et Marc, respectivement 9 et 12 ans, gisaient dans leur lit, ayant chacun une blessure mortelle dans le dos. Dans la chambre suivante se trouvait le corps d’Allison, 13 ans, dans la même position que ses petits frères. Et enfin, au deuxième étage, gisait Dawn, 18 ans.

L’un des hommes a placé un coup de fil au 911 dont la retranscription est totalement surréaliste. Il tente d’expliquer qu’il se trouve dans une maison où des meurtres ont eu lieu et tout ce que l’opérateur cherche à savoir, c’est son nom et prénom et s’il y a des blessés sur place… L’appel paraît très long et lorsqu’on lui passe enfin un policier, celui-ci répète les mêmes questions que son collègue. L’on peut supposer qu’il y avait peut-être une connexion lamentable ou alors la police tente de se protéger comme ils peuvent contre les mauvaises blagues. Quoi qu’il en soit, on a l’impression d’halluciner en lisant la transcription.

Il a été fait grand cas de deux choses concernant le crime, donnant lieu à des spéculations d’ordre surnaturel. La première est que malgré les six coups de feu tirés avec un fusil puissant, personne aux alentours de la maison ne semble les avoir entendu et le chien n’aurait pas aboyé non plus. De mauvaises langues prétendent que connaissant bien la famille DeFeo, les habitants auraient tout simplement ignoré le vacarme en poussant un soupir de soulagement collectif…
La deuxième chose concerne la position des victimes. Elles ont toutes été retrouvées en position ventrale, ce qui laisse supposer qu’au moins l’une des victimes était réveillée au moment de son meurtre ou a été déplacée. Ceci est basé sur la découverte d’une chaussure ensanglantée et sur une autre chose, bien plus étrange encore.
Lors du visionnage de négatifs des photos prises sur le lieu du crime, Ric Osuna (auteur du livre non traduit "The Night the DeFeos died") découvrit ce qu’il pensait être un septième corps. Suite à une inspection détaillée et des questions posées autour de lui, Osuna découvrit que ce septième corps était en fait celui de Dawn, la sœur directe de Ronald. Un journaliste rapporta à l’auteur que le lendemain du crime, il aurait vu les policiers transporter un grand sac poubelle noir dans la maison mais qu’il n’en savait pas plus. Alors, bien sûr, on se pose des questions. Dans quel but l’un des corps aurait-il été déplacé ? Et pourquoi celui de Dawn ?
Une hypothèse évidente saute aux yeux : le corps de Dawn avait été vu par les hommes le soir-même du crime, dans sa propre chambre. Et là, il se retrouvait au sous-sol. Ronald y avait sa chambre. Le jeune homme n’était pas du tout apprécié dans la petite communauté et il aurait été plus pratique pour tout le monde qu’il se retrouve seul inculpé pour les six meurtres. Pourtant, nul besoin de déplacer le corps pour cela.
Autre hypothèse : les policiers étaient retournés sur les lieux afin de prendre des photos supplémentaires. Mais normalement, ils auraient su la localisation exacte du corps d’après le rapport fait la veille.
Le mystère demeure irrésolu à ce jour.

 

Un article concernant la soi-disante possession de Ronald DeFeo Jr

3. Le motif

Petit retour dans le passé.
Ce n’était un secret pour personne que Ronald DeFeo Sr était un homme violent qui n’hésitait pas à s’en prendre à sa famille. Lorsque son premier enfant est né, il était heureux d’avoir un garçon. Mais en grandissant, le petit Ronald dût faire face à l’éducation brutale de son père, son obésité et les éternelles moqueries d’autres enfants. A l’école, on lui disait de se défendre – à la maison, on lui apprenait à se taire et subir. Par la suite, les choses n’allaient guère mieux pour Ronald. Il se procurait de l’argent de façon illégale et se montrait violent envers la terre entière. Sa disposition agressive et le fait qu’il soit l’aîné, lui avaient procuré sa chambre au sous-sol, à l’écart de la famille. Il pouvait entrer et sortir comme bon lui semblait, et également y cacher les nombreuses armes qu’il collectionnait ou marchandait.
Deux semaines précédant le crime, Ronald devait déposer de l’argent en liquide et en chèques à la banque, la somme se montant en tout à $21 800 et appartenant à la firme de son père pour laquelle il travaillait. Sur le chemin, il s’arrangea avec un complice pour se faire "cambrioler". Une semaine plus tard, la police lui demanda de feuilleter un album photo dans l’espoir de reconnaître le criminel mais Ronald refusa. En l’apprenant, son père eut un brusque accès de rage, hurlant à son fils : "Tu portes le Diable en toi !" Ronald lui répondit : "Espèce de gros porc, je te tuerai !" avant de s’en aller en voiture.

