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Une invasion extraterrestre prend lieu et place à Moscou pendant que deux jeunes américains tentent de vendre un de leurs projets. Mais l'invasion, si elle est vue à travers leurs regards, a lieu sur l'ensemble de la planète. Une lutte s'engage...



Production hybride-autant américaine que russe-, The Darkest Hour est un projet qui a de quoi intriguer de prime abord, et même d'inquiéter quand est mis en avant l'un des producteurs du film, le russe Timur Bekmantetov ("Night Watch", "Day Watch"). Mais en laissant les commandes du film au débutant Chris Gorak (qui a collaboré sur des films comme "Fight club", "Minority Report"), on évite le piège d'un film monté sur un marteau-piqueur (comme les œuvres de Bekmantetov précitées), et ici l'action se fait plus reposante bien loin des excès à la "Transformers 3". Ce qui pourra lui être aussi reproché car du coup, en matière d'action non stop, le spectateur restera sur sa faim. Surprenant en cette période où le cinéma américain nous inonde d'images, The Darkest Hour se la joue de manière plus simple et finalement très old school, n'hésitant pas à faire dire dans la bouche pourtant de jeunes de notre époque des références filmiques plus anciennes (Cf. "Les dents de la mer", "Rocky 4").

Sur le plan scénaristique, l'approche psychologique est on ne plus lambda et suit les chemins balisés du film pour ados. L'arrivée des deux jeunes américains dans une capitale étrangère et inhospitalière n'est pas sans nous rappeler "Hostel", mais avec le côté glauque en moins, production tout public oblige. Car, si les attaques d'aliens sont légions, le fait de privilégier les attaques électriques réduisant tout être vivant en cendres aboutit à un résultat propret, mais visuellement intéressant, notamment lors de la scène d'invasion, suffisamment innovante et réussie pour convaincre. C'est certainement la partie la plus réussie du film, qui nous propose ainsi un design invisible des envahisseurs, nous évitant le risque de les rendre ridicules par un design inapproprié.



Si le film comporte finalement peu d'innovations et de prises de risque, le fait que l'action se déroule à Moscou, capitale peu prisée par le tourisme (mais que l'on a retrouvée récemment dans "Mission: Impossible 4"), rend ce film d'envahisseurs plus captivant qu'il ne serait s'il se déroulait comme à son habitude à New York ou Los Angeles. Non pas que la capitale russe soit d'une beauté époustouflante, mais ce mélange d'architectures tsariste et communiste, lui donne un certain cachet propice à décrire une fin du monde...Car à la manière d'un survival à laquelle il emprunte de nombreuses règles, il nous fait déplacer ses protagonistes dans un Moscou déserté de presque toute vie humaine. C'est là qu'on peut lui reprocher de se contenter d'être un énième pop corn movie car si on peut penser à "28 jours plus tard" de Dany Boyle, il lui manque ce supplément d'âme, qui aurait pu le hisser à un autre niveau.



Mené par le jeune Emile Hirsch ("Alpha Dog", "Speed Racer"), le casting est assez lisse et vise surtout à être attractif pour les adolescent(e)s clairement visés par ce "produit" assez lisse même si par moments il s'expose à des attaques surprenantes. Ce côté aseptisé n'est pas une tare en soi quand le spectacle est bien géré (comme en choisissant des effets spéciaux avec parcimonie), ce qui est le cas ici. Mais on ne pourra que lui reprocher de faire tomber le soufflet dans une seconde partie vraiment moins intéressante, notamment via des dialogues bas de plafond et crétins. Beaucoup de scènes prêteront aussi au ridicule comme lorsque interviennent ces survivants russes militaires, tellement caricaturaux, et des clichés toujours aussi honteux (allo le téléphone portable dans le sous- marin nucléaire!!)



Divertissant grâce à son action lisible, The Darkest Hour ne marquera pourtant pas les esprits, la faute à un zéro absence de risque, et n'évite pas toujours le piège du patriotisme différenciant les russes des américains ! Ce n'est pas un hasard si nos jeunes héros cherchent d'abord à se réfugier dans une ambassade américaine et que le combat des résistants russes n'est pas le leur. Prenant le contre-pied du grand nanar "2012", ce film apocalyptique est quand même moins naïf par certains côtés, même s'il dérape dans ses cinq dernières minutes sur des scènes qu'on croirait révolues. Dommage, mais en attendant le suspense aura fonctionné, et c'est toujours ça de bon à prendre.








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