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Réalisation
Nick Murphy

Scénariste
Nick Murphy & Stephen Volk

Date de sortie
2011

Genre
spectres

Tagline


Cast
Rebecca Hall
Dominic West
Imelda Staunton…


Pays
Royaume Uni

Production


Musique
Daniel Pemberton

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.1
(9 votes)
Angleterre, 1921. Ecrivain et scientifique renommée, Florence Cathcart s'est spécialisée depuis quelques années maintenant dans la chasse aux fantômes, et plus particulièrement dans l'explication de phénomènes étranges et paranormaux. Suite à la mort d'un enfant dans un pensionnat, décès que beaucoup attribuent à l'apparition d'un spectre dans l'établissement, Florence Cathcart vient élucider ce mystère, persuadée que cette histoire de fantôme n'est autre que le fruit d'un charlatan comme elle a pu en démasquer plus d'un par le passé. Une certitude pour elle au départ qui va cependant devenir rapidement une piste à oublier après que notre scientifique ait rencontré le fameux spectre…



Ancien monteur et réalisateur pour la BBC, Nick Murphy nous livre en 2011 son premier long-métrage, "the awakening" (intitulé "la maison de ombres" dans nos contrées). Présenté en compétition au 19ème festival du film fantastique de Gérardmer, ce dernier sera l'œuvre la plus récompensée avec pas moins de trois récompenses : le Prix du Jury (ex-æquo avec "beast"), le Prix du Jury SyFy et le Prix du Jury Jeunes de la région Lorraine. Un premier long-métrage donc concluant pour notre réalisateur britannique qui ne s'attendait peut-être pas à autant de reconnaissance pour son film de fantômes.

Car "la maison des ombres" est effectivement un film teinté de paranormal, nous plongeant dans une Angleterre meurtrie par la Première Guerre Mondiale, période durant laquelle de nombreuses personnes suivaient des courants de pensées mentionnant l'existence des spectres et autres esprits des anciens soldats morts durant la première grande guerre du vingtième siècle.
Alors que nous pensions les asiatiques et les hispaniques seuls grands maîtres dans le domaine du paranormal et plus précisément des films de fantômes ces dernières années, "the awakening" vient nous montrer que ce registre du cinéma de genre peut émerger d'autres pays que ces derniers.



D'ailleurs, en visionnant "la maison des ombres", on ne peut s'empêcher de penser à divers films de fantômes tels que les très bons "les autres" d'Alejandro Amenabar, "l'orphelinat" de Juan Antonio Bayona et "l'échine du diable" de Guillermo Del Toro. Car il faut bien le reconnaitre, le film de Nick Murphy possède des séquences et des idées rappelant étrangement les deux derniers films cités précédemment.

Cependant, on ne criera en aucun cas au plagiat, "la maison des ombres" nous proposant quelques originalités et spécificités, notamment sur sa finalité (le film s'avère bien plus être un drame qu'un film d'épouvante) et sur sa façon de confronter le rationnel à ce qui ne peut l'être.

Scientifique, rationnelle, raisonnée et ayant déjà démasqué plusieurs charlatans, Florence va en effet tenter durant un certain temps de prouver par A+B que tout ceci n'est qu'une mascarade et, pour le montrer, elle va user de matériels tels que caméra, piège à fil avec clochette, détecteur de chaleur, enregistreur… Tout l'attirail du parfait scientifique ancré dans sa rationalité la plus profonde. Durant la première partie du film, il est intéressant de voir que notre héroïne se refuse de croire en cette entité paranormale, tout comme le personnel du pensionnat qui n'hésite pas à tout mettre sur le compte d'un enfant (en chair et en os celui-ci). Le paranormal prendra cependant l'ascendant sur le rationnel et chamboulera tout raisonnement scientifique que Florence refusait d'abandonner jusqu'à ce qu'elle se rende compte, après vu le spectre, que le rationnel n'a plus sa place ici. A partir de ce moment, l'idée même que le pensionnat ne puisse être le siège de phénomènes paranormaux est réfutée : un spectre est bien présent.



A la différence de nombreux films asiatiques principalement où l'on nous montre des fantômes de jeunes filles aux cheveux longs et noirs et où l'un des principaux buts est d'effrayer son public, le film de Nick Murphy se rapproche bien plus d'un film hispanique tel que "l'échine du diable" ou "l'orphelinat", ces derniers étant bien plus axés sur l'aspect dramatique (pourtant présent dans certains films du pays au soleil levant, mais bien souvent en second plan…) qu'horrifique.
Un côté dramatique développé sur deux tableaux : d'une part la guerre (comme dans le film de Guillermo Del Toro précédemment cité où nous étions plongés en pleine guerre civile) et les pertes humaines engendrées, bouleversant l'équilibre de certaines personnes, et d'autre part l'enfance et le passé tourmenté de quelques protagonistes qui refait surface (je n'en dirai pas plus).

Malgré une lenteur dans la narration très prononcée dans sa première partie (peu de scènes chocs et les quelques passages montrant le spectre ne sont guère terrifiants il faut l'admettre), on ne s'ennuie à aucun moment devant le film de Nick Murphy.
"La maison des ombres" est découpé de la même façon que la plupart des films traitant ce type de phénomènes paranormaux : la découverte des lieux, puis la connaissance des évènements et du contexte, les réflexions sur les constats de départ, l'apparition du spectre et enfin la compréhension de ces apparitions fantomatiques. Bref, un découpage classique vu et revu à maintes reprises par le passé mais la réalisation de "the awakening" est d'une qualité telle que l'on reste attentif (et curieux) du début à la fin du film. Par ailleurs, le casting est de très bonne facture, qu'il s'agisse des adultes ou des plus jeunes acteurs, et les dialogues sont suffisamment construits (tout comme l'intrigue) pour que l'on passe un bon moment.



Alors certes, "the awakening" est parsemé de passages rappelant de nombreux films du même genre, la trame scénaristique parait vue et revue, les apparitions fantomatiques sont parfois prévisibles et ces dernières font très rarement frissonner… Tant de petits bémols que certains pourront reprocher au film de Nick Murphy (et nous ne pourrons réfuter ces affirmations) mais ce dernier possède toutefois bien d'autres atouts dans sa manche, même si ces derniers ne lui permettront pas de se distinguer de ses prédécesseurs, "la maison des ombres" souffrant d'une comparaison quasi-inévitable avec des longs-métrages hispaniques présents dans le haut du panier ("les autres", "l'échine du diable", "l'orphelinat"…).
En découle au final un bon petit divertissement sans grande prétention et nous plongeant dans un drame teinté de paranormal dans lequel le casting ne fait en aucun cas pâle figure, bien au contraire, tout comme la photographie (et ses teintes rappelant l'après-première Guerre Mondiale), les cadrages (quelques plans et cadrages sont remarquables et fort bien maîtrisés) et l'histoire en général qui, bien que possédant des ficelles scénaristiques parfois faciles et communes, nous gratifie de quelques séquences et idées originales.

Le film a reçu trois récompenses lors de la 19ème édition de Fantastic'Arts (2012) : le Prix du Jury (ex-æquo), le Prix du Jury SyFy et le Prix du Jury Jeunes de la région Lorraine






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