Bien que tous ces faits étaient facilement vérifiables, Ronald tenta quand même de se disculper au procès, clamant haut et fort qu’il avait entendu des voix lui dictant de tuer sa famille. Son avocat ne se gêna pas pour en rajouter dans les phénomènes prétendus paranormaux qu’aucune autre famille n’avait vécu auparavant dans cette maison.
Par contre, une chose est désormais certaine : Ronald n’a pas agi seul. Malgré ses nombreuses déclarations contradictoires, il a admis plusieurs fois avoir eu deux amis et sa sœur Dawn pour complices. L’un de ses amis ayant fui dehors, ils auraient été trois pour abattre tout le monde. Cependant, Ronald nie avoir quoi que ce soit à faire avec le meurtre des trois enfants, accusant Dawn des faits. Cependant, il est incontestable que les meurtres de Ronald Sr et Louise étaient prémédités.
Pour enfoncer le clou un peu plus, voici les deux déclarations par Ronald, l’une faite à un producteur de cinéma: "…c’était un meurtre prémédité. Point final. Pas de fantômes. Pas de démons. Juste trois personnes dont je faisais partie." Et la deuxième dans une lettre à son ex-femme : "J’ai tué mes parents. J’ai tiré sur ma sœur suite à une bagarre. Mais je n’ai pas tué mon autre sœur ni mes petits frères." Il a répété ces choses à plusieurs auteurs, également.
Condamné à une peine de prison à perpétuité, Ronald a tenté de rentabiliser les meurtres en proposant son témoignage, etc... C’est un homme illettré et pas très intelligent qui ne se souvient même pas d’avoir été marié. Il pourrait bénéficier d’une remise de peine mais il est peu probable qu’il sortira un jour de prison.

Suite à ce drame atroce, la maison fut fermée. Elle resta vide jusqu’en 1976, quand les Lutz emménagèrent pour la quitter seulement 28 jours plus tard. Que se passa-t-il réellement pour eux ?

 

George Lutz, le visage maladif dans "Amityville la Maison du Diable"

Deuxième Partie : Les événements paranormaux

La tragédie d’amityville a entraîné plusieurs articles dans les journaux locaux mais ne s’est pas répandue jusqu’à New-York.
George et Kathy Lutz faisaient parti de ces gens qui étaient au courant (grâce à leur agent immobilier). Le 18 Décembre 1975, ils décidèrent d’acheter ladite maison pour seulement $80 000 (soit environ 60 380 €) alors que le prix d'origine était de $100 000. George avait une réputation de solvabilité excellente c'est pour cela que la première banque a accepté une hypothèque de $60 000 à sa demande. Une bonne affaire pour une aussi belle et grande maison !
Une semaine avant Noël, ils convinrent de visiter "la maison de leur rêve" avec les trois enfants de Kathy (enfants qu’elle a eu d’un précédent mariage). Au premier abord, la maison leur semblait tout à fait "charmante" (pour reprendre le terme de George Lutz) mais dès leur première ''vraie'' visite, ils insistèrent sur le fait qu’ils ont senti une "présence". Ce n’est qu’une fois installés que le cauchemar commença…

Les Lutz commencèrent par entendre des bruits étranges qu’ils ne pouvaient pas expliquer. Des fenêtres et des portes s’ouvraient et se fermaient toutes seules, comme si quelqu’un (ou quelque chose ?) s’amusait et George se disait tourmenté par le son d’un orchestre de cuivres ; son, qui, d’après lui, ne venaient pas d’une pièce en particulier mais de la maison elle-même. Il entendit, par la suite, une sorte de fanfare défiler dans sa maison avec des bruits de pas et à chaque fois qu’il essayait de descendre, il ne se passait plus rien. George Lutz trouva néanmoins la table et ses canapés déplacés d’une manière telle qu’une "allée" avait été créé. Dans ses témoignages, il assure que son chien Harry n’avait pas bougé (signe qu’il n’avait rien remarqué). George Lutz entendait aussi et surtout le claquement de la porte d'entrée. Il explique même que "C'était la seule porte dans la maison qui faisait ce type de son, je savais ce que je venais d'entendre".
C’en était déjà trop pour les Lutz. George et Kathy prirent donc la décision d’appeler un prêtre catholique pour exorciser les lieux : le père Pecararo, un ami de la famille qui devait déjà bénir les lieux avant les faits. De même que précédemment, il sentit tout de suite une presence. Quelque chose le dérangeait dans cette maison. C’est à partir de là que l’on a plusieurs versions de l’histoire. Selon certains, le prêtre aurait seulement entendu une voix lui demandant de quitter les lieux (version reprise dans "Amityville"), pour d’autres, le prêtre se serait aussi fait gifler par une force maléfique. Quant à George Lutz, il affirme que le père Pecararo se sentait seulement mal à l'aise dans la pièce qu'il exorcisait et qu'il lui avait suggéré de ne pas l'utiliser comme chambre à coucher (dans la version de George Lutz, l'exorcisme se déroulait avant les évènements paranormaux). D’autres encore disent que ce prêtre n’a jamais existé.
L’exorcisme interrompu, les événements ont commencé à s’intensifier et à devenir plus terrifiants.

Les bruits entendus par les Lutz devenaient plus forts, les enfants prétendaient avoir ouï des sortes de griffes s'acharnant contre les murs de leurs chambres. Certains passants affirmaient même avoir vu une créature diabolique dans la maison, durant la nuit. Ces (faux ?) témoignages affirment tous la même chose : une créature se tenait debout avec de grandes ailes et des cornes contre la fenêtre.
Par la suite, George Lutz avança qu'il fut "possédé" par un mauvais esprit et qu'il a pu constater qu'une sorte de pituite verte avait coulé des murs et du plafond. Il se réveillait toujours et précisément à 3h15 chaque matin ... avec une envie incontrôlable de vérifier le hangar à bateaux.
Une puanteur pratiquement irrespirable s’est installee dans la maison du jour au lendemain et la porcelaine de la salle de bains fut tachée d'un dépôt noir résistant à tous les détergents. Des centaines de mouches infestèrent aussi la maison.
Toute la famille fut aussi témoin de changements brutaux de température (des chutes allant de 5 à 10 °C), de changements de personnalité (dans la manière de se comporter et de s'exprimer), des odeurs nauséabondes (s’apparentant à des vomissures et à des selles), des objets se déplaçant tout seuls, un changement de la couleur de l'eau (que ce soit celle du robinet ou celle des toilettes) et d'un problème avec le téléphone qui ne voulait visiblement pas marcher. Des visages démoniaques seraient aussi apparus dans leur cheminée.
Le plus jeune enfant des Lutz entrait en communication avec un "porc diabolique" qu'il avait nommé Jodie et un lion en céramique d’un mètre de haut se serait animé (laissant, selon les Lutz, des traces de pattes dans la neige). Les traces de l’objet animé menaient jusqu’au garage qui avait été arraché de ses gonds. Selon Anson, le créateur du best-seller sur amityville, seule "une force au-delà de celle d'un être humain" aurait pu faire cela.
Pour finir, la famille Lutz voyait des "fantômes" encapuchonnés errant çà et là dans la maison et Kathy, la mère, disait qu'elle était souvent battue et griffée par des mains invisibles (voire presque violée) et qu'une nuit, elle aurait été littéralement soulevée au-dessus du lit et qu'elle serait restée quelques secondes en lévitation.

C'est au bout de 28 jours que la famille Lutz s'est enfuie, si rapidement qu'ils n'ont pas pris leurs meubles et la majorité de leurs biens. Ils prétendirent ensuite que ce sont les "forces démoniaques " qui les avaient conduites ici.

Pourtant, aucun des ouvriers des environs ne se souvenait avoir réparer les dommages occasionnés par les esprits maléfiques.
Aucune tempête de neige n’avait eu lieu à la date indiquée dans le livre (ce qui permet de se poser des questions concernant le lion en céramique qui se serait mis à bouger). George Lutz affirme d’ailleurs à ce propos que : "Plus tard, les gens ont vérifié la météo pour le secteur et ont dit qu'il n'y avait aucune tempête. Je ne me soucie pas vraiment ce que le météorologiste a dit. Pour nous il y avait une tempête faisant rage cette nuit."
George Lutz est d’ailleurs le premier à dire que les événements relatés dans le film et dans le livre ne sont pas factuels.

Troisième partie : L’après Lutz

1. Les séances de spiritisme

Le cas amityville a bien sûr attiré un grand nombre d’investigateurs du paranormal – une si belle occasion ne pouvait les laisser indifférents. Mais encore une fois, de nombreux doutes persistent concernant la véracité des évènements et c’est à chacun de se faire sa propre idée selon ses croyances personnelles, les faits et la réputation des investigateurs.
Les investigations et les recherches les plus importantes et connues sont celles conduites par Stephen Kaplan d’un côté et les Warren de l’autre, un couple dont la sincérité n’est pas à douter, soutenue par un livre autobiographique relatant certains des évènements les plus terrifiants qu’il m’ait été donnés de lire.
Stephen Kaplan avait déjà fait de nombreuses recherches dans cette affaire et il eut accès à la maison de nombreuses fois, ne trouvant aucun indice corroborant les dires des Lutz. Il eut même l’occasion de discuter avec un journaliste sceptique également qui lui raconta que George Lutz était retourné à la maison pour un vide-grenier et que durant leurs soi-disant 28 jours de terreur, il n’avait pas neigé le jour où les Lutz disaient y avoir vu des empreintes de sabots ou que personne n’appela les forces de l’ordre une seule fois (contre-disant encore une fois les paroles de George Lutz qui soutient avoir appelé la police le soir où la porte d’entrée aurait été arrachée de ses gonds. Kaplan trouva la porte originelle fermement vissée en place…). Sur leur site Internet, les Warren ne ménagent pas leur mépris envers Stephen Kaplan – encore une fois, chaque côté à sa propre version des faits ce qui rend une vérification presque impossible.

Invités par les Lutz, Ed et Lorraine Warren eurent l’occasion de conduire des expériences bien plus complètes. Se basant sur le fait que les Lutz n’auraient jamais étudié la démonologie, voici leur compte-rendu :
ils furent contactés par le père Peccaro et rejoignirent les Lutz chez la mère de Kathy, le couple étant trop terrorisé pour retourner dans la maison. Impatients de découvrir cette inquiétante demeure, ils s’y rendirent.
Le premier jour fut horrible. Lorraine recevait sans cesse des messages d’ordre visuel et audio qui la déstabilisèrent au plus haut point. En montant l’escalier, elle eut l’impression qu’une force invisible l’en empêchait et dans la pièce où Kathy raccommodait leurs vêtements, elle s’exclama : "J’espère ne jamais voir l’enfer de plus près". Dans la chambre de Missy, elle sut instinctivement que le mobilier avait appartenu aux Defeo, lit inclus, ce qui était également le cas pour la chambre des garçons. Dans la chambre des Lutz, seul le matelas avait été changé. Au deuxième étage, Lorraine aurait eu une rencontre paranormale avec Ronald Defeo, l’assassin de sa famille. Ses impressions furent que rien ni personne ne pourrait jamais éjecter cet esprit de la maison. Ensuite, on lui demanda de communiquer avec les esprits de la maison mais plusieurs personnes présentes furent prises de malaises et on arrêta tout.
En ce qui concerne Ed qui d’habitude est beaucoup moins réceptif que sa femme, il se rendit d’abord au sous-sol. Il y vit des ombres qui tentèrent de le repousser ainsi que des points lumineux n’ayant aucune presence rationnelle. Lorsqu’il eut recours à des icônes religieux et une prière, quelque chose tenta de le soulever. Ce fut la première fois qu’il fut aussi affecté par une affaire paranormale.

Les Warren quittèrent la maison vers 1h du matin en jurant de ne jamais y remettre les pieds mais ils y retournèrent plus tard malgré tout. Mais leur nouvelle expérience ainsi que des photos jamais publiées ailleurs ne sont accessibles qu’en assistant à une de leurs nombreuses conférences.

 

Le père Pecararo assailli par des mouches dans "Amityville la Maison du Diable"

2. La malédiction des livres

Peu après les séances de spiritisme, George et Kathy Lutz s’associèrent avec un auteur du nom de Jay Anson. Ensemble, ils écrivirent "The amityville Horror : A True Story". Le livre remporta un succès immédiat du fait qu’il racontait une histoire "vraie" de meurtres étranges et d’événements paranormaux. Il engendra d’ailleurs une série de films et livres sur amityville.
L’histoire de cette maison hantée devint rapidement connue dans le monde entier. Que ce soit dans des articles de presse, dans les livres, dans les magazines ou encore à la télévision, rien n’y échappait. Il est évident que tous les médias n’arrêtaient pas d’expliquer que cette histoire était vraie, explication de son succès. Cependant, les personnes s’intéressant de près au paranormal ne partageaient pas cet avis. La plupart restaient sceptiques ou n’y croyaient tout simplement pas.

L’un d’entre eux se nommait Stephen Kaplan, un investigateur du paranormal de New York et ancien directeur de l’Institut de Métapsychologie de l’Amérique. Kaplan fut contacté par les Lutz le 16 février pour qu’il inspecte, avec son équipe, la fameuse maison. Avant d’entrer, il précisa bien à George Lutz que "si l’histoire est une mystification, le public le saura". Quelques jours plus tard, les Lutz rappelèrent Kaplan pour annuler l’enquête, prétendant qu’ils ne voulaient pas de publicité pour la maison.

Convaincu que l’affaire amityville était une vaste supercherie, Kaplan réunit toutes les preuves et les revendications faites par la famille, Jay Anson et les Warren dans les médias. Il ne niait pas que des choses s’étaient effectivement produites mais trouvait que l’histoire était trop énorme pour être vraie.
Après enquête, Kaplan devint convaincu que l’affaire amityville n’était qu’une mystification. Il avait surtout peur que des cas comme celui-ci deviennent courant dans d’autres affaires paranormales.

Il savait très bien qu’en faisant cela, il allait devoir affronter les Warren, les Lutz et le public et ce fut le cas. Personne ne croyait aux dires de Kaplan et tout a été mis en œuvre pour discréditer ses affirmations (surtout peu après sa mort inopportune quelques années plus tard).
Le public était persuadé que la maison était hantée et les preuves de Kaplan ne suffirent pas à les persuader du contraire. Sa "vérité" n’était pas aussi dramatique et fascinante que l’histoire présentée par les Lutz.

En 1979, un avocat nommé William Weber a avoué qu’il avait menti durant un radioshow paranormal. Weber avait été l’avocat de Ronald DeFoe et il a affirmé que lui et George Lutz avaient inventé l’histoire après avoir bu quelques bouteilles de vin. Toujours selon Weber, George Lutz voulait faire une hypothèque qu’il ne pouvait pas se permettre. Il était ennuyé et il avait besoin d’inventer toute cette histoire pour se tirer d’affaire.

Kaplan a ensuite trouvé une preuve suffisante pour obtenir l’accès à la maison. Il a tout de suite annoncé que la prétendue "Chambre Rouge" n’était qu’une invention et qu’aucun "visage démoniaque" n’était apparu sur les briques, à l’intérieur de la cheminée. Il a aussi noté que la porte d’entrée de la maison était toujours en place et intacte.
Après sa visite, Kaplan chercha un rédacteur du journal local pour faire part de ses découvertes. Il découvrit peu après que George Lutz, le jour où il s’est "enfui" de la maison, n’avait pas cherche à contacter la police (chose qui aurait été tout à fait normale dans de telles circonstances).
Encore une fois, Kaplan y voyait là une preuve irréfutable.

Plus tard, ce sont Jim et Barbara Cromarty qui acquirent la maison. Ils ne trouvèrent rien de particulier et affirmèrent qu’elle n’était pas hantée.
Les Cromarty poursuivirent finalement les Lutz en justice à cause des nombreux curieux qui rôdaient autour de la maison et qui auraient "ruiné leurs vies".

L’histoire d’amityville est sans fin mais il reste tout de même des mystères. C’est ce que l’ on appelle "la malédiction des livres" :
Jay Anson, l’auteur du livre à succès, est mort juste après avoir reçu sa première avance en million de dollars pour son livre suivant. Ce livre (un roman occulte nommé "666") fut un échec cuisant.
Ed Warren, le démonologiste, est tombé très malade et est finalement mort d’une crise cardiaque quelques années après ses enquêtes sur amityville. Il a maintenu, de son vivant, que la maladie avait été causée par la maison.
Stephen Kaplan a survécu à une crise cardiaque en 1976 et est ensuite décédé quelques années plus tard, avant que son livre soit publié.
Paul Hoffman, l’auteur de l’article sur amityville dans le journal local, est mort quelques années plus tard dans des circonstances étranges.
David Cromarty, le fils des nouveaux propriétaires de la maison, est mort lui aussi quelques années après son emménagement. Il utilisait la chambre à coucher qui avait appartenu à Ronald DeFeo pendant plusieurs années.

Pour certains, ces histoires de mort ne sont que des coïncidences, pour d’autres, c’est la maison qui possédait toutes les personnes en cherchant trop sur le sujet. Mais où se trouve la verite ?

 

Une des entorses faites par le film par rapport aux faits rapportés : du sang coulant des murs à la place d'une pituite verte

3. Légendes urbaines

Petite définition rapide : l’expression "Légende urbaine" est apparue aux Etats-Unis, dans les années 1970, pour désigner des anecdotes de la vie moderne comme étant des réalités. Mais bien que certaines rumeurs soient basées sur des faits réels, les histoires autour sont fausses ou dans tous les cas, douteuses.
Il va de soi qu’autour d’amityville circulent des anecdotes les plus diverses et parfois, les plus farfelues. En voici un petit échantillon :

- Mme Riley, propriétaire avant les Defeo, aurait dit durant sa dernière nuit passée dans la maison : "Si elle ne m’aura pas ce soir, elle ne m’aura jamais".

- Toute une équipe de télévision aurait eu des problèmes techniques et de maladie.

- En 1997, un homme demeurant dans la maison aurait tenté de tuer sa femme. Il se souvenait juste d’avoir vu un "spectre horrible".

- Une famille a fait construire une réplique exacte de la maison et y vivrait des phénomènes paranormaux.

- Ronald Defeo Senior aurait fait exorciser son fils adorateur de Satan juste avant les meurtres.

- Une maman infanticide d’amityville a accusé des démons de ses actes.

- En touchant la poignée de porte du 112 Ocean Avenue, une personne serait tombée dans le coma pendant deux mois, combattant la maison dans cet état de suspension.

- Tous les habitants après les Lutz auraient été satanistes, donc immunisés contre les esprits malfaisants.

- Toute personne désirant acquérir la maison se verrait obligée de signer un papier comme quoi ils ne parleraient jamais d’aucun phénomène paranormal (expliquant pourquoi aucun phénomène n’a été rapporté depuis le départ des Lutz).

- Durant une soirée chez les Cromarty (habitant la maison entre 1979 et 1987), l’un des invités a demandé ce qu’ils pensaient du livre de Jay Anson. Une fenêtre au premier étage se serait fermée toute seule, la maison manifestant ainsi son mécontentement.

 

Une photo prise "au hasard" dans la maison. Photomontage ou véritable ectoplasme ?

Et puis, en vrac, on parle de montres qui se seraient arrêtées ou de voitures tombant en panne en passant devant la maison, d’un ouvrier maladroit qui s’est fait tuer, ou encore que la maison aurait averti l’actrice jouant Allison dans le remake que la production "paierait l’enfer" à cause de toute cette nouvelle publicité.

Certaines de ces histoires sont racontées à l’identique mais en présentant des dates ou des protagonistes différents et il est évident qu’elles sont toutes à prendre avec un grain de sel (ou 1kg ?).

Quatrième partie : amityville et ses dérivés

 

1. Les films

Il existe en tout 9 films traitant d’amityville.
La version la plus connue étant "Amityville la Maison du Diable" ("The amityville Horror" en v.o) sorti en 1979. C’est le premier film sur le sujet et l’un des plus connus. Considéré comme un chef d’œuvre, "Amityville la Maison du Diable" reprend dans les grandes lignes la "vraie" histoire.
Si l’on veut comparer avec les "vrais" faits, on constate tout de même de nombreuses différences. Par exemple, les DeFoe sont assassinés dans des positions différentes et ce n’est pas du sang qui coule du mur mais une pituite verte. On ne voit pas de lion en céramique s’animer, le prêtre devient aveugle et malmené par les forces demoniaques même en dehors de la maison, entre autres…
Les autres films sur amityville ne sont que de vulgaires suites et plus on avance dans les numéros, plus on s’éloigne du sujet d’origine. Il est question de photographes, de reporters et de familles fictives s’installant dans la maison. La suite ? Des fantomes, des démons et/ou des nuées d’insectes les persécutant.
Voici une liste des films sortis sur amityville, dans l’ordre :
"The amityville Horror" (1979)
"amityville II: The Possession" (1982)
"amityville 3-D" aussi appelé "amityville III: The Demon" ou "amityville: The Demon" (1983)
"amityville: The Evil Escapes" connu aussi sous le nom de "The amityville Horror: The Evil Escapes, Part 4" ou encore "amityville IV: The Evil Escapes" (1989)
"The amityville Curse" (1990)
"amityville 1992: It's About Time" (1992)
"amityville: A New Generation" (1993)
"amityville: Dollhouse" connu aussi sous le nom de "amityville Dollhouse: Evil Never Dies" (1996)
"The amityville Horror" (Remake de 2005)

 

Le livre à succès de Jay Anson, précurseur des films et autres produits dérivés

2. Les livres

Un certain nombre de livres a été publié en langue anglaise – 14 après avoir compté, veuillez m’excuser si j’en oublie. Je confesse ne pas les avoir tous lu pour la simple raison que beaucoup se ressemblent, la majeure partie était presque impossible à trouver en vo en France avant l’accès à Internet et certains ne sont tout simplement plus disponibles. Aussi, la majeure partie n’a pas été traduite en français. Je ne pourrai donc pas tous vous les résumer mais je vais tâcher de vous en donner une idée objective d’après les critiques disponibles.

- "The amityville Horror", de Jay Anson, 1978. Traduit en français en 1979 sous le titre "Amityville, la maison du diable".
Ce bouquin pourrait porter le sous-titre " Le livre par lequel tout débuta…" tant cela lui va. En effet, c’est la première œuvre littéraire sortie concernant l’affaire et elle prétend raconter dans les détails les 28 jours passés dans la maison par les Lutz. Les phénomènes paranormaux sont décrits avec force détails et le résultat présente une excellente histoire de maison hantée… Véridique ou pas ? Au lecteur de se faire sa propre opinion.

- "The Night the DeFeos died", de Ric Osuna, 2002.
L’un des livres les plus complets et fiables concernant le meurtre de la famille Defeo par le fils aîné, Ronald. Osuna présente de nombreuses preuves irréfutables de la non existence de phénomènes paranormaux dans cet assassinat comme voulait le faire la défense pour disculper leur client et démontre aussi que de nombreuses personnes, dont les autorités et même la mafia italienne, avaient beaucoup à gagner dans cette mascarade.

- "High Hopes : The amityville Murders", de Gerard Sullivan, 1981.
Ce livre décrit les meurtres de la famille Defeo vus par l’accusation au procès. Une étude criminologique complète et intéressante, ne faisant aucune allusion à l’aspect paranormal.

- "Murder in amityville 1 + 2", de Hans Holzer, respectivement 1979 et 1982.
L’un des auteurs ayant écrit le plus de livres sur l’affaire. C’est souvent confus, répétitif, on n’apprend pas grand chose et le deuxième volume aurait plus été écrit par la défense de Ronald Defeo qui soutenait les phénomènes inexpliqués.
Holzer est aussi l’auteur de : "The amityville Curse", 1983 et "The Secret of amityville", 1985.
Ces deux livres ne sont que des répétitions de tout ce que l’on sait déjà et ne présentent aucun intérêt.

- "The amityville Horror 2", de John G. Jones, 1983.
Une version romancée des évènements décrits par Jay Anson par l’autre auteur ayant été très inspiré par l’affaire.
Il a écrit trois autres volumes : "amityville : The Final Chapter", 1985, une soi-disant non fiction très décevante qui relate entre autres les attaques surnaturelles sur les Lutz durant la sortie et la tournée promo du livre de Jay Anson ; "amityville : The Evil escapes", 1988 et "amityville : The Horror returns", 1989, également deux livres de fiction autour des évènements paranormaux et les Lutz.

- "amityville : The Nightmare continues", de Robin Karl, 1991.
Une autre version romancée des 28 jours passés par les Lutz dans la maison.

- "The amityville Horror, Tales of Terror", de Deborah Crisfield, 1991.
Une novélisation du premier film de la saga par Stuart Greenberg. Il contient également une partie détaillant les effets spéciaux du film.

- "The amityville Horror Conspiracy", par Stephen Kaplan, 1995.
Kaplan n’a pas cru à l’histoire des Lutz et le démontre dans ce livre décrié par tout le monde comme n’étant qu’une vengeance sur les Warren. Cependant, les faits sont là ainsi que les résultats de 20 années de recherches.

 

La maison actuellement

3. La maison actuellement

Suite aux allégations des Lutz concernant de terrifiants phénomènes surnaturels, de nombreuses investigations avaient été conduites. Le premier propriétaire, un certain John Ketcham, a été accusé par Jay Anson d’avoir été un sorcier. Ketcham vécut au 15è siècle mais des recherches généalogiques menées par sa famille survivante ont définitivement disculpé cette accusation. Ensuite, plusieurs familles ont successivement habité les lieux mais aucune n’a jamais rapporté quoi que ce soit d’anormal. Lorsqu’ils déménageaient, c’était pour des raisons personnelles ou parce que les taxes foncières étaient tout simplement excessives (plus de $10 000 par an…).

En 1977, les Cromarty ont emménagé dans la maison, mais ils ont été littéralement envahis par des hordes de touristes curieux de morbidité. Afin de les dissuader, ils ont fait changer l’adresse postale de la maison. Ils ont également intenté un procès aux Lutz parce qu’ils estimaient que leur tranquillité avait été gâchée à cause des rumeurs et surtout du livre de Jay Anson. L’affaire a été réglée sans que le montant versé aux Cromarty soit connu. Cette famille a vécu heureuse pendant dix ans dans la maison mais la curiosité malsaine des badauds a fini par avoir raison d’eux et ils ont déménagé. Ils ont confié la maison à un ami avant de ré-emménager peu de temps après. Ils y sont cette fois restés jusqu’en 1987 et deux autres familles y ont habité depuis, toujours sans avoir vécu un quelconque phénomène paranormal.

 

Une des rares photos où l'on peut voir George et Kathy Lutz

4. Nos avis personnels

Marija Nielsen : Les opinions concernant ces phénomènes paranormaux vécus ou pas sont nombreuses et variées. Certains pensent qu’ayant désespérément besoin d’argent, les Lutz avaient inventé leur histoire afin d’en profiter. George et Kathy avaient tous deux assuré leur entourage de leur totale ignorance en matière de phénomènes inexpliqués, mais beaucoup de personnes pensent cependant que les faits décrits par George sont trop nombreux et trop "parfaits". En effet, on aurait dit qu’il avait appris par cœur une liste détaillant les différents phénomènes pouvant être constatés en général et non concentrés au même endroit. Toutefois, la maison a été investie par un couple d’experts, Ed et Lorraine Warren, qui affirment y avoir ressenti des choses puissantes et maléfiques.
On pourrait penser que les Lutz ont effectivement vécu certaines choses aisément expliquées de façon rationnelle. Pour le téléphone défectueux, cela n’a rien d’étrange dans une vieille maison, pareil pour l’eau noire coulant des robinets ou la pituite dégoulinant des murs. Ces faits sont faciles à exagérer en les racontant, ou même en les visualisant.
En ce qui concerne les courants d’air d’un froid intense, ce n’était peut-être que de simples courants d’air comme il y en a toujours dans une grande maison. Pour le lion en céramique qui bougeait, c’est un phénomène qui n’a jamais été rapporté où que ce soit. Les objets peuvent bouger de place voire même disparaître pendant un court laps de temps, mais pas s’animer. Une invention ? Un jeu d’ombres et de lumière observé du coin de l’œil ? Et en ce qui concerne les traces de pas dans la neige, il ne faut pas oublier que les Lutz avaient un grand chien. Il paraît même qu’il n’avait pas neigé le jour-dit. Le porc géant aux yeux rouges lumineux ? Le reflet des feux arrières d’une voiture.
Bon, je ne vais pas détailler tous les phénomènes l’un après l’autre, de toute façon, je n’y crois pas.
Le plus gros mystère serait celui de la position des victimes qui furent toutes retrouvées à plat-ventre. Pour moi, cela n’a rien de mystérieux. Déjà, un petit enfant obéit à tout adulte pointant un fusil de chasse sur lui. Et beaucoup de gens dorment sur le ventre – j’en fais partie. On peut aussi penser que Dawn ou Ronald n’ont tout simplement pas voulu regarder leurs frères et sœur en face en les tuant…
Personne n’a entendu les coups de feu ? Le chien n’a pas aboyé ? Je suis tentée de rejoindre l’avis d’Osuna qui pense que les habitants ont tout simplement fait la sourde oreille. En quoi ce drame familial les concernait-ils ? Ronald Sr était une brute épaisse et son fils, un vaurien et violent de surcroît. De là à souhaiter leur mort, non, bien sûr. Mais un coup de feu ne signifie pas forcément un meurtre. Ronald Sr ou Jr aurait pu tirer en l’air pour se faire peur, que sais-je.
Enfin, la chose qui pour moi est plus explicite que tout : AUCUNE autre famille ayant habité dans la maison avant ou après les Lutz n’y a vécu un quelconque événement paranormal. Bien que croyant fermement au monde invisible, je ne peux pas accepter le fait qu’une maison choisisse ses victimes. Pourquoi les Lutz ? Ils ne connaissaient aucun des précédents habitants de la maison. Ils ne connaissaient même pas la région puisqu’ils sont arrivés de New York. La maison les aurait-elle attendu tout ce temps pour ensuite se déchaîner pendant près d’un mois et ensuite, se "rendormir" pour ce qui semble toujours ? Elle existe quand même depuis le XVè siècle…

Suite à la lecture d’articles et de livres, ma conclusion personnelle est la suivante : Ronald et Dawn ont tué leur famille de sang-froid. La version paranormale des Lutz a été largement embellie. Je pense qu’ils ont certainement été affectés par le mal ayant eu lieu mais je ne crois pas à tous les phénomènes qu’ils ont décrits. La soi-disant malédiction des livres n’existe pas. Quelques auteurs sont décédés, certes, mais les gens meurent – c’est bien connu. Les Warren ont ressenti des choses en rapport avec les DeFeo dans la maison. Tant de haine, de brutalité et de morts violentes marquent les esprits et un lieu de vie. Mais je pense qu’ils ont réussi à apaiser les esprits de cette malheureuse famille pour toujours.

Yann Le Biez : Il est très difficile de se faire un avis sur cette affaire. Tout d’abord, il me semble important de préciser que nous avons eu du mal avec les différentes sources. En effet, elles se contredisent toutes la plupart du temps.
Pour vous donner un exemple, je vais prendre le cas du prêtre. D’après les Lutz, le père Pecararo a existé et il a béni les lieux, d’autres disent que le prêtre s’est fait giflé par une force démoniaque qui lui a même intimé l’ordre de partir (version reprise dans le film), d’autres encore disent qu’il n’a jamais existé. Une autre source affirme que le prêtre n’est jamais rentré dans la maison. On peut trouver d’ailleurs des variantes pour chaque cas (des éléments en plus ou en moins). Qui croire ?

Pour ma part, je dirais qu’il s’est effectivement passé quelque chose dans la maison.
Le meurtre des DeFoe est déjà très étrange. Les coups de feu n’ont réveillé personne (ni le chien !) alors que l’arme était très puissante. Tous les corps ont été retrouvés sur le ventre alors que la probabilité de se retrouver dans cette position en dormant est extrêmement faible (de plus, on se retourne plus de vingt fois en dormant). A moins de dormir avec des boulquiès (et encore…), il est impossible de ne pas entendre les coups de feu.
Le deuxième point assez étrange est celui de la conversation téléphonique. Pour faire simple, elle vire au grand n’importe quoi, les policiers ne cherchant pas à en savoir plus sur le meurtre. Simple problème de téléphone ? C’est possible aussi mais je trouve cela surprenant.

Concernant la période avec les Lutz (donc de la maison hantée), je serais tenté de dire qu’il s’est encore passé quelque chose d’anormal mais que les Lutz en ont rajouté pas mal. Les personnes s’intéressant de près aux phénomènes paranormaux pourront approuver ce que je dis : il n’y a jamais eu d’événements d’une telle intensité même dans les "histoires" de poltergeist. Les fenêtres et les portes qui s’ouvrent, les voix entendues sont des éléments assez anodins dans les affaires de maisons hantées. D’ailleurs, ce sont souvent les animaux qui "annoncent" la venue des esprits (aboiement, peur soudaine), or le chien des Lutz n’a jamais ressenti la peur.
Je ne crois pas au lion en céramique qui s’est animé (à ma connaissance, il n’y a jamais eu d’objets qui se sont animés dans toutes les affaires paranormales que j’ai lues), ni au démon que des passants auraient vu. Il s’est passé beaucoup trop de choses dans cette maison pour que ce soit crédible. Je ne sais pas pour vous, mais après avoir vécu de tels événements, je serai parti très rapidement ou j’aurais appelé la police. Les Lutz sont tout de même restés 28 jours et n’ont jamais pris l’initiative d’appeler la police. Allez chercher l’erreur…

Autre chose intéressante : les démonologistes et les médiums disent être rentrés en contact avec l’esprit d’un Indien. Si c’était effectivement cet esprit qui aurait créé tous ces événements, pourquoi ne s’est-il pas manifesté avant (j’entends par là, avant que les DeFoe emménagent) ? Et que cherchait-il vraiment ? Ceux qui croient à l’au-delà savent qu’un esprit, que ce soit dans n’importe quelle affaire, a toujours un but précis. Là encore, il n’y a aucune réponse. De même, comment se fait-il que les Cromarty n’aient rien noté d’anormal dans la maison ?

Enfin, je vais surtout m’intéresser à ce que l’on appelle "la malédiction des livres". Comme vous avez pu le lire ci-dessus, cette succession de morts est très étrange. Si la maison avait effectivement les pouvoirs qu’on lui attribue, pourquoi n’a-t-elle pas "cherché" à supprimer les Lutz ? Sur ce point, il y a beaucoup de choses étranges et pour une coïncidence, c’est une sacrée coïncidence.

Entre les racontars, livres, films, articles et autre émissions de télévision, on ne sait plus si on doit y croire ou pas.
Je crois donc qu’il s’est effectivement déroulé quelque chose dans cette maison mais pas avec une telle intensité.

Conclusion :
L’histoire d’amityville est diablement intéressante mais les différentes sources et tous les produits dérivés engendrés tendent à vilipender l’affaire.
31 ans après le massacre de la famille DeFoe, le mystère plane toujours.
Que s’est-il passé réellement dans cette maison ? Pourquoi les DeFoe ont-ils été tués ? Y a-t-il vraiment eu des phénomènes paranormaux dans cette maison ? Est-ce vraiment une histoire d’argent ?
Y a-t-il quelqu’un qui peut affirmer connaître les réponses à ces questions ?

Remerciements aux sites sur lesquels les photos ont été prises.

LUMIèRE SUR